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En trois ans, l’IA générative s’est frayé une place dans les usages de près de la moitié de la population française. Ce chiffre grimpe jusqu’à 85 % pour les 15 à 24 ans qui s’en servent notamment pour de l’aide aux devoirs. Les utilisateurs sont moins de 20 % à payer un abonnement, mais cette statistique varie beaucoup en fonction des usages.
Selon une étude reprise par l’Arcep dans son baromètre du numérique, « près de la moitié de la population utilise déjà des services d’IA générative, un tiers des utilisateurs y a recours au quotidien ». Sur les 15 à 24 ans c’est, sans aucune surprise, largement plus avec 85 %.
Adoption deux fois plus rapide que les réseaux sociaux et les smartphones
Pour mettre les choses en perspective, le régulateur des télécoms compare l’adoption de l’IA générative à une autre « révolution », celle du smartphone. Là où la première a mis trois ans à toucher la moitié de la population, la seconde avait nécessité plus de deux fois plus de temps (sept ans). Pour les réseaux sociaux aussi il avait fallu attendre sept ans avant d’arriver à ce taux de pénétration.

L’IA générative est à la 8ᵉ place du Top 10 des outils numériques les plus utilisés. Les smartphones sont à 85 %, les messageries instantanées à 75 %, les ordinateurs à 65 %. Viennent ensuite les appels audio via les messageries, les réseaux sociaux (50 %), les tablettes et enfin les enceintes connectées.
L’étude a été menée en juin 2025 par le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Elle porte sur « un échantillon représentatif de 4 145 personnes de 12 ans et plus » et conclut que « l’usage semble se polariser autour de deux agents conversationnels ». Le PDF complet de 88 pages est disponible par ici.


ChatGPT représente 63 % des usages
Une écrasante majorité des usages – 63 % – passent par l’acteur « historique » : ChatGPT d’OpenAI. Gemini est deuxième, certainement grâce à son intégration dans Android et tout l’écosystème Google, mais reste très loin derrière avec 13 % seulement.
L’ensemble des autres IA (Grok, Claude…) représentent 24 % des usages, mais aucune ne s’approche ne serait-ce qu’un peu du duo de tête. Le Chat de Mistral est en effet troisième avec 6 %, Copilot de Microsoft à 4 %, DeepSeek à 3 %, etc. L’hégémonie d’OpenAI est donc impressionnante selon cette étude.
Sans surprise, l’IA Gen comme aide aux devoirs chez les jeunes
De manière générale, le constat est sans appel : « Les utilisateurs d’IA générative privilégient l’IA dans la plupart des cas d’usages ». Le plus populaire est la recherche d’informations avec 73 % des utilisateurs, puis la rédaction et la traduction de texte avec 58 % et enfin la génération d’idées nouvelles avec 57 % des utilisateurs.
Dans l’ensemble, deux facteurs sont plébiscités : le gain de temps pour 41 % des sondés et l’ergonomie pour 33 %. L’étude se penche aussi sur les cas d’usages des enfants (les sondés ont 12 ans et plus) : « une large majorité des jeunes utilise déjà l’IA pour l’aide aux devoirs (68 % des 12-17 ans, 73 % des 18-24 ans) ».


Des utilisateurs de moins en moins méfiants
Après les usages, passons de l’autre côté de la barrière avec la méfiance des utilisateurs et les questions environnementales. Dans le premier cas, « si la majorité de la population se déclare méfiante vis-à-vis de l’IA, cette réticence diminue à mesure que l’outil se répand ».
52 % des utilisateurs se déclarent ainsi méfiants, un chiffre en baisse de 5 points sur un an. Deux axes de méfiances sont mis en avant : « le manque de confiance dans les réponses fournies et l’incertitude sur l’usage de leurs données personnelles ».
Pour un peu moins d’un tiers des non-utilisateurs ce sont les principaux obstacles, tandis qu’ils sont un peu plus d’un quart « à ne pas utiliser l’IA par manque de compétences », ils sont 57 % à ne pas être très compétents ou pas du tout compétents.

Alors que la moitié de la population utilise l’IA générative, seuls 64 % déclarent vérifier « souvent, voire toujours, les informations fournies par l’IA ». Cela laisse tout de même 36 % des utilisateurs qui semblent y accorder une confiance importante, alors que, de par sa conception (des résultats statistiques, entre autres), cette problématique ne doit pas être oubliée.
- T@LC : on a posé 20 fois la même question à une IA, on a eu 5 réponses différentes
- 18 % des médias et 33 % des sites tech les plus recommandés par Google sont générés par IA
Sur la question de l’usage des ressources et de l’empreinte écologique, « une majorité (46 %) de personnes estime que son impact environnemental est supérieur à celui des moteurs de recherche, alors que seulement 17 % pensent que son impact est moins élevé ».

19 % des utilisateurs payent, mais c’est très inégal
Sur les utilisateurs, « un Français sur cinq paye pour accéder à un service d’IA générative ». L’Arcep ne donne pas plus de détails sur le service d’IA générative et le montant de l’abonnement. Par payant, nous savons simplement que cela regroupe les abonnements, et le paiement en fonction des usages.
Le rapport pointe un écart important entre les types d’utilisateurs : « les actifs occupés (23 %), les
jeunes, les diplômés du supérieur, les cadres, les personnes à hauts revenus et les urbains sont
davantage enclins à payer pour accéder à des niveaux de service supérieurs ».
La « technicité » des usages est aussi mise en avant : « 61 % des utilisateurs quotidiens de l’IA pour la
programmation informatique déclarent payer, de même que 55 % pour la création de contenus visuels
(images, photos, vidéos), et 50 % pour la rédaction, la traduction ou l’amélioration de texte ».
Ces usages sont aussi bien plus consommateurs de « tokens » qu’une recherche, les limites des forfaits gratuits sont donc très rapidement atteintes.
Le reste du baromètre : messagerie, empreinte écologique…
L’étude s’intéresse à bien d’autres pans du numérique, à commencer par les messageries instantanées, qui « sont devenus un canal incontournable de communication : 86 % de la population utilise ces services et deux tiers y a recours quotidiennement », notamment sous l’influence de leurs contacts (ce qui pousse aussi à utiliser plusieurs messageries).
Sur les gestes environnementaux, « près d’une personne sur quatre a fait réparer au moins un appareil numérique (smartphone, ordinateur, téléviseur, etc.) au cours des trois dernières années ». Pour rappel, l’empreinte environnementale d’un smartphone est composée à 75 % de sa production et à 25 % de son usage.
Par contre, « la possession de smartphones reconditionnés ou d’occasion reste minoritaire. Elle ne concerne que 20 % des personnes interrogées, une proportion qui ne progresse plus ». Tous ses points sont détaillés dans le baromètre du numérique (pdf).
