Catherine Trautmann, lors du vote pour la présidence de l’Eurométropole.
Seule candidate après un large accord, Catherine Trautmann a été élue présidente de l’Eurométropole. Ses 18 vice-présidents et vice-présidentes ont également été élus à leur tour.
C’est la fin de ce compte-rendu réalisé en direct avec cette prise de parole ! La séance est levée. Merci de nous avoir suivi.
Un article reviendra demain matin sur les principales informations de cette journée, avec notamment le détail du profil des 18 vice-présidents et vice-présidentes autour de Catherine Trautmann et de leurs attributions, ainsi que les réactions du monde politique.
Voici l’ordre des 18 vice-présidents et vice-présidentes qui ont été élus ce matin et le nombre de voix qu’ils ont obtenues.
- Thibaud Phillips (maire d’Illkirch-Graffenstaden), président délégué, planification urbaine et prospective du territoire, 83 voix
- Catherine Graeff-Eckert (Lingolsheim), présidente déléguée, coopération internationale, suivi Eurodistrict, circulation, stationnement en ouvrage, 81 voix
- Mathieu Cahn, personnel, ressources humaines et dialogue social, 73 voix
- Caroline Barrière, budget et finances, 83 voix
- Jean-Louis Hoerlé (Bischheim), sport et équipements sportifs, 78 voix
- Pernelle Richardot, économie durable, attractivité, innovation et emploi, 76 voix
- Abdelaziz Choukri, enseignement supérieur, recherche et vie étudiante, 74 voix
- Michèle Kannengieser (La Wantzenau), eau, assainissement, ressources naturelles, 80 voix
- Jean-Michel Schaeffer (Geispolsheim), voirie, aménagement de l’espace public, 81 voix
- Chantal Cutajar, transition écologique et développement durable, santé environnementale, 73 voix
- Étienne Westphal, habitat, politique foncière et immobilière, 77 voix
- Michèle Leckler (Plobsheim), agriculture urbaine, promotion de l’agriculture biologique et de l’agroforesterie, 84 voix
- Éric Amiet (Wolfisheim), équité territoriale, mutualisation et dialogue intercommunal, funéraire, 72 voix
- Nawel Rafik-Elmrini, création du service public de l’énergie, mise en œuvre du schéma directeur de l’énergie, 86 voix
- Jean-Baptiste Mathieu, renouvellement urbain et politique de la ville, solidarités intercommunales, 74 voix
- Béatrice Bulou (Mundolsheim), propreté, réduction et valorisation des déchets, 76 voix
- Yves Sublon (Eschau), commande publique, 78 voix
- Rebecca Breitman, action culturelle, cinéma, audiovisuel et numérique, participation citoyenne et débat public, 68 voix
Catherine Trautmann réplique : « Ce n’est pas moi qui ai commencé à faire une alliance avec la droite. Madame Imbs était proche de Monsieur Wauquiez (ancien président Les Républicains de la Région Auvergne-Rhône Alpes, NDLR), que je sache. Ça ne vous a pas posé de problèmes. »
« C’est le but d’une métropole », poursuit-elle, rappelant que chaque maire a « la même légitimité ». « Aucun des groupes potentiels n’avait la majorité ».
Après ces attaques, le député PS strasbourgeois Thierry Sother vient au soutien de Catherine Trautmann et met en garde ses opposants de « ne pas rejouer les élections municipales ».
En raison de son mandat de député qui court jusqu’en 2029, sauf en cas de dissolution de l’Assemblée nationale en 2027, et de l’interdiction des cumuls, Thierry Sother, numéro 2 de la liste socialiste, n’est ni adjoint, ni vice-président pour le moment.
Catherine Trautmann clôt ce tour de parole. « On est là plus pour agir, que pour parler. »
C’est au tour de la nouvelle maire de Schiltigheim, Nathalie Jampoc-Bertrand (PS). Bien que membre du même parti que Catherine Trautmann, mais tenue à l’écart de sa majorité, elle est beaucoup moins offensive et résume sa position.
« Nous ne sommes ni dans le soutien aveugle, ni dans l’opposition systématique, mais nous serons dans l’exigence. » La friche Heineken et le tram nord font partie de ses priorités.
Les élus de la gauche schilikoise vont siéger dans un groupe séparé de 6 élus, comme l’avaient fait les 5 élus d’Illkirch-Graffenstaden lors du mandat précédent.
Au tour de Florian Kobryn, de La France insoumise : « L’usage voudrait que je vous adresse mes félicitations républicaines, débute-t-il. Cependant au regard des conséquences politiques de cette élection, je me refuse à dire ces mots. »
Il critique aussi le cumul des fonctions de maire et de présidente qui n’avait plus cours depuis 2001 : « La dernière personne en date, c’était Catherine Trautmann. »
Les insoumis devraient siéger en tant que non-inscrits et les écologistes strasbourgeois dans un groupe à part.
L’ancienne maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, prend la parole suite à l’élection avec un discours offensif. Elle regrette le cumul des fonctions de Catherine Trautmann, la disparition de la deuxième couronne dans le trio de tête, ou « l’absence du mot tram » dans la feuille de route de la majorité, menée « avec une droite dure ».
Dans l’assemblée, certains élus s’agacent ou soufflent. « Ça suffit », lance Paul Meyer selon notre journaliste sur place.
Les 18 vice-présidents et vice-présidentes ont été élus, sans difficultés et sans candidatures dissidentes.
En 18ème et dernière position, Rebecca Breitman, une rescapée Modem de la liste strasbourgeoise de Pierre Jakubowicz, a remporté 68 voix. Il s’agit de la seule élue à obtenir moins de 70 voix. C’est la maire de Plobsheim, Michèle Leckler, qui a été la « mieux élue », avec 84 voix.
En 13ème position, le maire de Wolfisheim Éric Amiet, a réuni 72 voix, ce qui en fait le vice-président le plus « mal élu » à ce stade.
Les élections successives s’enchainent sans accrocs. Jean-Louis Hoerlé, Pernelle Richardot, Michèle Kannegiesser, Abdelaziz Choukri, Jean-Michel Schaeffer. Les élus obtiennent généralement entre 75 et 80 voix.
73 voix pour Mathieu Cahn comme 3ème VP, premier adjoint de Catherine Trautmann et membre important de la coalition entre 2014-2020.
Juste après lui, une autre socialiste également aux commandes à cette période, Caroline Barrière, remporte 83 voix.
Thibaud Phillips est élu 1er vice-président avec 83 voix. Fait amusant, c’est 3 voix de plus que Catherine Trautmann.
La numéro 2 (ou plutôt la numéro 3), Catherine Graef-Eckert remporte de son côté 81 voix.
Ce scrutin est à bulletins secrets.
On passe à l’élection des 18 vice-présidents et vice-présidentes, un à une. Cela va aller beaucoup plus vite car le vote est électronique.
« J’aurai à cœur de convaincre les personnes qui se sont abstenues », indique Catherine Trautmann désormais en haut de la tribune.
Le résultat est annoncé : Catherine Trautmann est élue présidente de l’Eurométropole avec 80 voix et 27 bulletins bancs.
Le dépouillement manuel est en cours pour l’élection de Catherine Trautmann à la présidence.
Parmi les perdants de ce nouvel exécutif, on note les maires, sans étiquette, centriste ou de centre-droit, qui s’étaient alliés avec Pia Imbs et les écologistes en 2020 : Thierry Schaal, Valentin Rabot, Vincent Debes, Philippe Pfrimmer, Murielle Fabre et Cécile Delattre ne seront pas proposés par Catherine Trautmann. Pas de trace non plus de Georges Schuler, le maire de Reichstett qui faisait partie de la coalition.
Seule Béatrice Bulou, la maire de Mundolsheim étiquetée « divers gauche », fait figure de survivante du mandat passé.
Dans cet exécutif, on compte donc 9 Strasbourgeois et Strasbourgeoises, 10 sur 19 avec Catherine Trautmann et 9 maires de l’Eurométropole.
Le vote secret des 107 élus est en cours, à l’aide d’une urne physique et des bulletins de vote. Résultat, sans suspense, dans quelques minutes. Catherine Trautmann devrait obtenir entre 80 et 100 voix selon le nombre d’abstentions.
Les futures responsabilités continuent d’être détaillées : Jean-Louis Hoerlé aux Sports, Michèle Leckler, Nawel Rafik-Elmrini, Jean-Michel Schaeffer, Jean-Baptiste Mathieu, ou Béatrice Bulou qui s’occupera de la propreté de l’avenir de l’incinérateur.
Catherine Trautmann égrène les noms de son équipe : Caroline Barrière aux Finances, Mathieu Cahn aux ressources humaines et Chantal Cutajar au Plan Climat.
La distribution des 18 vice-présidences sera paritaire : 9 hommes – 9 femmes
Catherine Trautmann insiste sur le fait qu’elle garde pour elle la compétence des Transports et dit revenir de Bruxelles, où elle a eu des échanges avec les institutions européennes à ce sujet. Catherine Graef-Eckert s’occupera des routes et des parkings.
La maire de Strasbourg note qu’il n’y a pas de candidature face à la elle : « Je le prends comme un attente. » Elle parle du « Pacte de gouvernance » noué avec Catherine Graef-Eckert et Thibaud Phillipps, ses homologues de Lingolsheim et Illkirch-Graffenstaden.
La démarche qui nous a réunis est « d’abord une alliance de maire ». Elle refuse l’idée d’avoir fait une alliance avec la droite. « Nous avons de l’estime les uns pour les autres. »
Sans surprise, une seule candidature est proposée : Catherine Trautmann. Qui va faire un premier discours.
Dans ce bilan de sortie, Pia Imbs cite l’avancée de projets comme le Stade de la Meinau, le Réseau Express métropolitain, la médiathèque de Schiltigheim, la politique cyclable. Elle parle aussi du fait d’avoir eu pour la première fois une maire d’une petite commune de seconde couronne, Holtzheim, à la tête de l’Eurométropole, pour essayer de la rendre « plus juste et équitable », d’après elle.
Elle s’en va sous les applaudissements et un bouquet de fleur. « Collector », lance Jean-Louis Hoerlé après une photo côte à côte.
La présidente sortante Pia Imbs souhaite la bienvenue aux nouveaux élus avant de passer la main. « Je passe le relais mais je reste convaincue que la politique locale est la clé pour réinventer la démocratie », dit-elle à la tribune pour son dernier discours.
Les élus commencent à s’installer tranquillement dans la salle des conseils du centre administratif. La séance est ouverte par le doyen de l’assemblée, le maire de Bischheim Jean-Louis Hoerlé.
Bonjour à tous et bienvenue pour ce compte-rendu en direct de la séance d’installation du conseil de l’Eurométropole !
La séance doit débuter à partir 10h avec un discours de candidature de Catherine Trautmann, puis l’élection. Les 18 vice-présidents et vice-présidentes seront ensuite élu·es à tour de rôle. Rue89 Strasbourg suivra les prises de parole et les scrutins successifs de cette séance inaugurale.
Après la page Jeanne Barseghian qui se tourne à la Ville de Strasbourg, c’est désormais celle de Pia Imbs qui se referme à l’Eurométropole. La nouvelle mandature s’ouvre dans un contexte politique remanié. L’élection de la socialiste Catherine Trautmann à la mairie de Strasbourg rebat les cartes : la fin de l’ère écologiste se traduit par le basculement de leurs élu·es dans l’opposition, tandis que les rapports de force apparaissent beaucoup plus favorables pour les maires de droite et du centre.
Catherine Trautmann seule candidate
Jeudi 9 avril, au lendemain de la parution de notre article sur les tractations pour créer une majorité à l’Eurométropole, Catherine Trautmann a annoncé être parvenue à nouer un accord pour accéder à la présidence. À ses côtés : Thibaud Philipps, maire (Les Républicains) d’Illkirch-Graffenstaden, et Catherine Graef-Eckert, maire (divers droite) de Lingolsheim. Une configuration qui ouvre la voie à une très large majorité, dans la lignée de la coalition droite-gauche mise en place par le socialiste Robert Herrmann en 2014.
Thibaud Philipps deviendrait premier vice-président délégué et Catherine Graef-Eckert, deuxième vice-présidente déléguée. Le premier prendrait en charge les dossiers liés à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire et aux zones d’activité. La seconde s’occuperait du rayonnement, des relations européennes et transfrontalières, ainsi que du plan de circulation de l’Eurométropole. Catherine Trautmann, de son côté, conserverait les compétences liées aux transports publics. Entre eux, la maire de Strasbourg l’assure : il n’y aura pas de « hiérarchie », mais un trio de tête. Aucune autre candidature ne s’est déclarée.
18 vices-présidents et présidentes
Au-delà de la présidence, le conseil devra également élire les vice-président·es qui composeront le nouvel exécutif. Si Catherine Trautmann est élue, il y aura 18 vice-président·es, et non 20, afin de se laisser une marge d’ajustement et de « tester l’armature du bureau », explique Catherine Trautmann.
Parmi ces 18 postes, huit reviendraient au groupe de Catherine Trautmann, en plus de la présidente elle-même. Cinq seraient attribués au groupe de Catherine Graef-Eckert (dont elle-même), et quatre à celui de Thibaud Philipps (dont lui-même).
Ensemble, ils auront à trancher des enjeux majeurs : l’Eurométropole concentre les principaux leviers de l’action publique, avec un budget de plus de 1,3 milliard d’euros — contre environ 500 millions pour la Ville — et des compétences clés, des transports aux déchets, en passant par le logement, l’économie ou encore l’énergie.
Quatre grands enjeux
Les contours des priorités sont déjà posés. En premier lieu, l’économie et sa relance, jugée délaissée lors du précédent mandat. « Ça nous paraît important : il ne faut pas oublier qu’avant de distribuer, il faut créer des richesses », répète Catherine Graef-Eckert.
Le logement constitue un autre chantier majeur, dans un contexte où l’offre ne parvient pas à répondre à la demande à l’échelle de l’Eurométropole. Viennent ensuite les mobilités et la transition climatique. Sur ce dernier point, la nouvelle majorité entend marquer une inflexion. « La transition climatique doit être au cœur de nos politiques. Mais avec un principe simple : cela ne doit pas être un frein au développement », affirme Thibaud Philipps.
Plus concrètement, plusieurs annonces ont déjà été formulées. Thibaud Philipps évoque le lancement d’une révision complète du Plan local d’urbanisme, avec des évolutions attendues, notamment pour la zone d’activité du Baggersee. Catherine Graef-Eckert annonce, de son côté, l’organisation d’assises de la voirie réunissant l’ensemble des maires de l’Eurométropole. Enfin, Catherine Trautmann prévoit la tenue d’un séminaire dédié aux élu·es sur la question des transports publics.
Au moins quatre groupes à l’Eurométropole
Chacun des trois édiles de tête disposera toutefois de son propre groupe à l’Eurométropole. On sait aussi déjà que Nathalie Jampoc-Bertrand, la maire socialiste de Schiltigheim aux côtés de Danielle Dambach, ancienne maire, et d’Antoine Splet (PCF), formeront un groupe autonome, distinct des écologistes strasbourgeois. Ils seront six. Leur objectif : coopérer pour faire avancer rapidement des dossiers comme la friche Heineken ou le tram Nord.
Pour former un groupe, cinq élu·es sont nécessaires. Les écologistes strasbourgeois peuvent en constituer un, mais pas les Insoumis, car ils ne sont que trois.