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En avril 2025, Phoenix Ikner, 20 ans, a consulté le chatbot d’OpenAI sur l’opportunité de la fusillade à l’université de l’État de Floride dont il est suspecté d’être le principal auteur. Le procureur général de l’État a annoncé lancer une enquête criminelle pour savoir si l’entreprise avait une responsabilité juridique dans cette affaire.
Après l’encouragement au suicide d’un adolescent, ou à un meurtre, OpenAI et son chatbot sont accusés d’avoir aidé à la planification d’une fusillade proche des locaux d’un syndicat étudiant sur le campus de l’université de Floride.
Le 17 avril 2025, Phoenix Ikner, 20 ans, fils d’une policière, a déclenché une fusillade devant les locaux d’un syndicat étudiant sur le campus de l’université de l’État de Floride, faisant deux morts et six blessés, comme l’expliquait à l’époque USA Today.
Ce mardi 21 avril, le procureur général de l’État James Uthmeier a annoncé avoir lancé une enquête visant le rôle de ChatGPT et de son éditeur OpenAI dans cette tuerie. « La décision d’ouvrir une enquête fait suite à un premier examen, par les procureurs, des historiques de conversation entre ChatGPT et Phoenix Ikner, l’auteur de la fusillade survenue l’année dernière à l’université d’État de Floride », explique son communiqué de presse.
« Si ChatGPT était une personne, elle serait poursuivie pour meurtre »
Quelques jours plus tôt, le média local WTXL expliquait que les enquêteurs analysaient les logs des discussions de Phoenix Ikner avec le chatbot. Le jour de la fusillade, il aurait notamment demandé à ChatGPT comment le pays réagirait s’il y avait une fusillade dans cette université, quand la dernière fusillade avait eu lieu, quel nombre de victimes permet d’attirer l’attention des médias et si trois était suffisant.
Le chatbot aurait répondu qu’une fusillade avec trois victimes ou plus « ferait très certainement l’objet d’une couverture médiatique nationale ». Enfin, il aurait demandé à quelle heure les locaux du syndicat étudiant de l’université accueillaient le plus de monde.
« La Floride montre la voie en matière de lutte contre l’utilisation de l’IA dans le cadre d’activités criminelles, et si ChatGPT était une personne, elle serait poursuivie pour meurtre », affirme le procureur général de l’État James Uthmeier dans son communiqué :
« Cette enquête pénale permettra de déterminer si OpenAI engage sa responsabilité pénale pour les agissements de ChatGPT lors de la fusillade survenue l’année dernière à l’université d’État de Floride. »
« Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un chatbot basé sur l’IA qu’il n’y a pas de responsabilité pénale », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse sur le sujet, selon Politico :
« Nous allons donc examiner qui savait quoi, qui a conçu quoi, ou qui aurait dû agir. Et s’il apparaît clairement que certaines personnes savaient que ce genre de comportements dangereux pouvait se produire, que ce genre d’événements tragiques et malheureux pouvait se produire, et qu’elles ont néanmoins privilégié le profit, qu’elles ont néanmoins laissé cette entreprise poursuivre ses activités, alors ces personnes devront rendre des comptes. »
De potentielles responsabilités pénales pour des responsables de l’entreprise
Pour l’enquête, son équipe a demandé à OpenAI de lui fournir de multiples informations sur les sécurités mises en place sur son chatbot concernant ce genre d’événement. Ainsi, l’entreprise doit notamment leur fournir toutes les informations sur les mesures internes concernant les menaces proférées par des utilisateurs à l’encontre d’autrui, à l’encontre d’eux-mêmes et concernant la coopération de l’entreprise avec la police pour signaler des crimes (au passé, futur ou présent).
Le procureur général demande aussi à l’entreprise de lui fournir un organigramme de ses responsables ainsi que la liste de tous les employés travaillant sur ChatGPT lors de différentes dates clés pour l’enquête.
Lors de sa conférence de presse, James Uthmeier a expliqué que l’éventuelle responsabilité pénale contre une entreprise constituerait une première dans le domaine juridique, rapporte le New York Times. Mais il ne s’interdit pas de viser des personnes physiques liées à l’entreprise lors de son enquête : « des êtres humains auraient pu intervenir dans la conception, la gestion et le fonctionnement » de ChatGPT, au point où cela pourrait « engager leur responsabilité pénale ».
« La fusillade de masse qui s’est produite l’année dernière à l’université d’État de Floride a été une tragédie, mais ChatGPT n’est pas responsable de ce crime odieux », indique le communiqué d’OpenAI sur le sujet transmis au New York Times.
« Dans ce cas précis, ChatGPT a fourni des réponses factuelles à des questions en s’appuyant sur des informations largement disponibles dans des sources publiques sur Internet, et n’a ni encouragé ni favorisé aucune activité illégale ou préjudiciable », ajoute l’entreprise.
