Publié le 20 août 2026

9 min

Il n’y a plus une seconde à perdre pour une union large de la gauche

#Pouvoirs

L'urgence climatique ne nous permet plus de nous diviser. L'écologie, associée à une politique sociale radicale, doit désormais structurer notre méthode pour les mois à venir. Il n'y a plus une seconde à perdre.

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Un incendie dans la forêt de Luglon (Landes), le 14 août 2026.

Chaque été confirme ce que la science nous annonce depuis des décennies : les canicules deviennent la norme, les incendies ravagent nos forêts (par exemple plus de 4 fois la superficie de Paris dans les Landes), détruisent des milliers d’hectares, emportent des habitations, forcent des familles à fuir.

Nos sapeurs-pompiers sont mobilisés comme jamais, au péril de leur vie, face à des feux toujours plus précoces, plus intenses et plus difficiles à maîtriser. Les sécheresses fragilisent nos territoires, y compris dans les territoires dits ultramarins, où les populations subissent de plein fouet les pénuries d’eau et des tensions écologiques croissantes.

La faune et la flore s’effondrent sous nos yeux, les écosystèmes dont ils dépendent se dégradent chaque année davantage. Le changement climatique n’est plus une menace lointaine, il bouleverse déjà̀ nos vies et menace celles des générations qui viennent.

Pourtant, jamais la réponse politique n’a été aussi indigente. Alors que l’urgence exigerait une mobilisation sans précédent, les gouvernements successifs poursuivent des politiques qui aggravent notre dépendance aux énergies fossiles, reculent sur la nécessaire protection de la biodiversité et adoptent des lois comme la loi d’urgence agricole (dite Duplomb 2) qui réintroduit des pesticides cancérigènes et favorise l’accaparement de l’eau au profit de quelques intérêts privés.

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Alors que la planète brûle, les inégalités explosent : les premières victimes des dérèglements climatiques sont les plus précaires et les habitants des pays pauvres avec une solidarité internationale gravement mise à mal. Les politiques menées actuellement, retardent la rupture écologique et fragilisent les services publics tout en creusant les inégalités.

Pendant ce temps, au seuil du pouvoir, l’extrême droite prospère sur les peurs et les fractures qu’alimente l’inaction. Tous les conservatismes s’abattent sur les précaires, les personnes issues des minorités et sur les droits fondamentaux des femmes.

Face à cette accumulation de crises, nous ne pouvons plus nous permettre les divisions qui ont trop longtemps paralysé la gauche. L’écologie ne peut plus être une politique parmi d’autres : elle doit devenir le socle d’un projet de transformation capable de répondre aux urgences de notre époque.

C’est autour d’elle, indissociable de la justice sociale, que doit se reconstruire une majorité crédible pour gouverner en 2027. Il n’y a plus une seconde à perdre.

Le peuple de gauche a montré la voie, par deux fois

Face à ces bouleversements, la gauche donne trop souvent le spectacle de ses divisions. Querelles d’appareil, rivalités personnelles, calculs partisans : l’intérêt général s’efface derrière l’intérêt des partis politiques. Cette attitude n’est plus à la hauteur de la gravité du moment.

Pourtant, par deux fois, le peuple de gauche français a exprimé, dans sa grande majorité, la même aspiration : l’union. En 2022 avec la NUPES, en 2024 avec le NFP. Par deux fois, ces campagnes ont redonné aux Françaises et aux Français de gauche la joie du militantisme, l’espoir d’un horizon commun. Et par deux fois, nos responsables politiques, divisés, se sont montrés impuissants à bâtir sur cet élan.

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Malgré la dynamique et l’engouement suscité, les partis membres de ces coalitions n’ont toujours pas mesuré ce que l’union représente dans l’opinion. Ils n’ont eu de cesse de la détruire, saisissant chaque polémique pour se tirer dessus à boulets rouges, quand il aurait fallu se montrer solidaire. Or l’électorat de gauche ne se mobilisera en 2027 que s’il perçoit une chance de victoire. L’union ne se décrète pas à la veille d’un scrutin, elle se construit en amont, dans la durée.

Le mouvement Les Écologistes s’est affaibli ces dernières années. Après le succès des européennes de 2019 et des municipales de 2020, il a connu une présidentielle 2022 décevante, une stratégie qui a mené à une défaite en 2024 lors des européennes, puis des municipales de 2026 marquées par la perte de nombreuses villes importantes.

Seuls la NUPES et le NFP ont permis un sursaut, avec la constitution à l’Assemblée nationale d’un groupe écologiste et social influent, qui nous représente aujourd’hui avec force et pertinence.

L’écologie ne peut plus être une politique parmi d’autres : elle doit devenir le socle d’un projet de transformation capable de répondre aux urgences de notre époque.

Mais notre mouvement, c’est aussi et surtout une force de rassemblement. Nous avons cette capacité rare de réunir des courants de pensée divers, de faire naître des synergies là où d’autres ne voient que des divisions. Nos militants se retrouvent toujours autour des mêmes combats – contre toutes les formes de domination, pour un projet d’avenir commun.

C’est précisément cette envie commune qui manque aujourd’hui à la gauche toute entière. C’est sur cette capacité à articuler les luttes de la gauche et l’écologie que nous voulons construire une écologie prête à gouverner – pas une écologie de témoignage.

Refaire vivre l’union, en commençant avec La France insoumise

Certains de nos parlementaires ont récemment appelé, dans une lettre ouverte, à engager de sérieuses négociations avec la gauche de rupture, notamment La France Insoumise. Des deputé.es du groupe écologiste et social à l’Assemblée ont déjà franchi le pas de l’union.

Nous partageons cette exigence : il est essentiel d’ouvrir un dialogue avec LFI, pour la séquence électorale de 2027. Il faut travailler un accord exigeant fondé sur un dialogue sincère, une méthode démocratique et un programme de rupture face aux urgences écologique et sociale. La proposition d’éco-régions résilientes, conçues à partir de la géographie des grands cours d’eau doit être saisie pour renouer un dialogue concret.

Ce rapprochement pourrait, le cas échéant, et dans un second temps, mener à une alliance avec d’autres partis de gauche réformiste, à la condition que le Parti socialiste notamment cesse de maintenir en vie le gouvernement Lecornu comme cela a été le cas ces derniers mois.

Le moment n’est plus aux petits calculs. Il est temps de nous rassembler à gauche.

La société civile devrait aussi être embarquée dans l’élaboration d’un vrai programme de rupture. 2027 est notre horizon : c’est la dernière chance de nous rassembler et de changer la trajectoire mortifère prise par les gouvernements successifs depuis trop longtemps.

L’union ne pourra se construire que sur des valeurs claires. La démocratie, la non-violence, la justice sociale, la redistribution des richesses, la taxation des grandes fortunes et des multinationales, la planification écologique, le renouveau democratique de nos institutions et la recherche permanente du dialogue doivent constituer le cœur de notre projet.

Les défis auxquels nous faisons face sont immenses : multiplication des conflits internationaux, dérèglement climatique, crise migratoire, effondrement de la biodiversité, montée des nationalismes et des conservatismes.

Aucune de ces crises ne trouvera de réponse durable dans un modèle économique fondé sur l’exploitation sans limite des ressources (humaines et naturelles), la concentration des richesses et la mise en concurrence permanente des peuples et des territoires.

Dépasser les egos, offrir une nouvelle perspective pour changer le pays

Nous devons dépasser les ambitions personnelles pour répondre aux attentes des Françaises et des Français. Leur proposer une nouvelle perspective politique à la mesure des bouleversements de notre monde est un devoir.

Il n’y a plus une seconde à perdre pour protéger l’habitabilité de notre planète. Plus une seconde à perdre pour combattre les inégalités sociales toujours plus fortes. Plus une seconde à perdre pour rétablir une justice fiscale qui mette enfin à contribution les grandes fortunes et les multinationales, et rende à la France les moyens que les politiques libérales lui ont retirés. Plus une seconde à perdre pour défendre les libertés publiques et faire barrage aux logiques discriminatoires que l’extrême droite veut imposer.

Une alliance de toute la gauche offre la seule voie possible pour gouverner autrement : une planification écologique qui protège les populations, une justice sociale exigeante, un profond renouveau démocratique.

Le moment n’est plus aux petits calculs. Il est temps de nous rassembler à gauche. Il n’y a plus une seconde à perdre !


Signataires :

  • Raymonde Poncet Monge, sénatrice 
  • Karima Delli, ancienne Eurodéputée 
  • Benjamin Joyeux, Conseiller Régional AURA
  • Clovis Daguerre, ancien secrétaire des Jeunes Ecologistes
  • Waleed Mouhali, Président du Conseil Fédéral des Ecologistes
  • Jacques Boutault, conseiller fédéral, ancien maire du 2ème ardt de Paris 
  • Rachel Savin Pujet, Conseillère Fédérale Les Ecologistes
  • Gregory Lebert, conseiller fédéral Les Ecologistes
  • Francoise Alamartine, conseillère fédérale Les Ecologistes
  • Marianne Daquet, militante Les Ecologistes
  • Leyla Binici, conseillère Fédérale Les Ecologistes 
  • Yves Durieux, conseiller fédéral Les Ecologistes
  • Jean-Marie Hupel, conseiller Fédéral Les Ecologistes
  • Jean-Noel Lafaille, militant Les Ecologistes
  • Jean-Marc Fert, militant Les Ecologistes
  • Antoine Richard, militant Les Ecologistes
  • Lydia Labertrandie, militante Les Ecologistes
  • Danielle Estay, militante Les Ecologistes
  • Cory Le Guen, militant Les Ecologistes
  • Stéphane Bernard, militant Les Ecologistes
  • Monique Vervondel Gaulguet, militante Les Ecologistes
  • Stéphane Lavignotte, militant Les Ecologistes
  • Patricia Millot, militante Les Ecologistes
  • Bernard Bufferne, militant Les Ecologistes
  • Pierre Stoeber, militant écologiste
  • Isabelle Clauss, militante écologiste
  • Renaud Delaplace, militant Les Ecologistes
  • Alexandre Valeanu, militant Les Ecologistes
  • Annick Vignes, militante Les Ecologistes
  • Mathieu Kerbouche, militant Les Ecologistes
  • Alice Avenel, militante Les Ecologistes
  • Nicolas Bardey, militant Les Ecologistes
  • Serge Borvon, militant Les Ecologistes 
  • Thomas Galarneau, militant Les Ecologistes 
  • Romain Robinet, militant Les Ecologistes 
  • Krystele Appourcheaux, militante Les Ecologistes 
  • Aurélie Chassaing, conseillère fédérale Les Ecologistes
Par Collectif

Publié le 20 août 2026

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Bonjour 👋

Voici l'édition du  

Par Jean-Marie Leforestier

Peut-on décider de son propre chef de raser huit hectares de forêt en plein mégafeu ? C'est la question que pose la plainte d'une association anticorruption contre Benoît Bartherotte, homme d'affaires bien connu du Cap-Ferret. Rue89 Bordeaux fait le point sur l'affaire. 

La Bretagne est-elle réellement le refuge climatique que l'on décrit ? Non, selon plusieurs enquêtes compilées par Arrêt sur images qui notent que les 40 degrés y ont été atteints cet été et que la région n'est pas forcément préparée à l'accélération du dérèglement climatique. 

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