Publié le 09 juillet 2026

4 min

Colmar découvre qu’elle doit investir dans son réseau, le prix de l’eau augmente de 30 %

#Communs

Depuis le 1er juillet, les habitantes et habitants de l’agglomération de Colmar doivent payer un euro de plus pour chaque mètre cube d’eau. Les élus tentent de rattraper un retard d’investissements de plusieurs dizaines d’années dans le réseau de distribution et d’assainissement.

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Peut-être parce l’eau coule de source à Colmar, les élus ont oublié d’investir dans le réseau…

Depuis le 1er juillet, les habitantes et habitants de l’agglomération de Colmar doivent payer un euro de plus pour chaque mètre cube d’eau. Les élus tentent de rattraper un retard d’investissements de plusieurs dizaines d’années dans le réseau de distribution et d’assainissement.

« Tout le monde le sait, ce n’est pas un tabou : il y a eu une volonté politique d’avoir une eau peu chère pendant de trop longues années dans l’agglomération de Colmar, au détriment d’un investissement suffisant. Et nous le payons aujourd’hui. » La déclaration est de Benoît Schlussel, maire de Turckheim et vice-président de Colmar agglomération en charge de l’eau potable et de l’assainissement, mercredi 8 juillet.

Depuis le 1er juillet 2026, les habitantes et habitants des vingt communes de l’agglomération de Colmar ont vu le prix de leur mètre cube (m3) d’eau passer à 4,78 euros toutes taxes comprises (TTC), soit une augmentation de plus d’un euro du mètre cube pour l’ensemble des communes, à l’exception de Bischwihr, Muntzenheim, Porte du Ried, Wickerschwihr et Fortschwihr, où le prix de l’eau était déjà plus élevé auparavant.

« C’est aussi une uniformisation pour l’ensemble de l’agglomération, tout le monde paye le même prix maintenant, et toujours en dessous de la moyenne nationale » explique Éric Straumann, maire (Les Républicains) de Colmar et président de Colmar agglomération. Selon un rapport de l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement, le prix moyen TTC de l’eau en France au 1er janvier 2025 est de 4,89€ / m3. Pour un couple avec enfants vivant à Colmar, le prix de la facture d’eau annuelle va donc augmenter d’environ 30 %.

La principale raison de cette forte augmentation : « un mur d’investissements » à escalader pour l’agglomération de Colmar pour son réseau d’eau potable et d’assainissement entre 2026 et 2032.

« Nous avons un taux de renouvellement du réseau annuel d’environ 0,6%, alors qu’il faudrait être plutôt autour de 1,5 à 2 % », souligne Éric Straumann, en rappelant l’incident de la rupture de canalisation rue du Docteur-Schweitzer en 2025. Et de poursuivre : « Sur l’avenue de la République, nous sommes en train de remplacer des canalisations qui ont 140 ans ! Ce n’est plus possible de laisser cette dette grise [le retard d’entretien d’un bien assurant un service public, NDLR] pour les prochaines mandatures. »

Un plan d’investissement de 145 millions d’euros sur six ans

Dans son rapport d’orientation budgétaire sur la période 2026-2032, l’agglomération de Colmar a donc prévu d’investir la somme de 145 millions d’euros dans le secteur de l’eau et l’assainissement. Un montant astronomique pour une agglomération de 113 000 habitants dont le budget annuel de fonctionnement avoisine les 100 millions d’euros.

Une prise de décision saluée par Daniel Reininger, vice-président du comité de bassin Rhin-Meuse et ancien président d’Alsace Nature :

« Il était plus que temps de faire des travaux mais la charge doit être répartie de manière équitable entre les consommateurs. Je pense qu’il faudrait mettre en place un chèque eau, semblable au chèque énergie, pour les ménages les plus modestes. »

Dans ces 145 millions d’euros, 60 millions sont consacrés au renouvellement et à l’extension du réseau, 39,4 millions sont dédiés à l’assainissement avec la construction d’un déversoir d’orage, 8,4 millions pour l’eau potable, 14 millions d’euros pour les investissements récurrents et 15,5 millions d’euros pour un chantier de décarbonatation de l’eau, c’est à dire la baisse du calcaire dans l’eau potable.

Pour financer l’ensemble de ces projets, la collectivité doit contracter un emprunt de 62 millions d’euros et bénéficie de 18 millions d’euros de subventions de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Des subventions obtenues grâce à la signature d’un contrat de Territoire Eau et Climat entre 2026 et 2029, mercredi 8 juillet.

Un déversoir d’orage pour éviter une nouvelle mortalité piscicole

Dans les projets prioritaires de l’agglomération, la construction d’un déversoir d’orage de 15 000 m3, soit l’équivalent de six piscines olympiques, pour éviter les risques de rejet d’une partie des eaux usées dans le milieu naturel en cas de saturation de la station d’épuration.

« Avec le changement climatique, nous vivons désormais des épisodes semblables aux moussons, des orages très intenses qui peuvent se déclencher en quelques minutes et qui n’existaient pas il y a quelques années. Il faut éviter un nouvel épisode de pollution comme l’an dernier » indique Éric Straumann.

Le 1er juin 2025, un épisode orageux et le déversement d’une charge polluante dans l’Ill a provoqué la mort d’une tonne et demi de poisson. Après cinq mois d’enquête, les plaintes de la Région Grand Est de la Fédération de Pêche du Haut-Rhin avaient été classées sans suite par le procureur de la République de Colmar : les systèmes, bien que dépassés, avaient fonctionné normalement.

Par Dorian Mao

Publié le 09 juillet 2026

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