Publié le 06 octobre 2026

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21 min

Au cœur de la mobilisation lycéenne du 6 octobre

#Communs

Cette journée était attendue comme un moment clé de la mobilisation lycéenne, qui dure depuis plusieurs semaines, marquées par de nombreux blocages d'établissements, des revendications fortes des étudiants et une répression policière féroce. Retrouvez le live de Politis d'Orléans à Limoges, en passant par Toulouse et l'Île-de-France.

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À Orléans, le 6 octobre 2026.


Fin du direct de Politis

Notre direct de cette journée se termine avec la fin de la manifestation à Paris, merci de l’avoir suivi. Retrouvez plus tard sur notre site un article sur cette journée de mobilisation, et demain, 7 octobre, un grand dossier sur la mobilisation lycéenne et la répression étatique, avec notamment cet article déjà disponible sur la mobilisation de la jeunesse à Mayotte.


Paris, 17 h 48, fin de manifestation

Arrivée des derniers manifestants à la place de la Nation qui entonnent la Marseillaise. Sous les gaz lacrymogènes, les forces de l’ordre procèdent à des charges régulières et à des arrestations, un grand classique des fins de manifestations dans la capitale.

(Photo : Céline Martelet.)

Paris, 17 h 35 : « On est venues soutenir les lycées »

Alors qu’une partie du cortège est toujours bloqué avant Nation, gazé régulièrement, trois jeunes femmes se filment à 150 mètres de l’arrivée. « En mode influenceuse de manifs », disent-elles. Elles montrent leur pancartes et les CRS qui bloquent les rues adjacentes. Elles sont venues de Villetanneuse où elles étudient en master. « On est venues soutenir les lycées qui aujourd’hui font un travail formidable et se font violenter massivement », explique l’une des étudiantes, 21 ans. « C’est important de se mobiliser à quelques mois des élections. » Dans leur fac, elles voient différence avec les facs intra-muros, « les portes des toilettes qui ferment pas, le Crous qui est moins bien ». Comme d’autres étudiants elles dénoncent l’augmentation des frais pour les étudiants étrangers, qui pourrait bientôt concerner les étudiants de l’Union européenne en master.


Paris, 17 h

Les sapeurs-pompiers de Paris interviennent dans le cortège pour aller chercher un blessé. Ils sont applaudis par les manifestants, qui leur ouvrent le passage. Les forces de l’ordre sont à quelques mètres et continuent à lancer des gaz lacrymogènes.

(Photos: Céline Martelet.)

Paris, place de la Nation, 16 h 20 : des étudiants obligés de se réfugier

Notre journaliste Céline Martelet nous indique : « Les cours des immeubles voisins de place de Nation ont été ouvertes. Des dizaines d’étudiants de lycées viennent se faire soigner après avoir été brûlés par des palets de gaz lacrymogènes ou parce qu’ils s’étouffent à cause des gaz lacrymogènes. Des street médics volontaires les prennent en charge. Un palet a atterri dans le sac d’une étudiante. Elle a été brûlée au dos. »


Assemblée nationale, 16 h

Suspension des cours en fin de semaine pour « un temps de démocratie interne » selon Sébastien Lecornu.


Paris, 16 h : « Jusqu’à la victoire ! »

(Photo : Céline Martelet.)

À Mayotte, « les jeunes ne demandent pas plus de moyens, ils demandent simplement des moyens »

Notre reportage à lire, ci-dessous.

Sur le même sujet : À Mayotte, des lycéens à cran, un système scolaire à bout

Assemblée nationale, 15 h 30 : Laurent Nuñez, « toujours avec proportionnalité »

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’exprime sur les violences policières et les mutilations des plus jeunes survenues ces derniers jours.  « Quand il y a des violences, des dégradations et des atteintes au personnel enseignant, (je) demande des interventions, mais toujours avec proportionnalité. » Il poursuit : « Et quand il y a des blessures, l’Inspection générale de la police est saisie, qui enquête et vérifie la proportionnalité de l’action. » 


Marine Tondelier : « J’ai appelé à la démission du ministre de l’Intérieur »

🔴⚡️ "J'ai appelé, hier, à la démission du ministre de l'Intérieur (…) S'il n'est pas capable de comprendre ce qu'il se passe, il doit démissionner", assure la candidate des Écologistes à la présidentielle, Marine Tondelier. #canal16 pic.twitter.com/3oOfzBOnzm

— franceinfo (@franceinfo) October 6, 2026

Jean-Luc Mélenchon : « Le plus puissant mouvement de jeunesse depuis cinquante ans »

🔴 EN DIRECT – @JLMelenchon aux lycéens et étudiants : « Soyez prudents. C’est une chose incroyable que vous êtes en train de faire là. C’est le plus puissant mouvement de jeunesse qu’on ait vu depuis cinquante ans. » pic.twitter.com/7ruKG25fqF

— Mélenchon 2027 ! 🇫🇷 (@lunionpopulaire) October 6, 2026

Paris, 15 h 30 : le cortège stoppé place de la Nation

Le cortège parisien est stoppé à l’arrivée place de la Nation, avec les premiers jets de gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. En face, des jets de pierres et de bouteilles sur des groupes de policiers.

(Photo : Céline Martelet.)

Paris, 15 h : des casques blancs pour protéger la manifestation

Les « casques blancs » venus protéger les manifestants tentent de s’interposer devant les forces de l’ordre. Ici, avec les députés Pouria Amirshahi et Alexis Corbière et les comédiennes Ariane Ascaride et Judith Godrèche.

(Photo : Céline Martelet.)

Montpellier, 14 h 45 : le cortège en route vers le rectorat

Mobilisation lycéenne 6 octobre 2026 Montpellier
(Photo : DR.)

Paris, 14 h : « Macron, démission ! »

À Paris, le cortège est déjà parti de la place de la République. Les lycéens et les étudiants se sont lancé avant les organisations syndicales. Ils avancent très vite vers la place de la Nation, aux cris de « Macron démission » et « La jeunesse emmerde le Front National ».

(Photo : Céline Martelet.)

Paris, 14 h : « On ne va pas s’arrêter là »

Dans le cortège de tête à Paris, prêt à partir Ryad Rani, le président de l’Union syndicale lycéenne. « On ne va pas s’arrêter là. Les vacances qui arrivent, La fermeture des lycées ne vont rien changer. Il est temps qu’on nous écoute. »

(Photo : Céline Martelet.)

Stéphane Troussel, président PS du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis : « On a une école en France qui est de plus en plus à deux vitesses »

« J’étais devant le lycée Germaine-Tillion du Bourget ce matin. Les élèves ont l’impression réelle d’être traité différemment des lycées des centres urbains ou du centre de Paris. On a une école en France qui est de plus en plus à deux vitesses, alors même que notre pays s’est construit autour de notre école comme le pilier de la promesse républicaine. Pour la gauche, quand des jeunes se mobilisent sur des mots d’ordre et des ambitions politiques qui relèvent de l’ADN de la gauche, on doit être à leur côté. Ce matin, ils m’ont parlé de discriminations territoriales, d’injustices, ils m’ont fait la liste des postes d’infirmières et de médecins scolaires qui n’étaient pas pourvus. Je préfère que cette jeunesse soit mobilisée sur des mots d’ordre comme ceux-là que sur les discours réactionnaires et racistes que l’on nous rabache en permanence. »


Toulouse, 13 h 45 : la police fait des siennes

À Toulouse, dans le quartier Saint-Cyprien, la police haute-garonnaise ne perd pas ses mauvaises habitudes, en menant des charges contre les manifestant.es et opèrent des nasses. Un grand classique des forces de l’ordre du coin.


Paris, 13 heures : « Le seul voile qui dérange c’est celui devant vos yeux »

JS et Tania sont étudiantes à l’Inalco. Sur leur pancarte, elles écrivent : « Le seul voile qui dérange c’est celui devant vos yeux ».

(Phoro : Céline Martelet.)

Sur la place de République à Paris, le mouvement des Jeunes communistes de France distribue des bouteilles d’eau et des croque-monsieur aux lycéen.nes. 200 sandwichs ont été préparés en urgence, sans porc ou vegans.

(Photo : Céline Martelet.)

Montreuil, 13 heures : « La mobilisation ne doit pas s’éteindre, mais au contraire s’intensifier »

(Photo : DR.)

À Montreuil, une assemblée générale appelée par l’intersyndicale, la Fédération des conseils de parents d’élèves, la FO et la CGT s’est tenue ce matin à 11 heures, en lien avec la mairie et le député Alexis Corbière. Un départ commun pour la manifestation est prévue à 13 h 30, devant la mairie de Montreuil. Pour Mouna Benamar, élue d’opposition à Montreuil et présente lors de l’AG, « la mobilisation ne doit pas s’éteindre, mais au contraire s’intensifier ». Elle s’interroge toutefois sur le rôle de ce type d’assemblée. « Parfois, ce genre d’AG avec l’intersyndicale et les parents d’élèves peut, peut-être, contribuer à éteindre la mobilisation, les revendications et la radicalité qui existent dans les mouvements. » Sur le parvis de la mairie, certain.e.s commencent déjà à arriver, en attendant le départ groupé vers la manifestation prévue à République cet après-midi.


Manifestation à Paris, à 14 heures

Le cortège parisien s’élancera de la place de la République à Paris, pour rejoindre celle de la Nation. Y convergeront nombre de mobilisations franciliennes, comme celles venues du Val-de-Marne : le mouvement lycéen est né à Créteil.


Orléans, 12 h 30 : « RN, casse-toi ! »

Guillaume Boutard (assis au centre), candidat investi par le RN et l’UDR à Fleury-les-Aubrais près d’Orléans et perdant lors des municipales est présent. Accusé d’être venu « pour provoquer », il est hué par la foule qui scande « RN casse-toi ! »

(Photo : Louis Witter.)

Orléans, 12 h 30, fin de la manifestation

Tristan, 17 ans en prépa : « Je ne suis pas vraiment un soutien politique de Sylvain Durif », dit l’étudiant en riant, « mais il a dit qu’il soutenait le mouvement lycéen alors je suis venu avec cette pancarte que j’ai dessinée. Mais… c’est plus pour la vanne, quand même. »

Sylvain Pierre Durif, figure d’Internet et autoproclamé « Christ cosmique », a annoncé sur les réseaux vouloir se lancer dans la campagne présidentielle il y a quelques mois.


L’inquiétude de la CNCDH

Selon l’AFP, la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) fait part de sa « vive inquiétude » face au « recours disproportionné à la force » contre les lycéens mobilisés.


Bally Bagayoko, sur RTL : « Oui je suis inquiet »

Oui je suis inquiet. Le gouvernement a attendu l’embrasement pour ensuite venir chercher des coupables. pic.twitter.com/7EtD1bJXLG

— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) October 6, 2026

Orléans, 11 h 50

Jonathan Bruneau, conseiller municipal PCF d’Orléans, blessé et insulté par un policier il y a quelques jours : « On sait depuis pas mal d’années que le gouvernement préfère réprimer qu’écouter »

(Photo : Louis Witter.)

« C’était important depuis le début de la semaine dernière d’être présents, car il y a une augmentation de la présence policière. On sait depuis pas mal d’années que le gouvernement préfère réprimer qu’écouter.
Des jeunes interrompent l’interview, « c’est horrible ce qui vous est arrivé », ils s’indignent que le policier l’ayant violenté soit encore en poste, il était présent ce matin près du lycée. « J’ai encore mal au dos » répond l’élu. « Connaissant le quartier de la source, plutôt défavorisé, on s’attendait à voir des policiers. Mais pourtant c’était plutôt bon enfant. Mais il y a maintien de l’ordre et répression. Un policier m’a dit, « moi aussi j’ai un fils au lycée, mais il est pas devant aujourd’hui » Un autre policier est venu m’insulter, il m’a dit à l’oreille “t’as beau être élu t’es une merde comme les autres” puis il m’a fait un doigt d’honneur.

Sur le même sujet : Dominik Moll : « Il y a en France une tradition de la police répressive »

Tout a été filmé. Puis ils m’ont poussé au sol. J’ai rendez-vous avec l’avocat du parti pour déposer plainte et aussi sûrement faire une saisine de l’IGPN ainsi que du défenseur des droits. Je pars ensuite à Paris pour être avec les élus PCF dans le cortège parisien. J’ai envie de dire, on touche pas un élu, mais on touche encore moins un enfant et quand on voit les réponses du préfet sur le jeune qui a perdu son œil à Tours, on voit qu’il n’y a aucun sentiment. La grande majorité des élèves veulent manifester dans le calme et mettre deux poubelles devant, un lycée, ça ne mérite pas de perdre un œil. »

Le drapeau ukrainien côtoie le drapeau palestinien dans le cortège orléanais. Preuve que les jeunes sont aussi conscients de ce qui se joue hors de nos frontières.

(Photo : Louis Witter.)

Limoges, 11 h 40

« Impressionnant cortège limougeaud qui se rend à la gare de Limoges (la plus belle de France) », nous informe François, sociétaire de Politis, en toute objectivité sur l’architecture de la capitale limousine.


Toulouse, 11 h 35 : « On se bat pour nos droits, pas pour des droites »

Dans la Ville rose, le cortège s’est élancé de Jeanne d’Arc, pour rejoindre le quartier Saint-Cyprien.

(Photos : Marie Pierucci.)

Orléans, 11 h 35

Mathieu Gallois, maire PCF de Saran, et Romain Suzzarini, adjoint au maire de Saran : « C’est à l’image des quinquennats Macron qui n’ont été faits que de mépris envers les jeunes »

(Photo : Louis Witter.)

« Il n’y a pas de lycée sur notre commune mais sur la commune voisine, qui s’est mobilisé. Les revendications des lycéens sont justes. Quand il y a cette jeunesse qui redonne espoir et qui se bat pour son avenir, il est de notre devoir d’être à leurs côtés et de les aider à exprimer leur colère et leurs revendications. En tant qu’élus, c’est important d’être à leurs côtés et de leur dire qu’on les soutient. Pour les aider à s’exprimer en toute sécurité aussi. J’entendais Nuñez sur France Inter ce matin qui disait que la réponse policière est proportionnée. Où est la proportion quand je vois une charge devant le lycée Voltaire contre des profs et des élus ? Il y a de la provocation.

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Je condamne les violences d’où qu’elles viennent. Mais il faut aussi être clair : les réactions sont disproportionnées. Quand les forces de l’ordre viennent devant les lycées casqués avec les boucliers avant même le début de la moindre revendication, ça crée des tensions dont les lycéens sont les premières victimes. » « C’est à l’image des quinquennats Macron qui n’ont été faits que de mépris envers les jeunes, les classes populaires et les travailleurs. C’est la répression systématique », ajoute son adjoint.


Orléans, 11 h 15

Pascal Sudre, secrétaire général de la CGT Loiret : « Quand on est une organisation syndicale de masse, on est là pour défendre les intérêts des travailleurs mais aussi ceux de leurs enfants »

(Photo : Louis Witter.)

« La première chose : quand on est une organisation syndicale de masse, on est là pour défendre les intérêts des travailleurs mais aussi ceux de leurs enfants, de nos enfants. Plein de camarades ont leurs gamins au lycée. Hors de question pour eux de subir des violences d’où qu’elles viennent. Au sein de la CGT, certains ont rejoint direct les cortèges. Pour permettre aux jeunes de pouvoir se mobiliser pacifiquement. Mais leurs revendications, on les porte aussi. Le 29 septembre, on était mobilisés pour la défense des services publics. Ils rabotent des moyens mais n’entendent pas la colère. Tout le personnel se sent ignoré dans ses revendications et la cocotte explose.

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On est donc là pour que tout se passe bien mais aussi pour protéger l’image de ces jeunes. Les lycéens nous ont appelés dans le Loiret pour se démarquer de l’image de jeunes irresponsables ou violents et là, on a la preuve que notre jeunesse revendique dans le calme, le fait d’avoir des bonnes conditions pour étudier. Des classe moins surchargées, des tables, des chaises mais aussi une remise en cause fondamentale de Parcoursup qui est une machine à trier des élèves. On rejoint bien entendu leurs revendications. Mais c’est leur mobilisation, pas la nôtre. On leur permet de revendiquer ce qu’ils ne devraient pas avoir à revendiquer. On demande à l’État d’instaurer un dialogue et de répondre maintenant à leurs revendications. »


Une pétition d’Attac

Info Politis : en plein cœur de cette journée d’action, Attac lance une pétition pour interdire les armes mutilantes et les techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes. Pour signer, c’est par là.


Orléans, 10 h 50 : « Nous sommes là pour vous protéger »

(Photo : Louis Witter.)

« Nous sommes là en soutien de toutes vos revendications et pour vous protéger », dit une personne de la CGT au mégaphone sur la place de Gaulle, où les lycéens sont arrivés.

(Photos : Louis Witter.)

Fabien Roussel, sur BFM TV, 10 h 50 : « Le gouvernement doit être mis en accusation »

« Le gouvernement doit être mis en accusation pour avoir abandonné nos enfants […] Huit ministres de l’Éducation nationale, pas de plan pour redresser la situation. Quinze millions d’heures d’enseignements sans professeur. Des écoles qui fuient […] Ils ne sont pas responsables ? On ne peut pas les mettre sur une chaise les huit ministres dont Gabriel Attal ? En leur disant : “c’est de votre faute, c’est vous qui avez fait ça ?” Si je me laissais emporter, je dirais presque qu’il faut un tribunal populaire pour les accuser. »


Créteil, 10 h 45 : Clémence Guetté : « Cette mobilisation est puissante »

(Photo : Céline Martelet.)

Les étudiants des différents sites de l’UPEC à Créteil (Val-de-Marne) se rassemblent depuis ce matin en soutien aux lycéens de la ville. Clémence Guetté, la député LFI de Créteil, les a rejoints et les appelle à rester mobilisés, avant que la foule entonne avec elle une Marseillaise. Les forces de l’ordre se rassemblent autour d’eux, elles et n’interviennent pas pour le moment. À Politis, Clémence Guetté confie : « Cette mobilisation est puissante. C’était important d’être là avant d’aller à République. »


Saint-Denis (93), 10 h 30 : « On reste un laboratoire du sous-financement de l’éducation »

Devant le lycée Rosa-Parks de Saint-Denis, « la grève est très suivie dans le second degré dans le département », constate Louise Paternoster, cosecrétaire de la CGT Éduc’action 93, qui dénonce tout de même les difficultés à se mobiliser causées par le « lock-out » de certains lycées. « La Seine-Saint-Denis a été l’un des moteurs de la mobilisation. Il y a deux ans, les enseignants se sont mobilisés pour un plan d’urgence dans le département, aujourd’hui les jeunes prennent le relai. On reste un laboratoire du sous-financement de l’éducation. Il nous faudrait 900 millions d’euros pour arriver au même niveau de dépense par élève que la moyenne nationale. »

Sur le même sujet : En Seine-Saint-Denis, des établissements délabrés, des professeurs exténués, des élèves abandonnés 

Limoges, 10 h 30 : « Nous sommes de nombreux enseignants présents »

Agathe, enseignante dans un lycée de Limoges : « Nous sommes de nombreux enseignants présents ce matin dans les cortèges aux côtés des lycéens. Nous souhaitons veiller à ce qu’il ne leur arrive rien, quitte à se mettre en protection entre eux et les forces de l’ordre. Nous devrions nous réjouir que ces lycéens demandent des moyens décents et normaux pour leur scolarité. Il est irresponsable de voir que l’État réprime le simple droit de ces lycéens à bénéficier de moyens pour leurs lycées. »


Orléans, 10 h 30 : « Madame, vous faites grève ? Bah oui ! »

Rencontre avec une professeure d’anglais, du lycée Jean-Zay d’Orléans : « Ça a commencé chez nous lundi, puis ça c’est tassé. Dans notre lycée, ça se passe bien, même si les classes sont trop chargées. Vendredi, on a été fermés sur décision de la préfecture. Et donc hier on est allés bosser. Et aujourd’hui on voit que c’est calme, les élèves nous ont attendu pour rejoindre la grande manifestation. On est là, car on est d’accord avec eux. Et on est là pour les protéger. Si y’a un vieux machin comme moi devant eux, les flics chargeront peut être pas ? (Rires) On est arrivés plus tôt ce matin pour pouvoir réguler. L’essentiel : c’est que nos élèves ne soient pas blessés. »


Devant le lycée Limosin de Limoges, 10 h : « On crie SOS, on nous envoie les CRS »


Limoges, 10 h : « On veut le bac, pas la BAC ! »

Plusieurs cortèges devant les principaux lycées de Limoges, composés à chaque fois de plusieurs centaines de lycéens, selon François, un sociétaire de Politis. Les cortèges se rejoignent et défilent dans toute la ville, avec les mêmes mots d’ordre : « des moyens pour nos lycées », « fin de parcoursup », « on veut le bac, pas la BAC ».


Orléans, 10 h : « Y’a pas que pour les lycées qu’on se mobilise »

(Photo : Louis Witter.)

Lucas, en 1re à Benjamin-Franklin : « Il faut un juste milieu entre la casse (pas des lycées mais des poubelles) et la manif pacifique. Sinon, on est pas entendus. Depuis le premier blocus, on se regroupe entre lycées du centre ville car on est plus forts ensemble. Y’a pas que pour les lycées qu’on se mobilise. On est là aussi contre la baisse des APL. Mon frère étudie dans le Jura (protection de la nature et alpinisme) et si on lui sucre ça, son projet de carrière est fichu. »

Sur le même sujet : Mobilisation des lycées : les quartiers populaires à l’avant-garde

Constance, en 1re à Jean Zay : « Beaucoup de travail au lycée et chez nous. Plus de temps pour nos loisirs ni pour profiter de nos familles. Tout ça à cause des emplois du temps surchargés. »

(Photos : Louis Witter.)

Orléans, 9 h 50 : « C’est un 7/20 et il frappe des lycéens »

Une centaine de jeunes sont présents devant le lycée Pothier d’Orléans dans le calme. Les gendarmes mobiles procèdent à des fouilles de sac en amont.

(Photo : Louis Witter.)
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Orléans, 9 h 45 : « Ils voulaient taper. Surtout ceux de la BAC »

Najouane, 19 ans, a assisté à cette scène hier : « J’ai pas mal d’amis en BTS, j’étais présent en soutien hier. On est pas venu pour casser, on avait rien sur nous. Ils ont chargé direct et gazé, la rue était remplie de gaz. Puis mortiers. Plusieurs charges. Ils voulaient taper. Surtout ceux de la BAC. Contrôles aux faciès, ils m’ont confisqué le sérum physiologique, en étant insultants. Ils ont chopé une fille déguisée en licorne.
De notre côté c’est de l’autodéfense, mais les policiers auront toujours raison. Mais cette mobilisation est bien pour faire bouger les choses. Même le droit de manifester, ils le respectent pas. »


9 h 40 : « Tous en blanc pour nos enfants »

Le député Pouria Amirshahi, ancien président de Politis, appelle à un rassemblement à 14 h, place de la République à Paris avec un signe distinctif blanc, type casque ou foulard. Parmi la centaine de participants annoncés, pour soutenir et protéger les jeunes manifestants, des personnalités comme Cédric Villani, Stéphane Maugendre, Judith Godrèche, Lætitia Dosch, Rocé ou Olivier Rabourdin, Nathalie Tehio, Anne Savinel-Barras, Youlie Yamamoto, lesquelles ont répondu à l’appel.


Val-de-Marne, 9 h :

Dans le Val-de-Marne, « pas de blocus à notre connaissance. La plupart des lycées ont été fermés avec interdiction ferme de se présenter devant les grilles » nous indique notre journaliste Céline Martelet, qui se rend à Créteil, d’où est partie la mobilisation lycéenne de cette rentrée 2026.

Sur le même sujet : Lycéens·nes : « On veut juste pouvoir étudier dans de bonnes conditions ! »

C’est parti pour le suivi de cette journée, avec notre journaliste Louis Witter, parti, lui, suivre la mobilisation à Orléans.


Orléans, 8 h 40 : « On veut que le gouvernement fasse plus »

Sasha, 15 ans en 1re technologique au lycée Jean-Zay d’Orléans, est mobilisée devant le lycée Pothier : « J’ai peu d’heures de cours en filière technologique mais je suis solidaire des personnes qui font beaucoup d’heures de cours. On en a marre que tout soit cher, la cantine, par exemple, est un coût à assumer et beaucoup de familles ne peuvent plus, à un moment. Nos bâtiments sont vétustes et nous sommes 36 dans la classe. Que les profs soient sous payés, cela crée une mauvaise ambiance de travail. On veut que le gouvernement fasse plus. Plutôt que de créer des faux représentants lycéens qui font la campagne d’Attal, qu’ils écoutent vraiment les revendications. Ils font tout pour qu’on se rebelle et qu’on soit violents alors qu’on est super pacifistes. »

(Photo : Louis Witter.)
Par Politis•

Publié le 06 octobre 2026

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Mouvement lycéen à Lyon : comment la loi Ripost facilite l’usage de drones par la police

Publié le 08/10/2026 à 06:00

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7 min

Depuis le début du mouvement des lycéens, la préfecture du Rhône a recouru à des drones pour surveiller la mobilisation. Les arrêtés autorisant leur usage sont quasi systématiquement pris a posteriori par les services de l’État, qui s’appuient sur une disposition de la récente loi Ripost. Cela rend très difficiles les recours pour contester leur légalité.