Publié le 18 juin 2026

3 min

Délogés des tours Plein Ciel, des habitants se battent pour être indemnisés

#Communs

La nouvelle municipalité à Mulhouse est prête à abonder les offres de rachat pour les appartements des tours Plein Ciel. Mais certains habitants ne voient toujours pas de solution pour leur avenir…

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Les tours Plein Ciel, construites dans les années 1960.

La nouvelle municipalité à Mulhouse est prête à abonder les offres de rachat pour les appartements des tours Plein Ciel. Mais certains habitants ne voient toujours pas de solution pour leur avenir…

Nouvelle municipalité, nouvel objectif. Sommés de revendre leur logements (144 environ sur les 284 logements présents) à des prix qu’ils jugent dérisoires avant la démolition de leurs bâtiments, les copropriétaires et bailleurs des tours Plein Ciel, situées dans le quartier des Coteaux à Mulhouse, défendent désormais leur indemnisation. Alors que les instances judiciaires et la municipalité les jugent « trop pauvres » pour rénover et réhabiliter leurs biens, les habitants mènent une nouvelle bataille politique et juridique pour trouver une issue à cette affaire.

La réhabilitation ou l’indemnisation 

D’abord constitués autour de l’association « Vivent les tours Plein Ciel » (VLTPC) qui s’est battu pour obtenir une rénovation financée par des fonds publics, une majorité des habitants semble désormais s’accommoder d’une démolition, dans l’optique où ces derniers seraient indemnisés « correctement ».

« Les gens sont partis de VLTC parce que l’association défend à la fois le maintien des tours et l’indemnisation, sauf que c’est contradictoire. Au fond, l’association ne prône que la première option. Avec plus de 170 copropriétaires et bailleurs, nous sommes prêts à vendre mais à un prix juste. C’est pourquoi on a créé le collectif Majoration Digne pour les Pleins Ciels », explique sa présidente, Valérie A.

Selon VLTPC, qui compte encore une trentaine de membres, le choix entre l’indemnisation et la rénovation doit être proposé et non imposé. « C’est normal de vouloir des indemnisations justes mais ceux qui le veulent doivent aussi pouvoir rester », explique Laurent Schneider, 71 ans, résidant d’une des deux tours et président de VLTPC. Il ajoute que « la démolition va coûter entre 15 et 20 millions d’euros alors que la rénovation, c’est seulement 1,6 million d’euros. C’est de la folie furieuse. »

« Il nous faut plus de garanties »

Réunis au soir du vendredi 29 mai dans le bâtiment de la sous-préfecture, habitants et représentants des deux collectifs ont reçu une proposition de la municipalité fraîchement élue : une majoration de 20 % des prix de rachat proposés par CDC Habitat (495 euros le mètre carré) serait prise en charge par les collectivités. Pour Valérie A. de Majoration digne pour les Pleins Ciel, « c’est un premier pas mais ça ne peut pas rester comme ça. Il nous faut plus de garanties et un taux de majoration supérieur ».

Les deux tours abritent 284 logements. Photo : Abdesslam Mirdass / Rue89 Strasbourg

Pour un appartement racheté 50 000 euros par CDC Habitat, cela représenterait un complément de 10 000 euros. « Qu’est-ce qu’on peut faire avec 10 000 euros ? Pas grand-chose de plus », constate Laurent Schneider de VLTC. « Nous, on réclame une offre de rachat à 1 000 euros le mètre carré, on en est encore loin ».

Suite à ces échanges, VLTC veut désormais engager une conciliation judiciaire : « On va voir ce que la justice va dire mais ça m’étonnerait qu’elle donne raison à la Ville. » Quant à Majoration digne pour les Pleins Ciel, le collectif privilégie les discussions en vue de déboucher sur un accord à l’amiable mais Valérie A. prévient : « Si la proposition attendue dans les prochains jours n’est pas “digne”, on ira tous en justice, on est unis ! » 

Contactés, la Ville et Mulhouse agglomération n’avaient pas encore répondu aux sollicitations de Rue89 Strasbourg au moment de publier cet article.

Par Félix Jeanniard

Publié le 18 juin 2026

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