Le conseil municipal du 22 juin se tiendra à 15h.
Lundi 22 juin se tient le quatrième conseil municipal du mandat de Catherine Trautmann à Strasbourg. Avec 64 points à l’ordre du jour, la séance marque surtout l’arrivée des premières mesures emblématiques de la nouvelle majorité socialiste.
C’est l’une des délibérations les plus attendues du conseil municipal. Au point n°2 de la séance du lundi 22 juin, les élus voteront la réforme du stationnement payant sur voirie. Comme Rue89 Strasbourg l’écrivait vendredi, les tarifs du stationnement des résidents vont être revus à la baisse : 5, 10 ou 20 euros par mois selon les revenus des ménages contre 15, 20 ou 30 euros. Autre changement notable : le tarif maximal appliqué pour le stationnement en voirie sera réduit de moitié, passant de 35 à 17 euros.
Cette réforme permet à la nouvelle majorité de concrétiser l’un de ses engagements de campagne. Elle assume d’ailleurs le coût de cette mesure, estimant qu’elle permettra de restituer « plus de deux millions d’euros de pouvoir d’achat aux habitantes et habitants ». Durant la campagne des élections municipales, Catherine Trautmann avait régulièrement critiqué la politique de stationnement des écologistes, qu’elle jugeait trop pénalisante pour les habitants.
Des places de loisirs gratuites pour les familles les plus précaires
Autre promesse qui se concrétise : la gratuité des places vacantes en accueil de loisirs pendant les vacances scolaires pour les enfants de 3 à 11 ans issus de familles en situation de grande précarité. La mesure fera l’objet d’une communication au point n°3. Elle avait été annoncée dès les premiers conseils municipaux par Céline Geissmann, adjointe en charge de la ville éducative et des droits de l’enfant.
Le point suivant sera consacré à la présentation de deux rapports de la Chambre régionale des comptes : l’un sur le contrôle de l’accès au logement social, l’autre sur la gestion du parc des expositions. Le sujet a déjà donné lieu à de longs échanges lors du dernier conseil de l’Eurométropole. Les élus pourraient notamment revenir sur les questions liées à l’attribution des logements sociaux, même si l’essentiel du débat a déjà eu lieu il y a deux semaines.
Le bilan financier, nouvelle occasion de régler les comptes avec les écologistes
Le point n°7 concerne l’approbation du compte financier unique 2025 de la Ville de Strasbourg. Depuis son retour à l’hôtel de ville, Catherine Trautmann répète que la situation financière laissée par l’équipe précédente est plus dégradée qu’annoncée. Les écologistes rétorquent que l’endettement correspond à des investissements assumés et revendiqués.
L’examen du compte financier devrait donc alimenter une nouvelle séquence de confrontation entre l’ancienne et la nouvelle majorité. D’autant que l’audit financier commandé par la municipalité n’a toujours pas livré ses conclusions, attendues à la rentrée. En attendant, les chiffres présentés lundi permettront à chacun d’affûter ses arguments.
Une avalanche de subventions
Une large partie du conseil sera consacrée aux attributions de subventions. Les points 28 à 34 concernent notamment les associations œuvrant dans les domaines du handicap, du vieillissement, des droits des femmes, de l’éducation populaire ou encore de l’inclusion interculturelle. D’autres aides destinées aux acteurs du sport et de la culture doivent également être examinées.
Un dossier pourrait toutefois provoquer davantage de discussions : celui des structures liées à la pédagogie Steiner. Au point n°21, les élus examineront les subventions destinées aux associations gestionnaires d’établissements d’accueil de la petite enfance. Les écologistes ont prévu d’intervenir sur ce point pour évoquer le cas du jardin d’enfants Les Bons Amis et de l’École Michaël. La municipalité a décidé de mettre fin aux subventions accordés à ces deux établissements inspirés de la pédagogie Steiner. Une décision contestée par plusieurs familles, qui ont lancé une pétition et organisé une manifestation samedi 13 juin.
Pour Noahm, des motions et une demande de minute de silence
Le groupe écologiste déposera une motion à la suite de la mort de Noahm, un jeune homme tué à Metz. Associations, collectifs et soutiens ont largement médiatisé l’affaire pour prouver qu’il s’agissait d’une agression liée à son homosexualité, et le parquet a finalement ouvert une enquête pour retenir le caractère homophobe de l’agression. Le groupe des Insoumis en a aussi déposé une. Elle s’intitule « La Ville de Strasbourg honore la mémoire des victimes de LGBTQI-phobie » et demande à ce que la ville de Strasbourg s’engage à financer la création d’un monument commémoratif dédié aux victimes de LGBTQI-phobies.
En complément de cette motion, une lettre a été envoyée à Catherine Trautmann par le groupe pour lui demander la tenue d’une minute de silence en la mémoire de Noahm et de toutes les victimes de LGBTQI-phobies. De son côté, elle indique vendredi 19 juin que le groupe des socialistes a lui aussi déposé une motion. L’édile souhaite que tous les élu·es vote une motion commune travaillée en inter-groupes ce lundi.
Les écologistes veulent des garanties sur le Ring
Le groupe co-présidé par Jeanne Barseghian, l’ancienne maire écologiste, compte déposer trois textes en plus. Une résolution sur le Ring, cette liaison cyclable qui permet de contourner la Grande Île à Strasbourg. « On veut s’assurer qu’il sera terminé », explique l’ancienne maire, notamment les parcelles quai de Turckheim et rue des Glacières. Mais aussi simplement s’assurer qu’il ne sera pas remis en cause alors que la municipalité a tenu plusieurs réunions dans la semaine du 15 juin avec les habitants pour faire le point sur ce qui convient et surtout ce qui ne va pas…
Autre résolution annoncée : l’hébergement d’urgence. Les élus écologistes souhaitent réagir aux suppressions de places programmées par l’État dans le Bas-Rhin. Ces fermetures concernent les « ménages à droits incomplets », c’est-à-dire les familles étrangères dont un ou plusieurs membres ne disposent pas encore d’une situation administrative régularisée.
Le groupe demande à la municipalité de préciser sa position face à ces réductions et souhaite également obtenir des éclaircissements sur les projets d’hébergement intermédiaire évoqués ces derniers mois et prévus par les Écologistes, notamment les dispositifs de type tiny houses ou le projet d’habitat quartier de la Montagne Verte.
Maison de santé de la Laiterie : un projet sur pause ?
C’est sans doute l’un des sujets qui inquiète le plus les écologistes. La nouvelle majorité a décidé de repousser la création d’une maison de santé dans le quartier de la Laiterie, pourtant votée en février par l’Eurométropole. Le projet prévoyait la construction d’un bâtiment de 841 m² pouvant accueillir une vingtaine de professionnels de santé : médecins généralistes, orthophonistes, kinésithérapeutes, infirmières, dentistes, psychiatres, psychologues ou encore travailleurs sociaux. Son coût était estimé à 2,7 millions d’euros.
Mais le nouvel adjoint de quartier, Paul Meyer, a indiqué aux DNA préférer réfléchir à un équipement plus vaste intégrant également une salle de sport, une maison de services ou encore une mairie de quartier.
« C’est un projet qui a beaucoup été travaillé par les professionnels de santé pendant des années », souligne Jeanne Barseghian. L’ancienne maire rappelle également que la Laiterie est aujourd’hui le seul quartier strasbourgeois classé en zone d’intervention prioritaire pour l’accès aux soins. Les écologistes redoutent qu’un report du projet ne décourage les professionnels déjà engagés.
Place d’Islande : l’opposition ressort une promesse de campagne
Le groupe des centristes et des Républicains de l’opposition comptent profiter du conseil pour rappeler à Pierre Jakubowicz (Horizons), désormais adjoint à la maire, certaines de ses positions de campagne. Durant les municipales, l’ancien candidat et concurrent de Catherine Trautmann s’était opposé à la construction d’une résidence universitaire de 500 logements portée par le Crous place d’Islande. Il proposait à la place la création d’un parc dans un quartier déjà trop fortement densifié selon lui.
Or le projet de résidence étudiante est toujours d’actualité et il avance, après l’obtention d’un prêt accordé par la Banque des territoires. Nicolas Matt prévoit donc de poser une question orale afin d’interroger l’actuel adjoint à la culture sur l’évolution de sa position et sur le soutien ou non du projet, porté par l’État et soutenu à hauteur de 4 millions d’euros par l’Eurométropole. Une manière, pour l’opposition, de rappeler que les compromis de gouvernement ne résistent pas toujours aux promesses de campagne…