Publié le 29 septembre 2026

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5 min

Lycées bloqués : à Strasbourg, « on veut le bac et ils nous envoient la BAC »

#Actu

Deux lycées strasbourgeois ont été partiellement bloqués mardi 29 septembre. Au lycée international des Pontonniers et au lycée Fustel de Coulanges, les jeunes réclament plus de moyens pour étudier. Un élève a été arrêté et placé en garde à vue. 

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Deux lycées strasbourgeois ont été partiellement bloqués mardi 29 septembre. Au lycée international des Pontonniers et au lycée Fustel de Coulanges, les jeunes réclament plus de moyens pour étudier. Un élève a été arrêté et placé en garde à vue. 

« On suit l’appel national à la grève dans les services publics », explique un élève en classe de terminale au lycée international des Pontonniers, à Strasbourg. Une soixantaine de jeunes sont regroupés devant l’entrée de l’établissement scolaire partiellement bloquée par des poubelles. Membre du collectif Lascar (Lycéen·nes autonomes de Strasbourg contre l’autorité et la répression), il détaille les raisons de la mobilisation de ce mardi matin : le manque de moyens dans l’Éducation nationale et les difficultés que rencontrent les lycéens pour suivre leurs études. « Les moyens ne sont pas mis aux bons endroits, on paye pour des milliers de pochettes de téléphones mais on a pas d’argent pour avoir des profs », s’énerve le lycéen en faisant référence à l’interdiction des téléphones portables dans les établissements depuis la rentrée 2026 :

« En début d’année, ma prof de maths était absente, ce sont d’autres professeurs qui ont dû la remplacer mais pour le faire, ils ont dû annuler des cours qu’ils donnaient aux classes de seconde. »

Une soixantaine d’élèves occupent la rue devant l’entrée du lycée international des Pontonniers.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Le lycéen alerte également sur la pression subie par les élèves, délétère pour leur santé mentale. « On nous détruit un peu plus tous les jours : la pression de la notation qui nous classe en permanence, Parcoursup qui nous stresse énormément… » En fin de Terminale, les élèves doivent entrer des « vœux » sur cette plateforme unique, vœux qui seront ensuite traités par les filières choisies en fonction des notes et des places disponibles.

Enfin, l’élève-militant s’inquiète du gel des Aides personnalisées au logement (APL) qui le concernera plus directement à son entrée dans les études supérieures. Après quelques instants, des élèves entrent tout de même dans le lycée sous le regard de l’équipe éducative et des militants.

« Au départ, on voulait que les cours soient annulés pour aller à la manif pour les services publics, mais ils seront probablement maintenus donc on va rester pour bloquer. Peut-être que quelques-uns pourront aller à la manifestation, c’est important que les lycéens et les lycéennes soient présentes. » 

Plus de 300 lycées bloqués en France

Devant l’entrée du lycée Fustel de Coulanges, une centaine de jeunes sont rassemblés sur la place du Château. Une rangée de policiers, qui sont intervenus dès 9h, s’assure que l’entrée reste dégagée. « Quand ils sont intervenus, on s’est assis sur les poubelles pour qu’ils ne puissent pas les enlever, raconte un élève de première. Ils ne nous ont pas frappés mais ils ont violemment poussé certains élèves. » Si le lycée est ouvert, les militants indiquent que seule une trentaine d’élèves seraient rentrés. Le jeune militant poursuit :

« On a vu des professeurs aux fenêtres, ils nous faisaient des signes, certains nous ont même applaudis. En revanche, l’équipe de direction n’était pas très contente de nous voir devant le lycée. »

La police est intervenue pour débloquer le lycée Fustel-de-Coulanges ce matin.Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Devant l’établissement, les motifs de colère sont les mêmes qu’aux Pontonniers. « On a des classes surbookées et on a pas assez de profs », explique une autre élève de première. En désignant les policiers à quelques mètres, il ajoute : « Ils ont probablement des enfants qui sont à l’école, donc, eux aussi ça les concerne le budget de l’Éducation nationale. Pourtant c’est eux qui ont des boucliers et des cagoules, c’est débile. » Édouard complète : « On veut le bac et ils nous envoient la BAC. »

« Si on bloque aujourd’hui, c’est à cause du manque de budget dans l’éducation, c’est un appel national », complète Édouard, venu du lycée Marie Curie aider ses camarades. Débuté une semaine auparavant en Seine-Saint-Denis, le mouvement de contestation des lycéens s’est étendu à toute la France. À Strasbourg, seuls des élèves des Pontonniers et de Fustel de Coulanges se sont mobilisés de manière visible.

Édouard, élève de première au lycée Marie Curie est venu aider ses camarades des lycées du centre-ville. Photo : Adrien Labit / Rue89 Strasbourg

Plus de 300 établissements ont été bloqués à des degrés divers mardi 29 septembre en France. Le ministère de l’Intérieur a fait état d’une dizaine de blessés, selon Le Monde. Lundi, un jeune a été blessé au visage par un tir policier devant un lycée du Val-d’Oise. À Strasbourg, un élève a été interpellé mardi devant le lycée Fustel de Coulanges pour « participation à un attroupement sur la voie publique » et « refus de se découvrir le visage », il a été placé en garde à vue.

Par Adrien Labit•

Publié le 29 septembre 2026

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