Environ 80 jeunes exilés, en recours pour être reconnus mineurs, ont pu passer la nuit au chaud dans l’église Saint-Polycarpe (Lyon 1er). ©MA/Rue89Lyon
De jeunes étrangers qui dormaient dans l’église Saint-Polycarpe (Lyon 1ᵉʳ) vont devoir retourner à la rue. La plupart sont en recours pour être reconnus mineurs isolés. Le collectif Soutiens/migrants Croix-Rousse interpelle la Métropole de Lyon, dirigée par Grand Cœur Lyonnais (union droite/centre), qui avait promis de les reloger lors de la campagne électorale.
Depuis près de cinq mois, depuis novembre 2025, la nef de l’église Saint-Polycarpe (Lyon 1ᵉʳ) se transformait en dortoir improvisé. De jeunes hommes étrangers et isolés, en recours devant le juge pour être reconnus mineurs, y avaient trouvé refuge durant les mois froids de l’hiver. Les paroissiens et le diocèse de Lyon avaient accepté cette occupation avec bienveillance, jusqu’à la décision de fermeture du lieu vendredi 24 avril.
Dans la matinée, la trentaine de mineurs qui y dormait a dû vider l’église. « C’était un vrai lieu de répit pour le soir ou quand il pleut, un lieu où ils étaient en sécurité », résume Anna (prénom modifié), membre du collectif Soutiens/migrants Croix-Rousse. « Certains vont dormir dehors pour la première fois et ce qui les fait flipper c’est l’insécurité de la rue », ajoute-t-elle.
La plupart d’entre eux devrait rejoindre le campement des Chartreux (Lyon 4e), constitué depuis janvier 2025. Environ 150 jeunes y survivent dans des conditions de vie plus que précaires, eux aussi en recours pour être reconnus mineurs et pris en charge par la protection de l’enfance. Mi-2025, le camp a même compté près de 280 personnes.
Vers une prise en charge des mineurs isolés par la Métropole de Lyon ?
« Nous espérons vivement des solutions dans les plus brefs délais au vu de l’état de santé (physique et mentale) particulièrement inquiétant de ces jeunes mineurs abandonnés depuis plus d’un an », écrit le collectif Soutiens/migrants Croix-Rousse dans un communiqué. Ses membres ont notamment sollicité la Métropole de Lyon, compétente en matière de protection de l’enfance.
Depuis mars 2026, une majorité de droite et de centre, menée par Véronique Sarselli (LR), a succédé aux Écologistes à la tête de la collectivité. Durant la campagne des municipales, les équipes de Grand Cœur lyonnais avaient promis de loger tous les mineurs dormant à la rue, notamment ceux dormant au campement des Chartreux.
« Cela se fera en collaboration avec les services de l’État, les territoires voisins et le secteur privé pour créer ces places d’hébergement d’urgence », avait affirmé Éric Lafond, aujourd’hui conseiller métropolitain, lors d’un débat organisé par le collectif le 9 mars. Il avait suggéré que des lieux vacants seraient susceptibles de devenir des lieux d’hébergement, comme l’hôpital des armées Desgenettes (Lyon 3ᵉ).
Une rencontre entre le collectif et les vice-présidentes Claire Pouzin (Logement) et Nathalie Frier (Protection de l’enfance) a eu lieu lundi 20 avril. « Elles se sont engagées à revenir vers nous mi-mai avec des propositions », affirme Anna du collectif Soutiens/migrants Croix-Rousse. Contactée, la Métropole de Lyon confirme la tenue du rendez-vous mais ne souhaite pas s’exprimer pour le moment sur la question, évoquant un « sujet complexe », alors que les feuilles de route sont encore à définir pour chaque délégation.
