Publié le 21 novembre 2025

3 min

Après un féminicide « de trop » en Gironde, une manifestation contre les violences faites aux femmes ce samedi à Bordeaux

#Actu

Jeudi 20 novembre, une femme de 45 ans a été tué par son conjoint à leur domicile de Saint-Ciers-d’Abzac (Gironde). Cet acte, qui survient à quelques jours de la Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, a suscité la colère des associations du département, qui appellent à manifester ce samedi 22 novembre.

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Campagne du collectif Collage féminicides Bordeaux (WS/Rue89 Bordeaux)

Jeudi 20 novembre, une femme de 45 ans a été tué par son conjoint à leur domicile de Saint-Ciers-d’Abzac (Gironde). Cet acte, qui survient à quelques jours de la Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, a suscité la colère des associations du département, qui appellent à manifester ce samedi 22 novembre.

Aux alentours de 14h ce jeudi, l’homme de 60 ans a contacté les autorités, reconnaissant avoir tué sa femme, 45 ans et mère de deux adolescents de 13 et 17 ans. Celle-ci a été retrouvée morte à son domicile, à Saint-Ciers-d’Abzac (Gironde), près de Libourne. Selon les premières constatations, elle aurait été tuée à l’arme blanche et « à la suite d’une dispute ».

L’homme a été interpellé sur les lieux sans montrer de signe de résistance, et placé en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour meurtre par conjoint, confiée à la brigade de recherches de Libourne. Selon Sud Ouest, le sexagénaire était déjà connu pour des faits de violence conjugales, mais dont la victime était une précédente compagne. Le parquet de Libourne a annoncé se dessaisir au profit du parquet de Bordeaux.

Ce féminicide est le 4e recensé dans le département de la Gironde et le 146e comptabilisés en France en 2025, dont 4 lors de la seule journée de jeudi. C’est déjà plus que pour toute l’année 2025. À la veille de la journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le 25 novembre, les associations féministes ne cachent pas leurs colères. 

Une manifestation ce samedi

La directrice de l’Apafed (association pour l’accueil des femmes en difficulté), Naïma Charaï, a dénoncé un féminicide « de trop » et appelé à l’adoption d’une loi-cadre. Dans un communiqué, les associations du réseau violences de la Gironde, dont font notamment partie l’Apafed, le CACIS et le Planning familial de la Gironde, appellent à participer à la manifestation internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, ce samedi 22 novembre à Bordeaux.

Organisée par l’AG féministe de Gironde, la mobilisation débutera par des prises de parole à 13h30 sur la place de la Victoire, puis le cortège s’élancera aux alentours de 14h en direction de l’hôpital Saint-André et du Tribunal, avant de rejoindre les allées de Tourny.

Dans leur communiqué, les organisatrices rappellent l’ampleur persistante des violences sexistes et sexuelles – un féminicide tous les trois jours, 220 000 victimes de violences conjugales par an, un viol toutes les 2,5 minutes, trois enfants par classe victimes d’inceste – et dénoncent l’impact de l’austérité sur les structures d’accueil, la prévention et les services publics.

« Une priorité absolue de l’Etat »

Elles alertent également sur la vulnérabilité accrue des femmes et des minorités de genre en milieu rural, où près de la moitié des féminicides sont commis, dans un contexte de désertification médicale et de recul des services publics. Le collectif appelle à investir massivement dans la lutte contre les violences plutôt que dans la hausse des budgets militaires, et s’oppose à toute récupération raciste ou xénophobe des violences faites aux femmes par l’extrême droite.

Le préfet de la Gironde et de la région Nouvelle Aquitaine Etienne Guyot a également tenu à « exprimer son émotion et sa profonde solidarité aux proches de la victime » dans un communiqué de presse publié ce vendredi.

Il affirme que « les services de l’État sont mobilisés aux côtés du parquet, des forces de sécurité et des partenaires locaux pour accompagner la commune et garantir la prise en charge nécessaire » avant d’ajouter que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est « une priorité absolue de l’Etat. »

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