Personne sans abri à Bordeaux (WS/Rue89 Bordeaux)
À Bordeaux, les associations d’aide aux sans-abri s’inquiètent de la fin de la trêve hivernale et demandent le maintien des places d’hébergement d’urgence ouvertes cet hiver.
Avec la fin de la trêve hivernale depuis ce 31 mars, plusieurs associations de maraudes en Gironde* tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué commun, elles dénoncent un « naufrage humanitaire » et demandent le maintien des 240 places d’hébergement d’urgence ouvertes durant l’hiver, voire leur leur transformation en places pérennes sur l’année civile.
« En tant qu’acteurs de première ligne, nous refusons d’être les simples témoins d’une gestion “au thermomètre” qui ignore la réalité des parcours de vie. »
Un « goulot d’étranglement » redouté
Les associations pointent une conjonction de facteurs inquiétants. D’abord, le 115 est déjà saturé. Ensuite, la reprise des expulsions locatives dès ce 1er avril, qui pourrait remettre à la rue des dizaines de ménages sans solution de relogement. Enfin, le retour des travailleurs saisonniers dans les secteurs viticole et touristique, accentuant la pression sur l’hébergement.
Sur le terrain, les bénévoles disent déjà constater une dégradation des conditions de vie, avec des personnes contraintes de dormir dans leur voiture ou sous tente malgré une activité professionnelle. Elles redoutent une multiplication des campements précaires et une aggravation des situations sanitaires.
Les signataires vont solliciter une audience d’urgence auprès du maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, pour qu’il obtienne du préfet des garanties sur le maintien de ces capacités d’accueil.
* Les Gratuits Gironde Solidarité – Solacmi – Les Robins de la Rue – Imagine Demain – La Maraude du Coeur – Maraudophonia – Diamant des cités- Graines de Solidarité – Collectif Bonn’AP
