Treize plumes françaises passent à la trappe dans ce roman aussi féroce qu’ironique, qui s’amuse avec les travers du monde littéraire et les excès de son propre narrateur. Cinquième volet de notre série « Pages à plages » en 2026.
Le héros et narrateur de ce roman de Xavier Chapuis, Cyril Poirier, fait une entrée fracassante (au sens propre) dans l’histoire de la littérature. Qu’on en juge, il arrive à liquider 13 écrivains français de grande renommée, sans compter une victime collatérale, avant que ne soit mis fin à ce funeste parcours.
Son aura ténébreuse est telle qu’on aurait pu lui attribuer le décès de Jean d’Ormesson en décembre 2017, une mort pourtant naturelle. On arrêtera là le dévoilement de l’intrigue ; on en a déjà presque trop dit sur la contribution de ce personnage à l’Histoire de la littérature, comme il le proclame et l’exprime sans cesse, avec fierté.
Folie meurtrière
On ne parlera donc pas du modus operandi des meurtres, pourtant notable, et de la signature de l’assassin, empreinte testamentaire et petit éloge funèbre, avec un effort de renouvellement qu’il convient de souligner lors de chaque nouveau exercice. Non, on célèbrera plutôt l’humour féroce avec lequel est exécuté le contenu littéraire des œuvres de ces malheureux récipiendaires, ainsi que celui des rares littérateurs réchappant à sa folie assassine. Et qui marque bien la différence avec le contenu volontiers ampoulé, le style précieux trop précieux de cet apprenti auteur.
On ne s’étonnera donc pas que son essai romanesque ait été refusé par de trop nombreux éditeurs, point de départ de sa folie meurtrière. Un récit plein d’allant, ironique et enlevé. Et tout le reste n’est que littérature.
Xavier Chapuis, Histoire de la littérature, Éditions Do, 159 pages, août 2025, 18€
