Faute de garanties, la DNCG, le gendarme financier du foot français, a rétrogradé en Régionale les Girondins de Bordeaux ce mardi 30 juin. Le club va faire appel et tente de réunir les 9 millions d’euros réclamés par l’instance pour disputer le championnat de National.
La décision, radicale, fait mal. A l’issue de son audition devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le FC Girondins de Bordeaux a été exclu de toutes les compétitions nationales pour la saison 2026-2027. Il sera ainsi relégué en Régional 1 de la Ligue de Football Nouvelle-Aquitaine ; une décision qui plonge un peu plus dans l’incertitude un club déjà fragilisé par plusieurs années de crise sportive, financière et institutionnelle.
Dans un communiqué publié ce mardi 30 juin, les Girondins indiquent avoir pris acte de la décision et annoncent leur intention de faire appel.
« Cette procédure d’appel permettra au FC Girondins de Bordeaux de finaliser le financement de la saison 2026-2027 et de présenter l’ensemble des éléments actualisés devant la commission d’appel », précise le club.
Il manque 9 millions d’euros
Cette exclusion constitue une nouvelle étape dans le long feuilleton financier qui accompagne les Girondins depuis plusieurs saisons. Relégués sportivement en Ligue 2, puis administrativement aux étages inférieurs, le club vit sous la surveillance étroite de la DNCG depuis des années.
Il y a deux ans déjà, Bordeaux avait dû renoncer à son statut professionnel et repartir en National 2 après avoir été confronté à des difficultés financières majeures. Depuis, la direction cherche à stabiliser les comptes tout en préparant une reprise capitalistique susceptible d’assurer l’avenir du club.
Selon les informations de Sud Ouest, le président et actionnaire Gérard Lopez, le directeur général Arnaud Saint-André, le vice-président Guy Cotret, et Gilles Frétigné pour le fonds d’investissement anglais Sparta Capita, candidat à une entrée au capital du club, ont tenté ce mardi matin de convaincre l’instance de contrôle. Ils avaient notamment demandé un délai supplémentaire jusqu’au 6 juillet pour finaliser certaines garanties financières. Une requête rejetée par la commission.
La DNCG attend aujourd’hui un apport immédiat de 9 millions d’euros. Cette somme doit permettre de couvrir plusieurs besoins : un déficit prévisionnel de 3,5 millions d’euros pour la saison à venir, une échéance de dette du même montant prévue en juin 2027, ainsi que le règlement des dernières factures de l’exercice 2025-2026.
Un repreneur pas convaincant
Au cœur du dossier figure toujours l’engagement éventuel de Sparta Capital, qui négocie depuis plusieurs mois une prise de contrôle majoritaire du club. L’opération n’étant pas finalisée, une solution intermédiaire est désormais envisagée : l’octroi d’un prêt de 10 millions d’euros à Gérard Lopez. L’argent serait ensuite placé sur un compte séquestre ou injecté dans les comptes du club afin de satisfaire aux exigences de la DNCG.
Mais plusieurs inconnues demeurent. Sparta Capital n’a pas eu l’accord de Bordeaux Métropole concernant les conditions d’occupation du stade Atlantique. Parmi les sujets évoqués figureraient un étalement d’une partie du loyer ainsi qu’un droit de priorité sur une éventuelle acquisition future du stade. Des éléments qui pourraient peser dans la décision finale du fonds d’investissement.
Pour les Girondins, l’enjeu dépasse largement le cadre administratif. Une exclusion des compétitions nationales remettrait en cause la saison sportive à venir, fragiliserait encore davantage les recettes liées aux partenaires, aux abonnements et à la billetterie, et compliquerait les efforts engagés pour reconstruire la crédibilité du club auprès des investisseurs. Au mieux, le club espère se maintenir en championnat National 2, qui deviendra National 1 avec l’application de la nouvelle dénomination pour la saison prochaine.
