Premier conseil métropolitain sous la présidence de Véronique Sarselli, félicitée par François-Noël Buffet.
Un temps pressenti pour être le candidat de la droite à la Métropole de Lyon, François-Noël Buffet (LR) va finalement trouver un point de chute à Paris au poste de défenseur des droits. Une nomination qui irrite la gauche dans son ensemble et les associations en raison des multiples prises de positions réactionnaires du sénateur du Rhône.
On peut rater son grand oral et tout de même réussir son examen. Malgré les explications peu convaincantes de François-Noël Buffet (LR) devant les parlementaires, le Sénat (à droite) a validé ce mardi 21 juillet la candidature du sénateur du Rhône au poste de défenseur des droits.
Cette nomination, proposée par le président de la République Emmanuel Macron, a fait bondir élus de gauche et associations. En cause, les engagements passés (et réactionnaires) de l’ancien maire d’Oullins, qui a combattu la loi sur le mariage pour tous, s’est montré particulièrement frileux sur l’accueil de demandeurs d’asile dans son ancienne commune, et s’est même récemment abstenu sur la constitutionnalisation de l’IVG.
« Un crachat à la figure des personnes défendues »
Dès lors, une question se pose pour les militants associatifs et élus de gauche : comment François-Noël Buffet pourrait-il défendre des droits qu’il a participé à combattre ? « C’est un crachat à la figure des personnes défendues, s’est désolée Marie-Charlotte Garin, il n’est pas à la hauteur du poste et des enjeux. »
La députée écologiste de Lyon avait été particulièrement incisive avec l’élu rhôdanien lors de son audition à l’Assemblée nationale, le 15 juillet dernier. Elle avait mis en avant son « manque de légitimité » et la « symbolique terrible » que représenterait sa nomination pour les personnes défendues. Elle avait demandé au sénateur de se retirer, « par élégance ».
À nouveau appelé à justifier sa candidature devant le Sénat ce mardi 21 juillet, François-Noël Buffet a dénoncé « un climat polémiste puissant», tout en réaffirmant sa « volonté d’occuper cette fonction ».
Questionné sur la réalité des contrôles au faciès, sur lesquels l’institution qu’il va diriger a publié de nombreuses études très critiques, l’élu rhôdanien a botté en touche. « Il faut dire que les services de police font le boulot comme il faut pour la majorité. C’est le corps [de métier] le plus contrôlé. Il y a des cas particuliers possibles et là, il faut réagir », a-t-il répondu, cité par Mediapart.
Boris Tavernier tance une « inaptitude » à être défenseur des droits
Un discours flou qui n’a pas (du tout) rassuré les élus de gauche lyonnais. Marie-Charlotte Garin voit dans la nomination polémique de François-Noël Buffet un énième exemple de la « République de copains » incarnée par la macronie. Mais elle craint surtout un affaiblissement d’institutions « qui sont autant de garde-fous et de contre-pouvoirs ».
Député écologiste de la 2e circonscription du Rhône, Boris Tavernier va même plus loin : « Tout, dans son parcours politique, depuis son opposition à l’IVG et au mariage pour tous, jusqu’à son audition publique pathétique de la semaine dernière, crie son inaptitude à exercer cette fonction. »
« Il incarne sa fonction (de sénateur, ndlr) de façon républicaine, tente de nuancer Marie-Charlotte Garin. Il nous a assuré qu’il était prêt à défendre les droits existants. Mais à l’heure où les droits humains sont de plus en plus menacés, on ne peut pas se satisfaire d’un statu-quo. »
Lors des différentes auditions du sénateur, les socialistes sont également violemment montés au créneau, preuve que la nomination de François-Noël Buffet émeut toutes les nuances de gauche. Une pétition contre sa prise de poste avait rassemblé 150 000 signatures.
De son côté, la Métropole de Lyon, dirigée par Véronique Sarselli (LR), a félicité cette nomination de l’ancien maire d’Oullins, par ailleurs conseiller métropolitain. « Il apportera son expérience et son intégrité pour protéger les droits et libertés de l’ensemble des citoyens », a-t-elle réagi par communiqué.
