Certains échanges sur l’avenir de la place d’Ostwald ont été très tendus.
Un collectif d’habitants s’était investi avec la municipalité écologiste pour réaménager la place d’Ostwald à Montagne Verte au détriment de la circulation automobile. Mais le nouvel exécutif socialiste a expliqué lors d’une réunion publique mercredi 9 juillet que les décisions sur ce projet étaient caduques.
Plus d’une centaine d’habitants et habitantes de Montagne Verte se massent dans une salle de la mosquée Salam pour une réunion publique, en début de soirée du jeudi 9 juillet. L’objectif : débattre de l’avenir de la place d’Ostwald et de l’ensemble du quartier. Longée par la route de Schirmeck et ses 24 000 passages de véhicules par jour, la place, plutôt centrale, est surtout un lieu de transit. C’est pourquoi l’ancienne municipalité écologiste avait projeté de la rendre plus accueillante en l’agrandissant, en y installant de la verdure, des bancs ou encore un kiosque, au détriment de la circulation automobile.
Née d’une initiative citoyenne en 2022, le réaménagement de la place d’Ostwald devait bénéficier de 1,7 million d’euros d’investissement public. Les membres du collectif Transformons la place d’Ostwald, à l’origine de cette démarche, souhaitaient en faire « un cœur de vie dans le quartier, après 35 ans sans investissements publics ». Le collectif a commencé par créer un atelier « Transformons la Place d’Ostwald » dans le cadre des politiques de démocratie participative pensées par les écologistes. Il a aussi organisé une grande fête de quartier en 2023 pour mettre en avant le projet, puis formalisé un diagnostic et ses propositions en janvier 2024. Le début des travaux était annoncé pour février 2026. Mais rien n’a été lancé.
Discussions sur l’ensemble du quartier
Ce jeudi, trois élus municipaux du nouvel exécutif socialiste avaient fait le déplacement pour expliquer pourquoi ce projet était remis en question. Mourad Oualit, adjoint à la maire en charge de la Montagne Verte, Paul Meyer, adjoint en charge de l’urbanisme, et Anddry Laugier de Lajallet, adjoint en charge de l’espace public, introduisent la réunion en dressant un triste bilan la municipalité écologiste de Jeanne Barseghian.
À la surprise des participants, venus pour parler de la place d’Ostwald, des problématiques de tout le quartier sont évoquées : les entrées, les secteurs populaires, les projets immobiliers, le site Auchan-Vinci ou encore la gare du Roethig. Dans la salle, beaucoup s’impatientent. « On est venu pour parler de la place d’Ostwald ! », lance une femme.
Autres priorités
Les adjoints à la maire élargissent la thématique pour montrer que d’autres projets méritent des investissements à la Montagne Verte. « Si on dépense maintenant 1,7 million d’euros, on n’aura pas les moyens de faire autre chose, explique Mourad Oualit. Le but est de voir comment cela se passe dans les autres zones du quartier. »
Ce point de vue trouve un écho auprès d’une partie du public. Cet élargissement permet à des habitants de demander d’autres investissements dans leur quartier qu’ils jugent délaissé. Karim, habitant de la Montagne Verte depuis quarante ans, prend pour la première fois la parole dans un tel événement. « 1,7 million, c’est beaucoup pour ce projet », estime-t-il. Avant le réaménagement de la place d’Ostwald, il demande la rénovation des aires de jeux et terrains de sport : « Les enfants jouent sur du macadam. Quand ils tombent, ils s’arrachent les genoux. »
Un gout d’inachevé
Guillaume, membre du collectif Transformons la place d’Ostwald, s’inquiète devant l’assemblée :
« Il faut s’appuyer sur le travail qui a déjà été fait depuis 2023. Cela représente des centaines d’heures de travail bénévole. Ce n’est pas parfait, on peut améliorer les choses mais il ne faudrait pas abandonner l’objectif initial. »
Quelques prises de parole s’enchainent pour défendre l’investissement initial, pensé pour créer un lieu agréable et central à tout le quartier mais la réunion se termine sans décision ni promesses dans une atmosphère plutôt tendue. Les participants sont invités à remplir un formulaire sur leurs pistes de réflexion avant de partir.
Inquiet suite à la remise en cause d’un réaménagement sur lequel ses membres travaillent depuis trois ans, le collectif pour l’avenir de la place d’Ostwald a publié un communiqué dans la foulée de la réunion : « Aucune réponse claire n’a été apportée concernant le calendrier des travaux, le maintien du projet présenté en septembre 2025 ou la réaffectation des fonds déjà votés, ainsi que le déport de la voirie rue d’Ostwald pour libérer l’espace public. »
« On vient d’arriver. On veut regarder l’ensemble du quartier, avoir une vision globale qui respecte les besoins de tous les habitants, expose Paul Meyer. Si on avait voulu débrancher le projet, on l’aurait fait purement et simplement. » En d’autres termes, les travaux du collectif TPO pourraient être retenues lors d’aménagements futurs mais certainement pas l’ambition générale d’une « circulation apaisée » qui était l’objectif premier du projet pour ce secteur très passant (24000 véhicules par jour).
Cette réunion n’était de toutes façons que « le début d’une série d’autres rencontres qui auront lieu dans chacun des secteurs de la Montagne Verte », insiste l’adjoint à l’urbanisme. Le calendrier n’est pas encore connu mais ces rendez-vous devraient se poursuivre d’ici septembre. Paul Meyer et les autres adjoints espèrent ainsi rester fidèles à la doctrine de Catherine Trautmann depuis qu’elle a été élue maire : « réparer, redresser mais d’abord apaiser », comme elle l’a évoqué le 1er juillet au Club de la presse.