Publié le 22 juin 2026

4 min

Les DNA et L’Alsace devront se séparer de 10% de leurs journalistes, remplacés par de l’IA

#Communs #Médias

Les salariés des Dernières nouvelles d’Alsace et de L’Alsace ont été informés lundi 22 juin que leur direction prévoyait de supprimer une cinquantaine d’emplois dans les deux médias régionaux. Les journalistes qui relisent et mettent en page sont les plus touchés.

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À la Une des DNA du lundi 22 juin, la « baisse des effectifs »… mais dans les écoles.

Les salariés des Dernières nouvelles d’Alsace et de L’Alsace ont été informés lundi 22 juin que leur direction prévoyait de supprimer une cinquantaine d’emplois dans les deux médias régionaux. Les journalistes qui relisent et mettent en page sont les plus touchés.

Depuis plusieurs mois, les salariés des Dernières nouvelles d’Alsace et de L’Alsace étaient inquiets. Dans ces deux titres du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel, la direction envoyait de mauvais signaux et il était question d’un plan social. Le 16 juin, La Lettre a révélé qu’Ebra prévoyait de supprimer 300 à 400 postes dans ses effectifs.

Les détails ont été annoncés aux représentants du personnel des différentes entités du groupe ce lundi 22 juin lors d’un comité social et économique extraordinaire.

Aux DNA, Ebra prévoit de supprimer 49 postes : 23 postes de techniciens doivent disparaître, soit toute une ligne d’impression. Les deux journaux seront donc imprimés sur la même machine, ce qui imposera aux deux titres de réduire leur nombre d’éditions. Le média strasbourgeois doit passer de 315 employé·es à 266. En 2011 au moment du rachat par Ebra et le Crédit Mutuel, les DNA avaient encore un millier d’employé·es en Alsace. Côté rédaction, 14 journalistes parmi les secrétaires de rédaction (c’est à dire les relectrices et les relecteurs) doivent partir parmi les 141 que comptent les DNA.

Quant à L’Alsace, le journal basé à Mulhouse devra se séparer de 12 employés, dont 7 à la rédaction, 2 au pôle ventes. Les éditions de Saint-Louis et d’Altkirch seront regroupées.

Au final, les deux journaux cumulaient 20 éditions différentes. Elles ne seront plus que 13 dans le plan de réorganisation prévu par la direction. Les deux médias étaient organisés en cinq « pôles géographiques », il est question de les réduire à trois : Strasbourg et nord Alsace dont Haguenau, centre Alsace (Colmar rejoignant Sélestat), Mulhouse et sud Alsace (en incluant Guebwiller). Sur le web, l’édition du soir va disparaître.

En 2025, les DNA diffusaient 104 000 exemplaires quotidiens en moyenne pour un chiffre d’affaires de 71 millions d’euros (M€). Avec ses 46 000 exemplaires quotidiens, L’Alsace a généré un chiffre d’affaires de 30 M€. Malgré de sévères coupes dans les effectifs depuis 2011, le groupe Ebra était déficitaire de 10 M€ en 2025.

Deux systèmes d’IA pour remplacer

Par la voix des deux responsables des ressources humaines, la direction d’Ebra a présenté son « plan stratégique » qui mise « sur la force de l’information locale » et « à renforcer la place des enquêtes, reportages et grands formats, tout en proposant des contenus toujours plus proches des préoccupations quotidiennes des lecteurs ».

La mise en place de deux systèmes d’intelligence artificielle, développés par Euro-information, la filiale informatique du Crédit Mutuel, ont été annoncés pour compenser les départs : le premier sera utilisé pour relire et corriger les articles des correspondants locaux, le second, appelé Mepa, permettra une mise en forme automatisée des pages, sans lire les contenus.

La direction appelle les volontaires au départ à se faire connaître et a promis aux syndicats qu’il n’y aurait « aucun départ contraint » même s’il n’y a pas assez de candidats. Les négociations entre les syndicats et la direction afin de modifier certains éléments de ce plan social ont été repoussées de deux mois pour débuter en septembre.

« On a jusqu’au 2 novembre pour tout négocier », précise Marie-Sophie Kormann, journaliste aux DNA à Strasbourg et déléguée du personnel pour le Syndicat national des journalistes (SNJ) :

« On s’attachera à ce que les conditions de départ soient les meilleures possibles pour les volontaires. Quant aux IA promises, on ne les a encore jamais vues ! Il faudra à minima former les équipes avant les départs et je suis très inquiète quant à la véracité des informations qui seront produites… »

Des suppressions de postes similaires sont prévues dans les autres titres du groupe Ebra : 65 à l’Est républicain et Vosges Matin, dont 34 à la rédaction, 57 au Dauphiné Libéré, dont 28 à la rédaction et 23 à l’impression, 19 à Ebra médias…

Contactée, la direction conjointe des Dernières nouvelles d’Alsace et de L’Alsace n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Par Pierre France

Publié le 22 juin 2026

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Moins de journaux et une cinquantaine de postes supprimés pour les journaux L'Alsace et les Dernières nouvelles d'Alsace. Rue89 Strasbourg explique comment Ebra, premier groupe de presse régionale en France, sacrifie des éditions et fait choix de l'IA au détriment des journalistes.

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