Publié le 28 septembre 2026

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7 min

Sénatoriales : face à la percée de l’extrême droite, les gauches perdent quelques plumes

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Les socialistes restent le deuxième groupe, les écolos en conservent un, les communistes font réélire leurs sortants et les insoumis entrent enfin au Sénat. À gauche, rien n’a changé. Ou presque.

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La révolution attendra. Dans les couloirs feutrés du palais du Luxembourg, les gauches ont sorti leurs calculettes. Car pour ces sénatoriales, elles jouaient gros. Les socialistes en premier lieu. Ils pouvaient perdre leur statut de deuxième groupe de cette chambre. Le cauchemar n’a pas eu lieu. Leurs quelques victoires dans le Doubs ou l’Hérault compensent leurs défaites dans la Creuse, la Drôme ou le Vaucluse. Dans l’Aude, ils réussissent même à conserver leur siège dans ce territoire de conquête pour l’extrême droite. En bref, les roses assurent l’essentiel.

Malgré la percée historique des marinistes et la stabilisation des groupes de droite, les socialistes résistent. Avec plus de 60 membres, ils pourront toujours saisir le Conseil constitutionnel sans l’aide d’autres parlementaires. Le pari de Patrick Kanner, patron du groupe depuis plus de huit ans, est réussi. Le sénateur du Nord n’est pas affaibli par ces sénatoriales. Mais en coulisses, certains se verraient bien prendre sa place. L’intéressé se nomme Rachid Temal. « Ce n’est pas le sujet », balaie-t-il aujourd’hui.

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« Il voulait être candidat deux fois, en 2020 et en 2023. Il faut qu’il aille jusqu’au bout », assumait, sûr de lui, Patrick Kanner il y a quelques jours. L’un de ses soutiens notait d’ailleurs le rapprochement « curieux » de Temal, réputé proche de François Hollande, avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS). Selon cette même source, le sénateur du Val-d’Oise ferait campagne en sous-marin depuis des semaines : « Il essaie de battre Patrick Kanner en allant chercher des voix chez les partisans d’Olivier Faure. Et il lui a renvoyé l’ascenseur. »

En effet, le premier secrétaire des roses a proposé son nom pour présider la commission d’organisation de la primaire des sociaux-démocrates. En vain. Patrick Mennucci, ancien député des Bouches-du-Rhône, a été choisi. En clair, la guerre est ouverte au sein du groupe. Le vote aura lieu le 30 septembre.

Les écolos perdent des sièges

De leur côté, les communistes s’en tirent bien. Leurs quatre sièges sont renouvelés. Malgré quelques scrutins compliqués, notamment dans les Côtes-d’Armor. « Il y avait des risques de perte. Mais l’implantation de nos sénateurs leur a permis de déjouer les pronostics », se félicite Ian Brossat, sénateur de Paris et directeur de campagne de Fabien Roussel. Mais les communistes savaient bien qu’ils allaient conserver leur groupe.

Pour les écolos, c’était une autre paire de manches. Ils perdent d’ailleurs quatre parlementaires et n’arrivent pas à gagner ailleurs. En Seine-Maritime, la liste d’alliance entre le PS et les Verts, qui a bien failli valser dans le dernier quart d’heure de la campagne, n’a pas recueilli assez de voix et l’écolo Bénédicte Martin n’accèdera pas au palais du Luxembourg. Mais ils peuvent quand même respirer. Ils auront toujours un groupe. Et Mélanie Vogel, seule candidate à la présidence des sénateurs verts, garde son siège.

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Son élection était pourtant sous tension. La raison de la discorde ? Un bras de fer avec les insoumis. Les Verts avaient proposé la troisième place d’une liste unitaire aux mélenchonistes et à leur candidate, Martha Peciña. Offre refusée par les insoumis qui ne souhaitaient pas faire campagne dans une liste comportant le moindre socialiste. Car dans leur proposition, les écolos comptaient offrir la deuxième place à un rose. Résultat des courses : les gauches ont présenté trois listes. Le socialiste sortant Yan Chantrel a été réélu, tout comme Mélanie Vogel. Mais la mélenchoniste, Martha Peciña, a échoué. À trois voix près. Malgré le vote de quelques grands électeurs écolos.

Ils ont mis des listes partout dans une logique de nuisance. C’est un parti d’extrême gauche et j’ai toujours combattu l’extrême gauche.

P. Kanner

Les insoumis enragent. Mais ils peuvent vite se consoler. Dans le Rhône, Gabriel Amard, député et gendre de Jean-Luc Mélenchon, arrache un siège. Une victoire quasi inespérée. Les mélenchonistes entrent au Sénat, cette institution qu’ils rêvent pourtant de supprimer. Les roses voient rouge. « Ils ont mis des listes partout dans une logique de nuisance, rappelle Patrick Kanner. C’est un parti d’extrême gauche et j’ai toujours combattu l’extrême gauche. »

Revanche

Le patron des sénateurs roses peut grincer des dents. Dans la Creuse, le maintien du candidat insoumis fait perdre un siège au PS. Et dans le Rhône, l’élection d’Hélène Geoffroy, ex-ministre de François Hollande et ancienne maire de Vaulx-en-Velin, n’a pas eu lieu. La faute, selon lui, au score de Gabriel Amard et à la petite d’un autre homme, Bruno Bernard.

L’ancien président de la métropole lyonnaise, réputé fin stratège, a décidé de présenter une liste en dépit de l’accord conclu entre son parti et les socialistes. L’intéressé se souvient bien qu’Hélène Geoffroy a fait capoter l’accord technique entre les gauches en mars dernier. Ce qui lui a fait perdre son poste à la tête de la métropole. S’il n’accède pas au Sénat, sa revanche est désormais prise car Geoffroy ne mettra pas un pied dans le palais du Luxembourg.

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Les socialistes sont moins diserts lorsqu’il s’agit d’évoquer le cas du Bas-Rhin. Car leur candidate, Pernelle Richardot, a battu l’écolo sortant Jacques Fernique. Cette adjointe de Catherine Trautmann à Strasbourg menait une liste avec des élus de droite : la place de numéro deux était occupée par Olivier Sohler, investi par l’UDI aux législatives de 2022, et celle de numéro par Laurence Jost Lienhard, maire Horizons de la petite commune de Bosselshausen.

Pas de trêve à gauche

Hasard de la situation : les roses peuvent paradoxalement se réconforter de l’élection de Gabriel Amard. Car le suppléant à l’Assemblée nationale du gendre de Jean-Luc Mélenchon s’appelle Melouka Hadj-Mimoune, adjointe de Cédric van Styvendael, maire de Villeurbanne. Et cette dernière est… socialiste. Elle devrait donc logiquement siéger avec les roses au palais Bourbon.

Si on a des élus qui se revendiquent de La France insoumise, ils n’ont pas la place dans le groupe écologiste.

Y. Jadot

Peu importe pour les mélenchonistes. Leur soirée est réussie. Ils se vantent même d’avoir gagné en Haute-Garonne. Marc Péré, maire de la petite ville de L’Union, débarquera dans la Chambre haute. Il menait une liste d’union mêlant insoumis, écolos et Génération.s. Le nouvel élu intégrera l’intergroupe parlementaire insoumis mais il devrait siéger au sein du groupe écologiste au Sénat.

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Ce que ne souhaite pas Yannick Jadot, sénateur écolo de Paris et soutien de Raphaël Glucksmann pour la présidentielle : « Si on a des élus qui se revendiquent de La France insoumise, ils n’ont pas la place dans le groupe écologiste. » La menace est claire. Chez les Verts, la question sera discutée en réunion de groupe ce mardi. Tout comme celle de l’adhésion de Gabriel Amard dans leur groupe. Ce scénario est envisagé depuis plusieurs mois. Mais son intégration chez les Verts est loin d’être acquise. À gauche, la trêve n’est toujours pas signée.

Par Lucas Sarafian•

Publié le 28 septembre 2026

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De son côté, Rue89Lyon s’arrête à l’autre bout de l’échiquier politique et raconte la surprise Gabriel Amard. L’insoumis déjoue les pronostics et permet au parti de Jean-Luc Mélenchon d’entrer au Sénat.

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Publié le 28/09/2026 à 11:40

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