Publié le 27 mars 2026

6 min

Au conseil municipal d’installation, élection de Catherine Trautmann et de ses adjoints et adjointes

#Actu

Samedi 28 mars, le nouveau conseil municipal de Strasbourg se réunit pour élire officiellement Catherine Trautmann en tant que maire. Sans surprise sur l’issue du vote, c’est surtout la composition, encore inconnue, de l’exécutif qui éclairera les équilibres du mandat à venir.

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Catherine Trautmann en février 2023, au conseil municipal.

Samedi 28 mars, le nouveau conseil municipal de Strasbourg se réunit pour élire officiellement Catherine Trautmann en tant que maire. Sans surprise sur l’issue du vote, c’est surtout la composition, encore inconnue, de l’exécutif qui éclairera les équilibres du mandat à venir.

Samedi, dans la salle du conseil municipal du centre administratif de Strasbourg, tout sera en place pour une séquence très codifiée. Une semaine après sa victoire, Catherine Trautmann s’apprête à redevenir officiellement maire de Strasbourg, pour la quatrième fois.

Le timing d’abord. Les 65 élus sont convoqués à 16 heures. L’équipe sortante de Jeanne Barseghian expédie avant cela ses dernières affaires, notamment des mariages ce jour-là. Elle n’arrêtera de représenter la Ville qu’en début de séance, où la maire sortante prendra la parole, comme le veut l’usage, avant de céder définitivement son siège.

La suite du cérémonial est connue : la doyenne de l’assemblée ouvre la séance, lit les résultats et installe officiellement le conseil. Pour cette première séance, ce sera Antonella Cagnolati, âgée de 78 ans. Elle est 31e sur la liste de Catherine Trautmann. Puis vient l’élection de la maire, à bulletin secret. Sans surprise, Catherine Trautmann devrait rassembler les voix de sa majorité, forte de 45 élus sur 65. L’écharpe tricolore lui sera ensuite remise, avant un discours inaugural où elle rappellera le cap qu’elle souhaite donner à son mandat.

Mais le moment le plus scruté viendra juste après, avec la désignation des vingt adjointes et adjoints qui composeront l’exécutif municipal. C’est là que se jouent les équilibres internes, et que les premiers signaux politiques seront envoyés. Pour cette mandature, ce sera d’ailleurs un ou une adjointe de plus par rapport au mandat précédent, comme le proposera une délibération lors de la séance. La loi en prévoit 19, mais des adjoints de quartier supplémentaires, au nombre de six, peuvent être désignés. Ils seront élus après lecture de leurs noms. Quant aux 25 autres, ils et elles deviendront conseillers municipaux délégués.

Un trio « central »

Si presque rien n’a filtré à ce stade à ce sujet sur les rôles qui seront distribués (sauf dans notre newsletter La Municipale du jeudi 26 mars), un noyau dur apparaît déjà. Plusieurs observateurs décrivent un « trio central » autour de la maire : Mathieu Cahn, stratège discret mais omniprésent, Pernelle Richardot, fidèle de longue date, et Thierry Sother, qui a toutefois indiqué vouloir rester député à l’Assemblée nationale, il sera conseiller municipal mais pas membre de l’exécutif. « Le cœur du réacteur, c’est eux », résume une source désireuse de rester anonyme.

Ce sont des noms bien connus, issus de l’ère Roland Ries, qui avait pris la succession de Catherine Trautmann. Mathieu Cahn, ancien adjoint et ex-premier secrétaire fédéral du PS, est décrit comme « l’architecte de la victoire » et le « garant de la cohésion à venir ». « C’est lui qui tient la maison », résume cette même source.

À ses côtés, Pernelle Richardot incarne une fidélité ancienne également. Sous le mandat de Roland Ries, elle avait déjà exercé un poste d’adjointe sur des fonctions techniques, notamment sur le stationnement et l’éclairage public. Sa proximité avec la maire, notamment lors de leur période commune dans l’opposition ses six dernières années en fait une candidate crédible pour un poste de premier plan.

Qui sera premier adjoint

La bataille pour le poste de premier adjoint se jouerait principalement entre ces deux profils. Beaucoup donnent l’avantage à Mathieu Cahn, perçu comme capable de maintenir une discipline dans une majorité composite. « Quand il faut tenir un groupe, donner des consignes, il sait faire », glisse un observateur.

Car l’un des enjeux majeurs de ce mandat tient à la nature même de ce nouveau groupe. Elle mêle des profils très expérimentés, des anciens cadres socialistes, à des profils venus du centre droit, ou encore à des novices en politique, souvent issus de la société civile, parfois peu politisés. « Il y a des gens très peu politisés qu’il va falloir encadrer », confie un connaisseur des équilibres internes. Dans ce contexte, les postes d’adjoints de quartier, qui pourraient être renforcés, mais aussi les postes de conseillers municipaux délégués pourraient servir de leviers pour structurer et canaliser la majorité.

Chantal Cutajar, Pierre Jakubowicz, Caroline Barrière…

D’autres figures de l’époque de Roland Ries pourraient également retrouver des responsabilités. Caroline Barrière, qui pilotait les finances à l’Eurométropole, ou encore Chantal Cutajar, ex-adjointe à la démocratie participative, sont régulièrement citées pour retrouver des postes similaires. Leur présence, très visible dans l’entourage de la maire ces derniers jours, alimente les spéculations. Sont évoqués aussi des figures comme Jean-Baptiste Mathieu, ancien adjoint de quartier sous Roland Ries ou Arieh Adida, citées comme des relais efficaces. Ce dernier a par exemple créé une association contre le projet de tram nord de l’ancienne majorité écologiste.

À côté de ces profils expérimentés, la nouvelle majorité devrait intégrer des figures issues de la société civile. Mourad Oualit, coprésident du FCOSK06, est évoqué pour des dossiers liés au sport. Christelle Sturtz-Froehlicher, karatéka et marathonienne, pourrait également incarner ce renouvellement.

Signe de l’ouverture politique recherchée, des personnalités issues d’autres horizons ont également trouvé leur place sur la liste. C’est le cas de Pierre Jakubowicz, qui était candidat (Horizons) au premier tour des élections municipales, ainsi que de Rebecca Breitmann et d’Étienne Loos, aussi présents sur sa liste. Leur rôle exact dans l’exécutif reste à préciser samedi, mais en coulisses, certains affirment que Pierre Jakubowicz, qui a obtenu 5% des suffrages au premier tour, aura un poste d’adjoint.

Interrogé aux sujets des rôles de chacun, Mathieu Cahn s’est montré très prudent, mercredi 25 mars :

« On peut dire qu’il y a encore des échanges, qu’on prend le temps de la construction. Avec 45 élus majoritaires, dont beaucoup qui n’ont pas d’expérience d’élu, on prend le temps de discuter avec eux et de construire l’architecture de la municipalité. »

Une structure déjà claire dans l’opposition

Dans l’opposition, la configuration est elle très claire : 20 sièges répartis entre trois blocs, autour de l’écologiste Jeanne Barseghian (5), de l’Insoumis Florian Kobryn (5) et de Jean-Philippe Vetter, le candidat Les Républicains (10).

Un paysage politique qui prendra place dès cette première séance, même si l’essentiel du conseil sera consacré à l’installation de la nouvelle majorité. Une fois la maire élue et son exécutif désigné, les élus enchaîneront avec des points plus techniques : la présentation de la charte de l’élu local, puis la délégation des attributions de la maire, qui permettra aux adjoints et conseillers municipaux d’exercer une partie de ses pouvoirs, notamment la signature de documents.

Restera, enfin, l’inconnue du geste inaugural. En 2020, Jeanne Barseghian avait lu la déclaration d’état d’urgence climatique. Cette fois, Catherine Trautmann pourra choisir sa propre forme, ou laisser parler la composition de son équipe.

Par Eva Chibane

Publié le 27 mars 2026

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