Publié le 07 septembre 2026

5 min

Le RN veut interdire le voile… oui, mais Mélenchon a « changé » d’avis sur le sujet

#Racisme #Économie #Médias

Au cœur de cette semaine quasi mono-thématique sur le voile et la volonté du Rassemblement national d'interdire aux femmes de le porter dans l'espace public, un sous-sujet s'est imposé sur les plateaux : l'évolution de la position du leader insoumis. Un non-événement, pourtant.

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Montage : Maxime Sirvins

Énième séquence médiatique dictée par l’agenda politique islamophobe de l’extrême droite. Au cœur de cette semaine quasi mono-thématique sur le voile et la volonté du Rassemblement national d’interdire aux femmes de le porter dans l’espace public, un sous-sujet s’est imposé : l’évolution de la position d’un certain Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.

« Port du voile : Jean-Luc Mélenchon qualifie d’“erreur terrible” son opposition par le passé » (Le Monde) ; « “Une erreur terrible” : comment Jean-Luc Mélenchon a changé de position sur le port du voile » (RTL) ; « Voile islamique : “J’ai été convaincu, j’ai changé d’avis”, admet Jean-Luc Mélenchon » (20 Minutes) ; « “Une grave erreur” : comment Jean-Luc Mélenchon a “changé d’avis” en 15 ans sur le voile islamique » (Marianne) ; « Le spectaculaire mea culpa de Mélenchon » (BFM).

Certes, l’insoumis n’avait peut-être jamais parlé d’« erreur terrible » pour parler de son évolution. Mais cette dernière n’est pas une nouveauté.

Des dizaines d’articles tirés ou inspirés d’une dépêche AFP titrée « Voile islamique : Mélenchon reconnaît avoir « changé d’avis » au fil des années » suite à une prise de parole de Jean-Luc Mélenchon auprès des militants insoumis, et retransmise sur Internet. Au cœur de ce discours d’une heure quarante, le candidat insoumis est revenu sur la polémique islamophobe de la semaine, et a déclaré : « Écoutez-moi, je vais pas faire le malin, il y a vingt ans aussi j’étais pas d’accord avec cette histoire de voile. J’avais pas compris. Mais que fait une personne sensée au bout d’un moment ? Bah vous parlez, j’ai rencontré des femmes qui portaient le voile ou des femmes très croyantes et qui ne portaient pas le voile et des femmes qui n’étaient pas croyantes mais qui disaient chacun fait comme il veut », lance le leader insoumis avant d’expliquer qu’au « terme de la discussion », il a « été convaincu » et a « changé d’avis » : « Je me suis dit j’ai fait une erreur terrible. » Concluant : « Quand j’étais jeune homme, j’étais un bouffeur de curé. Et j’aime mieux vous dire que je donnais pas dans la délicatesse, hein. »

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Certes, l’insoumis n’avait peut-être jamais parlé d’« erreur terrible » pour parler de cette évolution. Mais cette dernière n’est pas une nouveauté et Jean-Luc Mélenchon a déjà été interrogé des dizaines de fois sur le sujet. Lors de la dernière présidentielle, en 2022, il martelait déjà : « On va pas se donner le ridicule de faire une police du vêtement à l’inverse de l’Iran » face à Apolline de Malherbe sur BFM.

Serpent de mer

Un peu plus tôt, en février 2021, toujours pendant cette campagne présidentielle, il avait été interrogé sur le sujet dans « Balance ton post » (et oui) et avait reconnu avoir été « très choqué » lorsqu’il était arrivé en France, de voir des femmes voilées, « parce que j’étais pas d’accord ». Ajoutant un élément (qui a peut-être davantage évolué depuis également) : « Je dis que sur le plan personnel, je suis toujours pas d’accord, mais je ne prends pas mes désirs ou mes émotions personnelles pour la loi ».

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À l’époque, l’insoumis était déjà revenu sur son évolution sur le sujet et son manque de compréhension, passé : « Faut vous rendre compte d’une chose : à quel point ça peut être blessant – mais moi, je ne m’en rendais pas compte, avait-il déclaré devant Cyril Hanouna (acquiesçant), à quel point ça peut être blessant pour une jeune femme qui porte son foulard pour ses raisons à elle, religieuses, de s’entendre dire qu’elle est une pauvre bourrique soumise à un homme. » Insistant : « Ce qui compte, c’est pas ce qu’elles ont sur la tête, c’est ce qu’elles ont dans la tête. »

En 2022 déjà, Marine Le Pen brandissait des propos dénaturés de Jean-Luc Mélenchon datant de 2010.

Bref, Mélenchon s’est (déjà) exprimé en long en large et en travers sur le sujet. Ressortir ses positions laïcardes à propos du voile est un serpent de mer de ses opposants politiques. En 2022, Marine Le Pen portait déjà sa volonté d’interdire le voile et brandissait des propos dénaturés de Jean-Luc Mélenchon datant de 2010, et faisant l’objet de vérifications de la part de France Inter

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Taper sur LFI

Rien de nouveau, donc, sous le soleil. Mais cette exhumation a un intérêt politique : elle permet de taper une nouvelle fois sur LFI et de fustiger le prétendu « racolage électoral » (Robert Ménard sur CNews) du candidat. « Jean-Luc Mélenchon a changé d’avis pour aller capter un électorat » a également rabâché Pascal Praud dans « L’heure des pros ». Sur Europe 1, Eugénie Bastié évoque elle aussi un « multiculturalisme communautariste assumé dicté par une stratégie électorale dictée par la jeunesse et les descendants d’immigrés ». Quant à Mathieu Bock-Côté, il voit en Jean-Luc Mélenchon « l’héritier d’une tradition révolutionnaire qui veut détruire la France historique et faire le grand vide ». 

Ce que nous voyons, nous, dans cet ultime emballement monté en épingle à partir d’une déclaration relativement anodine qui n’apporte aucune nouvelle information : le signe que l’année va être (très) longue.

Par Élodie Safaris

Publié le 07 septembre 2026

Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Virgil Bauchaud 

"Il a posé le canon d’un fusil de chasse entre mes deux yeux pendant que j’étais en train d’allaiter ma fille de deux mois". Alors que la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles est arrivée ce lundi 7 septembre à l’Assemblée, des rassemblements ont eu lieu partout en France pour soutenir son adoption. Rue89 Strasbourg est parti à la rencontre de manifestantes pour partager leurs vécus.

 

En Allemagne, la victoire du parti xénophobe de l’AfD ce week-end rappelle à quel point l’extrême-droite s’implante en Europe. Politis dresse un constat des démonstrations de force des différents partis du continent... à l’image de la théâtrale mise en scène de Jordan Bardella avec Nigel Farage pour signer un accord sur le rapatriement en France des exilé·es arrivant au Royaume-Uni.

#Communs

Stress, précarité et drogues : le cocktail étudiant toulousain invisibilisé

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