Publié le 17 juillet 2026

4 min

Retraites : alerte noire

#Économie #Communs

Le dernier rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites a fait souffler un vent violent appelant à chambouler encore une fois les conditions de départ et de vie à la retraite, et remettant dans le débat public la question de la capitalisation.

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Manifestation contre la réforme des retraites à Morlaix, le 11 février 2023.

Le rapport 2026 du Conseil d’orientation des retraites (COR) a appliqué les dernières projections démographiques de l’Insee pour établir l’état des lieux de notre système de retraite. Aussitôt, un vent violent s’est mis à souffler appelant à chambouler encore une fois les conditions de départ et de vie à la retraite. Au moins deux sujets sont au cœur du débat public. L’un est directement lié au rapport du COR. L’autre est saisi par tous ceux qui veulent mettre à bas notre système de retraite.

Pour trois ou quatre décennies, la population restera à peu près stable.

La France est entrée dans l’ère où la natalité décroît. Elle faisait jusqu’ici figure d’exception alors que beaucoup de pays européens y étaient déjà depuis plusieurs années. Jusqu’en 2025, le COR tablait sur un taux de fécondité de 1,8 enfant par femme (il a été longtemps proche de 2,1), tandis que les nouvelles perspectives évoquent 1,45 enfant à partir de 2028. Le COR prévoit un fléchissement de l’augmentation de l’espérance de vie et il adopte l’hypothèse d’un solde migratoire annuel de 150 000 personnes (au lieu  de 70 000) dès 2026. La conséquence en serait la diminution de la population active sur laquelle pèsent les cotisations sociales, et donc une dégradation du solde du système de retraite.

Sur le même sujet : « La gestion des naissances n’est pas en dehors du système capitaliste »

Cependant, pour analyser les évolutions de long terme, il faut examiner le taux de descendance finale qui mesure le nombre d’enfants mis au monde au cours de leur vie féconde par une génération de femmes nées une année donnée, alors que l’indice conjoncturel de fécondité mesure le taux de fécondité par âge pour une année donnée, comme si, cette année-là, toutes les femmes quel que soit leur âge avait le même nombre d’enfants, ce qui est impossible. Les femmes nées en 1980 ont eu en 2025 (donc parvenues quasiment au terme de leur fécondité) 2,04 enfants. Ainsi, pour trois ou quatre décennies, la population restera à peu près stable. Ce n’est que si la baisse actuelle de la fécondité durait qu’elle se répercuterait sur la descendance finale.

Économie casino

Il s’agirait simplement d’augmenter modérément et progressivement les cotisations vieillesse à la Sécurité sociale au lieu des primes pour les fonds de pension.

Les néolibéraux reprennent leur antienne favorite : compléter le système par répartition « à bout de souffle » – à cause de la démographie – par un pilier de capitalisation. Or, tout système de retraite, même celui par capitalisation, est dépendant des évolutions démographique et économique parce que ce sont toujours les travailleurs actifs qui prennent en charge les anciens. Au moment de la liquidation des contrats d’assurance privée, les fonds de pension doivent trouver de nouveaux contractants actifs pour pouvoir verser les pensions.

Sur le même sujet : Retraites : la fable de la capitalisation

Non seulement un système par capitalisation aggrave les inégalités, mais il participe à l’économie casino sur les marchés financiers, rendant les souscripteurs dépendants de la volatilité de ceux-ci. L’exemple de la Suède que veulent imiter les « réformateurs » français et allemands est éloquent : le fonds suédois AP7 affiche, nous disent Les Échos du 24 juin 2026, « un rendement moyen annuel de plus de 11 % depuis sa création en 2000 ». Miracle macroéconomique pour les retraites ? Non, il s’agit d’une captation de la rente produite à l’autre bout du monde, dans des pays souvent à bas salaires, parce que le capital y est investi.

La « météo retraites » claironne dans tous les médias « alerte noire » pour faire régresser notre système collectif. Alors qu’il s’agirait simplement d’augmenter modérément et progressivement les cotisations vieillesse à la Sécurité sociale au lieu des primes pour les fonds de pension (1).

Par Jean-Marie Harribey

Publié le 17 juillet 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Jean-Marie Leforestier
 La loi d'urgence agricole doit être définitivement approuvée par le Sénat ce mardi après le vote favorable de l'Assemblée hier. Philippe Grandcolas, directeur adjoint scientifique national pour l’écologie et l’environnement au CNRS, dénonce dans Politis un texte élaboré au mépris des enjeux  environnementaux. 

La fortune personnelle d'Elon Musk dépasse désormais mille milliards de dollars. Une richesse sans précédent due à la valorisation boursière déconnectée du réel de son entreprise SpaceX, décrypte le chroniqueur d'Arrêt sur images Thibault Prévost, pour qui "le capitalisme se radicalise dans l'irrationnel"

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#Actu

[MàJ] Interdiction des réseaux sociaux aux -15 ans : passé en CMP, le texte sera voté mardi

Publié le 21/07/2026 à 08:00

6 min

Le gouvernement prend acte des réserves émises par la Commission européenne, mais estime que l’avis circonstancié rendu par cette dernière porte sur deux points de détail qui n’invalident pas la proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il maintient son objectif d’une mise en œuvre dès la rentrée de septembre.

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