Le premier conseil métropolitain sous la présidence de Véronique Sarselli, où Jean-Michel Aulas et Laure Cédat ont été élus vice-président·es.
Les deux vice-présidents de la Métropole de Lyon Cœur lyonnais, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Lyon mardi 11 août. Ils contestent une décision de Véronique Sarselli (LR), présidente de la collectivité. Celle-ci avait décidé de leur retirer leurs délégations suite aux révélations concernant Roman Abreu, directeur de campagne d’Aulas, accusé de viol.
La hache de guerre n’a pas été enterrée bien longtemps. Mardi 11 août, Laure Cédat et Jean-Michel Aulas ont saisi le tribunal administratif contre la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (LR), révèle Le Progrès. Tous trois sont membres de la coalition Grand cœur lyonnais, union de la droite et du centre, créée à l’occasion des municipales et métropolitaines 2026.
L’ancienne maire de Sainte-Foy-lès-Lyon avait décidé, en juin dernier, de retirer les délégations de ses deux vice-présidents, au Rayonnement international et à la Culture. En cause : leur gestion jugée minimale, voire insuffisante, de l’affaire Abreu, du nom de l’ex-directeur de campagne de Jean-Michel Aulas.
Celui-ci est accusé de viol sous soumission chimique par une militante de Génération Aulas. Informés dès le 13 février, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat n’avaient pour autant pas écarté l’homme de la campagne des municipales.
Un cessez-le-feu de façade
Les révélations de cette affaire dans la presse, début juin, avaient ouvert un long épisode de crise au sein de Grand cœur lyonnais. Il s’était d’abord matérialisé par un accord de « mise en retrait » de trois mois signé par Jean-Michel Aulas et Laure Cédat, avec Véronique Sarselli, en juin.
Au conseil municipal, la coalition de droite et du centre a volé en éclats, mais elle a pour l’instant tenu à la Métropole. Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli s’étaient ensuite attaqués et répondu, via la presse.
Mi-juillet, des sources internes indiquaient à Rue89Lyon qu’une réunion de groupe, où Véronique Sarselli, François-Noël Buffet (LR) et Jean-Michel Aulas avaient pris la parole, aurait permis d’apaiser un peu les esprits. En façade seulement.
Des vices-président·es sans délégation
Car, les deux vice-présidents ont attendu le dernier jour réglementaire pour faire leur recours au tribunal administratif. Ils demandent l’annulation de l’arrêté pris par Véronique Sarselli qui leur retire leurs délégations, sous peine d’une amende de 500 euros par jour de retard, selon Le Progrès.
Dans le détail, les deux élu·es contestent avoir porté atteinte à « la bonne marche de l’administration métropolitaine », et affirment que rien ne les contraignait à informer Véronique Sarselli ou la justice des accusations visant Roman Abreu.
Cette attaque en justice devrait remettre de l’huile sur le feu… Bien que Laure Cédat s’en défende. Elle évoque auprès du Progrès un « recours conservatoire » pour « préserver leurs droits » au cas où leurs délégations ne leur seraient pas rendues par Véronique Sarselli dans les semaines à venir.
Sans délégations, Jean-Michel Aulas et Laure Cédat restent pour l’instant vice-président·es, car ils ont été élu·es par le conseil métropolitain. Un vote que Véronique Sarselli ne peut défaire seule. Mais, selon le Code général des collectivités territoriales, le conseil métropolitain devrait être amené à voter sur leur maintien en tant que vice-président·es, suite au retrait de leurs délégations.
