Le Grand Est a connu un excès de mortalité sur la période de canicule, du 17 juin au 2 juillet. Avec 635 décès supplémentaires, elle est la deuxième région présentant le plus de morts liés à la chaleur après l’Île-de-France selon Santé publique France.
Dans un communiqué publié mercredi 22 juillet Santé publique France expose sa première estimation de l’excès de mortalité durant la canicule du 17 juin au 2 juillet. Selon une étude basée sur les données de 5 000 communes françaises, l’agence nationale détecte un surplus de 5 764 décès dans le pays. Le Grand Est fait partie des régions les plus touchées, avec 635 morts supplémentaires, soit une hausse de 38,9% par rapport à la mortalité attendue sur la période. À titre de comparaison, Santé publique France avait déjà remarqué un surplus de mortalité les années précédentes, mais moins : 389 décès liés à la chaleur sur tout l’été 2024, et 486 sur tout l’été 2023.
Pendant une canicule, des personnes meurent directement d’hyperthermie ou de déshydratation après une exposition à de trop fortes températures. Mais il ne faut pas prendre en compte que ces situations. Il y a aussi beaucoup de décès pour lesquels la chaleur provoque la mort indirectement, en aggravant d’autres symptômes cardiovasculaires, respiratoires ou rénaux par exemple. Pour estimer le nombre de morts liés à une canicule, il faut donc comparer le nombre de décès théorique sans forte chaleur sur une période donnée au nombre de décès pendant la période de chaleur.

Fortes chaleurs et population vieillissante
Cette surmortalité dans le Grand Est est importante s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les fortes chaleurs ont été particulièrement intenses. Un pic historique a été atteint le 26 juin 2026, avec 40,4 °C enregistrés à Strasbourg, dépassant pour la première fois la barre des 40 °C depuis le début des mesures de températures en 1945.

L’excès de mortalité est aussi lié à une population vieillissante. Sur ses 5,5 millions d’habitants, environ 610 000 ont 75 ans ou plus, selon l’Insee. Au niveau national, les personnes de 75 ans et plus représentent près des deux tiers des décès excédentaires (3 719 sur 5 764) enregistrés pendant la canicule.
Une surmortalité diffuse
Santé publique France constate cependant que la surmortalité touche toutes les tranches d’âge à partir de 15 ans. Une anomalie notable concerne les personnes âgées de 45 à 64 ans, avec 55,4% de décès en plus. C’est notamment dû à la précocité de la vague de chaleur, survenue pendant des périodes où les personnes travaillaient et ne prenaient pas de dispositions pour éviter les fortes températures ou mieux s’y adapter.

L’étude souligne d’ailleurs que ces décès prématurés surviennent dans tous types de lieux : à domicile, à l’hôpital, en Ehpad ou en maison de retraite.
Un bilan plus complet à la rentrée
Ces premières estimations ont été établies seulement trois semaines après la fin de la canicule. Santé publique France souligne qu’« après la période de surveillance estivale, un bilan sera réalisé pour consolider l’impact sanitaire de l’exposition de la population française hexagonale aux fortes chaleurs ». Ce bilan final s’appuiera alors sur l’ensemble des données disponibles et permettra d’évaluer plus précisément les conséquences sanitaires de cette période.