Rassemblement du Planning familial de la Gironde devant l’ARS à Bordeaux, en 2024 (VB/Rue89 Bordeaux)
Selon le Planning familial de la Gironde, l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine retire la totalité de sa subvention, soit 160 000 €, représentant le tiers du budget annuel de l’association. Quatre postes seraient de ce fait supprimés, « prélude à la liquidation de l’association ».
Alors même « que les violences sexistes et sexuelles demeurent massives et que l’État déploie l’Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), l’un des principaux acteurs girondins de la prévention, de l’accès aux droits et de l’accompagnement des victimes est condamné à fermer ses portes ».
Dans un communiqué ce vendredi 19 juin, le Planning familial de la Gironde dénonce en ces termes une décision de l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine de supprimer la subvention annuelle de 160 000 euros versée à l’association, représentant 32% de ses ressources (le reste vient de l’État et des collectivités locales).
Des actions « pas suffisamment probantes »
Contactée, l’ARS n’a pas confirmé cette décision à Rue89 Bordeaux. Mais celle-ci conduirait, selon le Planning familial, « à la suppression de quatre postes (sur 7,5 équivalents temps plein), prélude à la liquidation de l’association ».
« Après plusieurs mois d’attente, de demandes d’explications et de dialogue avec les services de l’ARS, nous avons appris le 17 juin que nos actions ne seraient plus financées au motif qu’elles ne seraient pas suffisamment “probantes”. Nous refusons que le pseudo argument des données probantes serve de prétexte à une politique d’austérité qui ne dit pas son nom. »
Pour l’association, ce choix « incompréhensible » est en totale contradiction avec les discours des pouvoirs publics, « de Gérald Darmanin à Emmanuel Macron, pour dire “plus jamais ça” après les nombreuses affaires de ces derniers mois », et renforcer la protection des femmes et des enfants.
Le Planning Familial de la Gironde rappelle agir depuis 60 ans « au cœur des politiques publiques de prévention, de santé sexuelle, d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, d’accès aux droits et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. » En 2025, il a tenu 8 lieux de permanences fixes et 21 accueils hors les murs, reçu et accompagné 2124 personnes, ou encore sensibilisé 972 élèves en milieu scolaire.
Rassemblement le 25 juin
« Pourtant, aujourd’hui, l’ARS Nouvelle-Aquitaine fait le choix de retirer son soutien à ces missions essentielles de prévention, d’accès aux droits, d’accompagnement et de lutte contre les violences, alors même que les besoins n’ont jamais été aussi importants », écrit l’association. Elle cite l’augmentation des violences sexistes et sexuelles, la saturation des structures, le déploiement du programme EVARS (éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité), ou encore les inégalités d’accès aux soins et aux droits dans de nombreux territoires ruraux.
« Faut-il considérer que l’écoute des victimes de violences n’est pas utile ? Depuis quand [cette écoute] doit-elle produire un indicateur statistique pour justifier son existence ? Faut-il considérer que les actions menées auprès des jeunes pour leur permettre d’accéder à une information fiable sur leur vie affective et sexuelle ne sont plus nécessaires ? Faut-il considérer que la prévention n’a de valeur que lorsqu’elle est exclusivement médicale ? »
Le Planning familial demande « le rétablissement immédiat de la subvention », en intercédant auprès de la Ministre de la Santé. Il « appelle les élu·es, les associations, les professionnel·les, les partenaires institutionnels et l’ensemble des citoyennes et citoyens attachés à l’accès aux droits, à la prévention et à la lutte contre les violences à se mobiliser », avec un rassemblement ce jeudi 25 juin devant l’ARS Nouvelle-Aquitaine.
En 2024, l’agence régionale avait déjà tenté de baisser fortement son aide financière au Planning, avant de faire machine arrière.
