Au troisième jour de la mobilisation des lycées à Lyon et dans le Rhône, la préfecture indique avoir procédé à l’interpellation de 75 personnes. Le maire de Lyon a appelé à la « désescalade ». Des témoins décrivent aussi des interpellations violentes de la part des forces de l’ordre.
La mobilisation des lycées s’intensifie. À Lyon et dans le Rhône, plusieurs établissements ont été bloqués mardi 29 et mercredi 30 septembre, dans la lignée du mouvement initié à Saint-Denis, en région parisienne.
Les raisons de la colère des lycées sont les mêmes partout en France : manque de moyens, manque d’enseignant·es, classes surchargées, des établissements exposés aux aléas climatiques… Ils et elles demandent de meilleures conditions d’études.
La préfecture du Rhône indique que certains établissements « ont été dégradés et neuf d’entre eux ont dû faire l’objet d’un confinement après avoir subi des intrusions ». Des images et vidéos de poubelles incendiées, d’affrontements avec les forces de l’ordre et de nuages de gaz lacrymogènes ont pu circuler sur les réseaux sociaux ou nous ont été envoyées.
Les services de l’État précisent que 75 personnes (45 mardi et 30 mercredi) ont été interpellées depuis le début du mouvement dans le Rhône et à Lyon. Un chiffre élevé et qui semble assez inédit, comme nous le décrit une membre de la caisse de solidarité, collectif de soutien et de lutte contre « les violences policières et la répression des mouvements ».
Des premiers témoignages d’interpellations violentes
À Vénissieux, au lycée Jacques-Brel, des professeurs syndiqués ont dénoncé dans un communiqué des « scènes de violences policières inacceptables ». Jeanne (prénom modifié), l’une d’entre elles, raconte avoir été témoin d’une « répression policière hallucinante » avec des tirs de gaz lacrymogènes « sur des élèves en grande majorité mineurs et pacifistes ». D’autres témoignages parlent également de « beaucoup de gazage » au lycée Faÿs de Villeurbanne.
« Les forces de l’ordre interpellaient violemment des élèves sous nos yeux, notamment pour avoir filmé leurs actions. Certain-es d’entre elles et eux font état de séquelles physiques et de passages à l’hôpital après leur arrestation », écrivent les enseignant·es du lycée vénissian dans leur communiqué.
Des organisations politiques ont elles aussi réagi. L’Après, Génération·s et Debout ont signé un communiqué commun dans lequel ils soutiennent les revendications lycéennes. Ils dénoncent la « réponse apportée : des violences policières ».
« Si des débordements non contrôlés et dommageables se déroulent, c’est que la réponse attendue doit être l’écoute, le dialogue, la compréhension de cette colère légitime », poursuivent les trois partis politiques.
De son côté, le maire de Lyon s’est exprimé, mercredi 30 septembre, en soulignant que les « aspirations et revendications [des lycéens] doivent être entendues ». Avant d’appeler à l’apaisement : « Les violences aux abords de plusieurs établissements ne sont pas acceptables. J’appelle sans réserve à la désescalade. »
