Publié le 30 septembre 2026

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4 min

« Les jeunes veulent davantage être entendus » : La mobilisation des lycéens se poursuit, des incidents ce mercredi à Bordeaux

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La mobilisation des lycéens s’est poursuivie ce mercredi 30 septembre. 10 personnes ont été interpellées en Gironde, notamment après des départs de feu et des échauffourées avec les forces de l’ordre devant le lycée Gustave-Eiffel, à Bordeaux. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à amplifier le mouvement.

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Feux de poubelles, vélos et barrières pour bloquer l’entrée du lycée Montesquieu ce mercredi matin (WS/Rue89 Bordeaux)

La mobilisation des lycéens s’est poursuivie ce mercredi 30 septembre. 10 personnes ont été interpellées en Gironde, notamment après des départs de feu et des échauffourées avec les forces de l’ordre devant le lycée Gustave-Eiffel, à Bordeaux. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à amplifier le mouvement.

Après les actions devant plusieurs lycées de la métropole bordelaise la veille, plusieurs milliers de lycéens ont bloqué ce mercredi les accès de leurs établissements en Gironde. Dans un communiqué publié en fin de journée, la préfecture indique que « la mobilisation s’est déroulée dans le calme dans une partie du département ».

En revanche, déplore-t-elle, « plusieurs secteurs, notamment à Lormont et à Bordeaux, ont été le théâtre de troubles à l’ordre public avec des départs de feu, des dégradations de biens publics et privés ainsi que des jets de projectiles et de mortiers en direction des forces de l’ordre ».

10 interpellations

Devant le lycée Gustave-Eiffel à Bordeaux, notamment, bloqué par des centaines de lycéens, le feu mis à des poubelles s’est propagé à des façades voisines. Dix interpellations ont eu lieu ce mercredi en Gironde, « principalement pour destructions volontaires par incendie, dégradations, jets de projectiles et mortiers vers les forces de l’ordre », fait savoir la préfecture. Les lycéens affirment avoir reçu des jets de gaz lacrymogène de la police.

La préfecture signale que « six personnes ont été blessées au cours de ces incidents, dont cinq lycéens victimes de violences de la part d’autres lycéens et une fonctionnaire territoriale ».

« Afin d’assurer la sécurité des élèves et des personnels, deux établissements ont dû être fermés et quatre autres ont fait l’objet de mesures de confinement », souligne le communiqué.

La préfète Sophie Brocas et le recteur de l’académie de Bordeaux, Jean-Marc Huart, « condamnent avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des forces de l’ordre ainsi que les actes de vandalisme et les dégradations ».

Ils rappellent que le droit de manifester constitue une liberté fondamentale, mais « ne peut en aucun cas justifier la mise en danger des élèves, des personnels, des policiers, des gendarmes ou des sapeurs-pompiers, ni les dégradations ». La préfète et le recteur « appellent les parents à leur responsabilité ».

« Les jeunes veulent davantage être entendus »

Lors de sa conférence de presse de rentrée ce mercredi matin, Sophie Brocas a évoqué cette mobilisation, non sans un certain dédain :

« Alors les lycéens ne sont pas contents parce qu’on les prive de leurs portables, parce qu’il y a trop d’heures de cours […]. On peut dire qu’on est pas d’accord, on n’a pas à casser, à occuper, à menacer et à blesser. »

La préfète oublie au passage l’inquiétude manifestée par les lycéens face à la montée de l’extrême-droite en France, au réchauffement climatique, ou à leurs conditions d’études, comme en font état leurs slogans.

Les revendications des élèves s’alignent d’ailleurs sur celles de la FCPE 33 (fédération des conseils de parents d’élèves) depuis longtemps, affirme sa présidente, Corinne Devaux. Elle évoque les bâtiments délabrés et en proie aux canicules, les classes surchargées, la privatisation de l’orientation postbac… des facteurs qui impactent les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

« Il ne faut pas oublier l’échéance de la présidentielle, les jeunes veulent davantage être entendus », selon Corinne Devaux, rappelant que les lycéens, pour la plupart, ne seront pas majeurs d’ici le printemps 2027 et ne pourront donc pas voter pour leur avenir.

Une mobilisation née sur les réseaux

Pour Vincent Tiberj, sociologue et professeur à Sciences Po Bordeaux, la mobilisation ne procède pas seulement d’un effet miroir entre les lycées, depuis le début de la mobilisation en Ile-de France, mais aussi d’ « un élan de solidarité ».

« Des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux avec des élèves gazés par les forces de l’ordre en région parisienne, alors qu’on voyait qu’ils n’étaient pas agressifs. Les lycéens ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas s’exprimer. »

La présidente de la FCPE33 estime donc que « la répression n’est pas une solution » :

« On souhaiterait que les élèves puissent s’exprimer sans qu’il y ait d’intervention de la part de la police et que les choses se fassent de façon sereine. C’est pour ça qu’on a proposé aux parents d’être présents devant les lycées pour favoriser l’échange et éviter les débordements. »

Le mouvement pourrait s’amplifier dans les jours à venir : dans un communiqué diffusé ce mercredi, l’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à la poursuite des blocus dans les lycées et les universités ce jeudi 1er octobre et une manifestation le 6 octobre prochain.

Par La Rédaction•

Publié le 30 septembre 2026

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Par Thylan Brissy

La mobilisation lycéenne se poursuit et s'amplifie. Dans Politis, le chercheur Ulysse Rabaté décrit ce qui lui semble être "un point de bascule de la vie politique", à rebours du discours répandu "d'une rupture entre les jeunes et la politique".

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Dans la droite ligne de ce cadrage politique, Rue89 Lyon documente la "répression policière hallucinante" dénoncée par des enseignant·es.

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