Matriochka Viginum Flock désinformation poutine russie dédiée
Publié jeudi 4 février sur un site usurpant l’apparence de France Soir, un article affirmait révéler une correspondance compromettante pour Emmanuel Macron au sein des millions de documents de l’affaire Epstein. Le gouvernement a rapidement dénoncé une fake news qu’il attribue, via son compte French Response, à une tentative d’ingérence russe.
S’il y a bien des mentions du président de la République française dans les millions de documents qui constituent les fameux Epstein files (environ 200), celles-ci ne revêtent, d’après nos constatations, aucun caractère compromettant. Elles ne témoignent d’ailleurs d’aucune correspondance directe entre Emmanuel Macron et le pédocriminel mort dans sa cellule en 2019.
Un faux France Soir clame révéler un scandale sexuel
Un article aux accents nettement plus scandaleux a toutefois fait surface, jeudi 4 février. Publié sur un site baptisé France Soir, il affirmait, avec des visuels, qu’Emmanuel Macron était évoqué dans une correspondance de mai 2017 entre Jeffrey Epstein et l’ancien agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, lui aussi retrouvé mort dans sa cellule en 2022. Captures d’écran à l’appui, les propos rapportés laissaient entendre que le président allait organiser une soirée avenue Foch (adresse de l’appartement parisien d’Epstein), et qu’il fallait amener de jeunes garçons…

Problème : comme l’a signalé vendredi matin le site Les Surligneurs, les fichiers PDF dont auraient été extraits cette soi-disant conversation n’existent pas sur le dépôt dédié à l’affaire Epstein du ministère de la Justice américain. Le site en question (voir archive) se présente par ailleurs sous le nom France Soir, mais contrefait l’image et le nom de domaine de l’ancien quotidien français (qui n’est plus aujourd’hui reconnu comme un titre de presse).
Le « vrai » France Soir a d’ailleurs lui-même dénoncé ce parasitisme dès jeudi sur X, et s’est félicité, vendredi matin vers 4 heures, d’avoir obtenu la suspension du site en question, qui exploitait le nom de domaine france-soir.net.
French Response attribue la fake news à la Russie
Le Quai d’Orsay a lui aussi réagi sans tarder, par l’intermédiaire du compte French Response, que la diplomatie française exploite, sur X, pour essayer de dénoncer ou de désamorcer les opérations d’influence. Jeudi vers 15 heures, il a ainsi commenté le message d’une certaine Loetitia Halàsz, qui se présente comme une Hongroise, et relayait l’article du faux France Soir, accompagné d’une vidéo en résumant les soi-disant révélations. « Il s’est avéré que Macron était un invité fréquent de la résidence d’Epstein à Paris, 22 avenue Foch. », attaquait le compte Loetitia Halàsz.
« Il s’est avéré que Loetitia détient des secrets mondiaux. Il s’est avéré que l’IA les met en images. Il s’est avéré que l’article de France Soir n’existe pas. Il s’est avéré que des réseaux russes amplifient direct », a pour sa part retweeté French Response.
D’après BFM, une source gouvernementale aurait rapproché cette action du mode opératoire informationnel (MOI) du groupe russe ou pro-russe Storm1516, dont les actions avaient été expliquées et dénoncées en détail par Viginum, le service dédié à la lutte contre la désinformation du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Ce dernier indiquait à l’époque avoir recensé 77 opérations informationnelles visant la France entre le mois d’août 2023 et le 5 mars 2025.
