Publié le 09 juillet 2026

3 min

Trois familles à la rue après l’expulsion d’un squat à l’Elsau

#Actu

Des familles sans-abri occupaient un immeuble vide depuis l’été 2025 rue Watteau, dans le quartier de l’Elsau. La police nationale les a expulsées ce jeudi 7 juillet. Elles se retrouvent à la rue, sans solution d’hébergement.

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L’immeuble était occupé par des familles avec des enfants et des adolescents.

Des familles sans-abri occupaient un immeuble vide depuis l’été 2025 rue Watteau, dans le quartier de l’Elsau. La police nationale les a expulsées ce jeudi 7 juillet. Elles se retrouvent à la rue, sans solution d’hébergement.

Depuis l’été 2025, des familles avec enfants, des personnes malades, des hommes et des femmes isolées occupaient un bâtiment de la rue Watteau à l’Elsau. Ce dernier, propriété du bailleur social CDC Habitat, est vide et doit être démoli en 2027. Les habitants et habitantes avaient reçu un commandement de quitter les lieux avant le 13 mai 2026. Jeudi 9 juillet au matin, la police nationale s’est rendue sur place pour les contraindre à évacuer le site.

Le jour de l’expulsion, trois familles étaient présentes, dont sept enfants scolarisés à Strasbourg selon Sabine Carriou, présidente de l’association de solidarité Les Petites roues. « Il y a également une femme isolée et une grand-mère de 74 ans avec des problèmes cardiaques et respiratoires. Elle marche avec une canne. Ça fait 8 adultes au total », ajoutait-elle, tout en décrivant en direct les événements sur place :

« La police leur a laissé un petit délai pour rassembler leurs affaires. Elles sont toutes devant l’immeuble avec des sacs et des valises remplies. Il y a une perruche, un chat, des machines à café, de la vaisselle, les choses qu’elles peuvent emmener. Elles ont dû laisser les meubles. Une entreprise a commencé à murer le bâtiment. On ne sait pas trop ce qu’il va se passer maintenant. Il y a beaucoup de stress ici. »

Les occupants ont sorti autant d’affaires que possible.Photo : Document remis

Des Géorgiens sans autre solution

Elene, 16 ans, fait partie des personnes expulsées. Scolarisée au lycée Marc Bloch, elle déplore se retrouver « sans aucune solution » d’hébergement. L’État a pourtant, théoriquement, l’obligation de mettre à l’abri les personnes qui le demandent. « On n’avait pas le choix d’être ici. Il n’y a rien d’autre. C’est difficile de se retrouver dans la rue avec des enfants », explique t-elle au téléphone. Ces personnes de nationalité géorgienne ne parviennent pas à régulariser leur situation administrative en France, qui considère leur pays d’origine comme sûr malgré des atteintes aux droits humains documentées et un système de santé défaillant. Elles se retrouvent donc interdites de travailler et de se loger légalement.

Un ouvrier mure immédiatement l’immeuble.Photo : Document remis

La Ville de Strasbourg avait réalisé un diagnostic social dans le squat en mai, notamment pour jauger des possibilités de relogement. Contactée par Rue89 Strasbourg, elle n’a pas encore répondu au moment de publier l’article pour évoquer une éventuelle mise à l’abri des personnes ou un dispositif d’accompagnement d’urgence. « Si rien ne se passe, elles risquent de s’installer dans un campement de sans-abris ce soir », regrette Sabine Carriou.

Par Thibault Vetter

Publié le 09 juillet 2026

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