Floriane Varieras, à la Marche des visibilités de 2025.
L’élue municipale d’opposition Floriane Varieras a été la cible d’une vague de messages haineux en provenance de profils d’extrême droite sur Facebook, après avoir posté une vidéo à la marche des visibilités le 20 juin. Elle a annoncé avoir porté plainte.
« On est à la marche des visibilités de Strasbourg et on est là pour militer pour les droits des personnes LGBTQIA+ qui sont menacés en France, notamment par la montée de l’extrême droite. » Floriane Varieras est conseillère municipale d’opposition dans le groupe Strasbourg Juste et Vivante avec des élus écologistes et communistes. C’est par ces mots qu’elle a introduit une vidéo tournée lors de la marche des visibilités de Strasbourg du 20 juin, postée le soir même sur Facebook et Instagram.
Dans les 24 heures, elle a reçu 900 commentaires, dont de nombreux messages haineux. « C’est intéressant parce qu’on a des personnes qui disent que l’extrême droite nous protège, qu’elle ne nous menace pas, et en même temps une partie de ce même public qui écrit des commentaires homophobes, et des appels au meurtre », constate l’ancienne adjointe à la maire : « Il y avait aussi énormément de publications islamophobes. » L’une d’elle clamait « Paris va accueillir les Palestiniens, vos droits vont être mis à l’honneur ! » tandis qu’un certain Patrick Auberger ajoute : « Ferme ta gueule, va à Gaza et tu vas voir ce qu’il va t’arriver. Connasse. »
Références aux pratiques des nazis
« Ah bon je voudrais savoir ce en quoi l’extrême droite est une menace », interrogeait un profil nommé David Calafini. Partout dans le monde, des gouvernements d’extrême droite font bel et bien reculer les droits des personnes LGBTQIA+. La Hongrie lorsque Victor Orban était Premier ministre a voulu interdire les Marches des fiertés, l’Italie impose des restrictions pour la reconnaissance des enfants de couples de même sexe à l’état civil et a durci la politique concernant la gestation pour autrui.
Les commentaires sous la vidéo de Floriane Varieras montrent justement, non seulement beaucoup de moqueries mais aussi un déversement de haine contre les personnes LGBTQIA+, en provenance de la fachosphère. « On a masqué les plus hardcores, mais on a fait des captures d’écran, indique l’élue. Beaucoup de commentaires semblent provenir de véritables personnes. » Un Gilles Beaubrun proposait par exemple de « bâtir des hôpitaux psychiatriques en plus des prisons », avant d’évoquer son « autre solution qui ne va pas plaire à tout le monde ». Le Haguenauvien Henri Ohlmann Stoll, qui poste parfois des communications du Rassemblement national sur son compte, se demandait « Mais que fait Gaz de France ? ».

De son côté, Jean-Marc Moutiez sous-entendait carrément le meurtre et la déportation des personnes participantes à la pride : « Les wagons sont déjà prêts, mais avant attention aux chutes du haut des bâtiments. » Denis Hanrot menaçait d’un « 2027, vous l’aurez dans le … ». Autre illustration de l’ambiance générale, une certaine Frichette Frichette se laissait aller à un commentaire transphobe en ironisant sur le genre de Floriane Varieras : « Bien parlé mon gars! » Ce qui a bien fait rire la sinistre assemblée au vu des réactions.
Plainte pour menace de mort
Sur sa page Instagram, Floriane Varieras a annoncé avoir porté plainte lundi 29 juin, pour « injure publique en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre » et « menaces de mort ». « Je l’ai fait parce que je ne voulais pas juste laisser passer un tel déferlement, et que les auteurs soient totalement impunis après ces actes », explique t-elle à Rue89 Strasbourg :
« J’ai six ans de mandat d’adjointe à la maire derrière moi. J’ai vu ces mécanismes à l’œuvre, c’est arrivé plein de fois contre Jeanne Barseghian. J’ai malheureusement l’habitude donc je le prends avec un certain recul politique. Mais je sais que je suis privilégiée et que cela peut vraiment détruire. Ces intimidations de l’extrême droite sont dangereuses, particulièrement avant l’élection présidentielle. Comme Meta a diminué sa politique de modération, la charge de supprimer les commentaires revient aux victimes. Les pouvoirs publics doivent se saisir de cette problématique de la modération des réseaux. »