Panneaux électoraux pour le deuxième tour des élections municipales à Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.
Découvrez tous les résultats des élections municipales et métropolitaines 2026 à Lyon et dans le Grand Lyon.
Les enjeux clés du second tour des élections municipales et métropolitaines à Lyon
- Vainqueur surprise du premier tour, l’écologiste Grégory Doucet parviendra‑t‐il finalement à conserver la mairie de Lyon grâce à la « fusion technique » avec la liste de l’insoumise Anaïs Belouassa‐Chérifi ?
- Après la douche froide du 15 mars, Jean‐Michel Aulas peut‐il espérer rattraper son retard ?
- L’échec des négociations avec LFI condamnera‐t‐il l’écologiste Bruno Bernard à céder son fauteuil de président du Grand Lyon à Véronique Sarselli, la cheffe de file de la droite aux élections métropolitaines ?
- Vaulx‐en‐Velin tombera‐t‐elle dans l’escarcelle de La France insoumise, au détriment de la socialiste Hélène Geoffroy ?
- Le Parti communiste parviendra‐t‐il à sauver son dernier fief de Vénissieux ?
Lundi 23 mars – 00h10
Villeurbanne : le socialiste Cédric Van Styvendael réélu haut‐la‐main, comme prévu
Près de 43 % des suffrages dans le cadre d’une quinquangulaire : le maire sortant socialiste Cédric Van Styvendael conserve son fauteuil à Villeurbanne devant son prédécesseur Jean‐Paul Bret et son adjoint insoumis Mathieu Garabedian.
Dimanche 22 mars – 23h30
L’écart se resserre à Lyon. Jean‐Michel Aulas dépose un recours
Alors que l’écart entre Grégory Doucet, annoncé vainqueur de l’élection, et Jean‐Michel Aulas semble se resserrer à mesure que sont dépouillés les derniers bulletins, le candidat de la droite annonce déposer un recours, en raison, selon lui, « de nombreuses irrégularités ». Tout en « prenant acte de l’avance » du maire sortant, l’ancien patron de l’OL « tient à exprimer ses réserves sur le résultat final ».
ALERTE INFO @JM_Aulas annonce le dépôt d’un recours après l’annonce de sa défaite à Lyon pic.twitter.com/FrXXDZvRCn
— actu Lyon (@actufr_lyon) March 22, 2026
Dimanche 22 mars – 23h10
LFI revendique la victoire à Vaulx‐en‐Velin face au PS
La France insoumise revendique la victoire de son candidat Abdelkader Lahmar à Vaulx‐en‐Velin. Il affrontait la maire socialiste sortante, la socialiste Hélène Geoffroy. C’est la troisième conquête insoumise de la soirée dans l’agglomération lyonnaise après Vénissieux et Saint‐Fons.
Dimanche 22 mars – 22h57
Grégory Doucet veut s’inscrire « dans les pas des humanistes d’hier »

Après une arrivée survoltée au milieu de ses partisans, le maire écologiste réélu à salué celles et ceux qui ont mené sa campagne et remercié les Lyonnais qui ont « choisi de garder Lyon dans une trajectoire républicaine et responsable ». « Nous nous inscrivons dans les pas des humanistes d’hier », a poursuivi l’écologiste en citant Edouard Herriot, son plus illustre prédécesseur.
Dimanche 22 mars – 22h27
La droite perd la ville de Meyzieu
Le duel s’annonçait serré, il l’a été mais c’est bien le challenger Issam Benzeghiba qui l’a emporté. Sa troisième tentative aura donc été la bonne.
Ex‐PS, le candidat « divers centre »… penchant à gauche obtient 50,2% des suffrages et devance Christophe Quiniou, maire sortant de droite, de 71 voix. Selon une source proche du premier magistrat battu sur le fil, « c’est le quartier en QPV (politique de la ville), Les Plantées, qui a fait pencher la balance du mauvais côté ».
Voilà un quart de siècle que la droite taillait des croupières à la gauche dans l’Est lyonnais. Le PS avait ainsi perdu plusieurs de ses fiefs : Saint‐Priest, Décines, Mions, Bron… Michel Forissier (LR‐UMP) avait ouvert la voie en 2001 en prenant les commandes de Meyzieu en 2001. Christophe Quiniou lui avait succédé en 2017 sans faire l’unanimité dans son camp.
Dimanche 22 mars – 22h25
Le scénario inédit d’une « cohabitation à la lyonnaise »
La Métropole à droite, les principales villes du territoire (Lyon, Villeurbanne, Vénissieux) à gauche. Le verdict des urnes de ce 22 mars plonge le Grand Lyon dans une situation inédite de « cohabitation » locale. Dans ce contexte, d’aucuns spéculent sur le troisième tour, c’est-à-dire l’élection du président de la Métropole lors du premier conseil de la mandature, qui aura lieu jeudi prochain. « Il faudra quelqu’un capable de construire des projets avec les maires de gauche, donc quelqu’un qui n’est pas LR et pas proche de Wauquiez, donc quelqu’un d’autre que Véronique Sarselli », pense David Kimelfeld, l’ex-président du Grand Lyon, présent aux QG des écologistes. Le nom du maire de Rillieux‐la‐Pape Alexandre Vincendet, encarté chez Horizons, et qui entretient des relations distantes avec l’ex-président de la région Auvergne‐Rhône‐Alpes revient régulièrement dans les pronostics de celles et ceux qui ne parient pas sur Véronique Sarselli.
Dimanche 22 mars – 21h55
Alerte : la métropole de Lyon bascule à droite
Dans un communiqué, l’écologiste Bruno Bernard, président sortant, annonce la victoire des listes de la droite menées par Véronique Sarselli, au scrutin métropolitain.
Dimanche 22 mars – 21h55
Vénissieux : le PCF perd son dernier bastion dans l’agglomération au profit de LFI
Coup de tonnerre ! Selon nos informations, Vénissieux, dernier bastion communiste de l’agglomération, est tombé à l’occasion de ce second tour des élections municipales pour une poignée de voix.
Dans le cadre d’une quadrangulaire, Idir Boumertit, candidat insoumis, a devancé Michèle Picard, maire sortante, de… 27 voix. Un coup de massue pour le PCF qui dirigeait la ville depuis 1935 !
Dimanche 22 mars – 21h22
Saint‐Fons tombe dans l’escarcelle de LFI
L’issue de ce second tour qui donnait lieu à une quadrangulaire ne fait plus de doute.Hadi Mebarki sera le nouveau maire de Saint‐Fons. Avec quelque 40% des suffrages, le candidat de LFI devance d’environ cinq points David Debat, « divers centre » tandis que Nadia Touris et Michèle Edery recueillent respectivement autour de 10% des voix.Siégeant au conseil municipal depuis de nombreuses années, Habi Mebarki a été adjoint socialiste des majorités de gauche (2008–2014/2020–2026) avant de rejoindre les rangs de LFI au cours de ce dernier mandat.
Mais un troisième tour aura sans doute lieu devant la justice. Le scrutin a en effet été marqué par la mise hors course de Christian Duchêne au premier tour. Les bulletins de vote du maire divers gauche sortant ayant été invalidés suite à l’absence de mention de la nationalité portugaise d’une colistière. L’intéressé a annoncé déposer un recours afin d’obtenir l’annulation de l’élection. Suite à plusieurs irrégularités (fausses procurations), une enquête pénale a également été ouverte. Avec à la clé une annulation du scrutin ?
Mise à jour, 23h50 - L’insoumis Hadi Mebarki recueille finalement 40,70% des suffrages, le « divers centre » David Debat 37,07 %, la « divers gauche » Michèle Edery 11,91 % et Nadia Touris (« divers centre ») 10,19 %.
Dimanche 22 mars – 21h12
« Joyeux anniversaire » : les partisans de Grégory Doucet saluent… Jean‐Michel Aulas
Alors que des images du QG de Jean‐Michel Aulas passent sur les écrans, dans la brasserie où se sont réunis les partisans de Grégory Doucet, la salle entonne un « Joyeux anniversaire » : l’ex-patron de l’OL, candidat de la droite et des macronistes, fête aujourd’hui ses 77 ans. Il est donné largement battu par le maire écologiste.
« Alors qu’on a vu des villes comme Clermont‐Ferrand ou Poitiers basculer à droite, c’est un énorme soulagement, souffle le député écologiste Boris Tavernier. C’est le résultat d’une super belle campagne. Nous, on avait un programme. En face, ils n’avaient que des éléments de langage. Et la honte était de leur côté, dans leurs tracts abjects et leur refus de débattre. » Allusion au tract diffusé ces derniers jours par les pro‐Aulas sur « L’alliance de la honte », évoquant les codes graphiques de l’Affiche rouge.
Dimanche 22 mars – 20h35
Grégory Doucet donné largement vainqueur à Lyon
Selon les premières estimations communiquées par l’IFOP-Fiducial, Grégory Doucet (Les Écologistes) arriverait en tête du second tour avec 54 % des suffrages exprimés. Il devancerait Jean‐Michel Aulas (candidat de la droite et des macronistes, 46 %).
Dimanche 22 mars – 20h35
Coup de théâtre à Vaulx‐en‐Velin
Comme Mediacités l’a constaté, les votes en faveur de Christine Bertin (divers centre), arrivée troisième au premier tour, sont comptabilisés comme « nuls » sur décision de la préfecture. En cause : la nationalité d’une de ses colistières n’aurait pas été mentionnée sur les bulletins de vote. Un problème similaire avait entraîné l’annulation de l’ensemble des bulletins du maire sortant de Saint‐Fons dimanche dernier. Christine Bertin indique à France 3 qu’elle compte contester cette décision devant la justice.
L’annulation des bulletins de la candidate centriste pourrait rebattre les cartes à Vaulx, où la maire socialiste sortante Hélène Geoffroy et le candidat LFI Abdlekader Lahmar étaient au coude à coude la semaine dernière.
Dimanche 22 mars – 20h30
Le QG de Grégory Doucet et Bruno Bernard fait le plein
Dès l’ouverture des portes à 20h, le Malting‐Pot, brasserie du quartier de la Part‐Dieu où les écologistes ont établi leur QG de la soirée, la salle s’est vite rempli. Se mêlent journalistes, membres de la campagne et militants. « Nous n’avons aucune tendance pour le moment », assure Gautier Chapuis, adjoint écologiste au maire de Lyon. Les premiers chiffres ne devraient pas être connus avant 21h ou 21h30. Dans l’assistance, Benjamin Badouard, élu métropolitain, relève la légère baisse de la participation : « Pour le moment, difficile de l’analyser. »
Dimanche 22 mars – 19h30
À Vaulx‐en‐Velin, les Insoumis trépignent d’impatience

Chaque voix comptera à Vaulx‐en‐Velin. Les bureaux de vote ont fermé leurs portes à 19h dans la 4e plus grande ville de la métropole de Lyon. Moins de 200 voix séparaient au premier tour la maire socialiste sortante Hélène Geoffroy et le député insoumis Abdelkader Lahmar. Dans une commune marquée par une faible participation, le moindre regain de mobilisation peut faire basculer le scrutin. À la brasserie de l’Hôtel de Ville, où doivent se retrouver les soutiens du candidat LFI, les premiers arrivés veulent croire au « changement tant attendu ». « Ici si c’est la victoire j’en connais plein qui vont danser pieds nus devant la mairie », lâche le tenancier du bar.

Dimanche 22 mars – 19h00
Brasserie, QG, préfecture… la soirée des candidats
Ça y est, tous les bureaux de vote de l’agglomération lyonnaise sont fermés sauf ceux de Lyon et Villeurbanne, où il est possible de passer dans l’isoloir jusqu’à 20h. En attendant, les équipes des principaux candidats guettent les premières remontées du terrain et préparent la soirée à venir.
Du côté des écologistes Grégory Doucet et Bruno Bernard, celle‐ci se déroulera dans la brasserie Malting‐Pot, à deux pas de la gare de Part‐Dieu. Les candidats y ont conviés leurs partisans et la presse, et prévoient un DJ set à partir de 23h15. En face, Jean‐Michel Aulas, après avoir passé une partie de l’après‐midi dans son ex‐grand stade de Décines, pour suivre la rencontre entre l’Olympique lyonnais et l’AS Monaco, comme l’a relevé le live de Libération, prévoit de prendre la parole dans son QG de campagne, des bureaux situés cours Albert Thomas (près de la place Ambroise Courtois), aux alentours de 22h30. Il se rendra ensuite en préfecture du Rhône où il devrait croiser Grégory Doucet. L’un aura donc l’occasion de féliciter l’autre. Reste à savoir lequel.
Dimanche 22 mars – 17h20
La participation à 17h dans le Rhône
À 17 heures, le taux de participation s’élevait à 45,09% dans le Rhône, en nette baisse par rapport à dimanche dernier (48,27%). C’est également en baisse par rapport aux élections municipales de 2014 (49,64%). Mais, sans surprise, meilleur qu’en 2020 (32%).
A l’échelle nationale, la participation s’élevait à 17 heures à 48,10%. Elle est légèrement plus faible que celle du premier tour à la même heure (48,90 %).
Dimanche 22 mars – 17h00
Vaulx‐en‐Velin : triangulaire de tous les dangers pour la socialiste Hélène Geoffroy
Son nom a été sur toutes les lèvres pendant les tractations métropolitaines d’entre-deux-tours entre la coalition réunissant écologistes, socialistes et communistes d’un côté et La France insoumise (LFI) de l’autre. La maire sortante de Vaulx‐en‐Velin Hélène Geoffroy (PS) a ainsi été accusée par Gabriel Amard, député de Villeurbanne et « patron » du mouvement de Jean‐Luc Mélenchon dans l’agglomération lyonnaise, d’être à l’origine de l’échec de négociations destinées à empêcher le duo Sarselli‐Aulas de s’emparer de la Métropole.
Fidèle à sa ligne anti‐LFI au sein du Parti socialiste, la première édile de Vaulx, aux commandes de la ville depuis 2014, a exclu une telle alliance d’autant que, dans le même temps, le député insoumis « Kader » Lahmar (Abdelkader de son prénom complet) menace de lui ravir sa mairie. « Vous imaginez : Hélène se retrouve, au second tour, sur la même liste que Lahmar pour “la métro” et bataille contre lui pour “la municipale”, ça dépassait l’entendement, lâche ce militant associatif vaudais. Si Sarselli et Aulas l’emportent, malgré ses dénégations, Hélène Geoffroy pourraient tirer son épingle du jeu à la Métropole… »
Vaulx‐en‐Velin : la socialiste Hélène Geoffroy face au dégagisme des quartiers populaires
Pour ce qui est du scrutin municipal, au terme d’un premier tour marqué, une nouvelle fois, par une faible participation (36,6 %), la maire sortante dispose d’une courte avance sur son challenger insoumis : 43,57 % contre 41,54 %, soit un écart de… 189 voix. Si la liste LO (2,33 %) a été éliminée, Christine Bertin, élue centriste d’opposition, reste dans la course après avoir totalisé 12,56% des suffrages (1 173 voix).
Alors qu’Hélène Geoffroy accueille en bonne place sur sa liste Philippe Moine, le représentant local de « Horizons » (le parti d’Edouard Philippe), l’hypothèse d’une fusion avec la liste « sans étiquette » de Christine Bertin n’apparaissait pas farfelue. Avec, à la clé, un duel plutôt qu’une triangulaire et des chances renforcées d’entamer un troisième mandat. C’était compter sans le lourd passif existant entre les deux femmes.
En 2016, la première magistrate, « agacée » par leur liberté de parole, avait évincé de son exécutif Christine Bertin ainsi que son époux Stéphane. Lesquels, deux ans plus tôt, avaient contribuée de manière décisive à la conquête du bastion communiste par la socialiste. Dix ans plus tard, Hélène Geoffroy s’est refusée à toute tentative de rapprochement avec son ancienne adjointe et table sur le report d’une partie des voix « Bertin » sur son nom ce dimanche.
De son côté, Abdelkader Lahmar, sans réserve de voix mais si près du but, a appelé à la mobilisation durant toute la semaine avec le concours, jeudi, de Manuel Bompard, coordinateur national de LFI. Une victoire dans la quatrième ville de l’agglomération lyonnaise (56 000 habitants) constituerait bien sûr une spectaculaire prise de guerre pour le mouvement de Jean‐Luc Mélenchon.
Dimanche 22 mars – 15h30
Et si on parlait du troisième tour ?
Plus que quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote à Lyon. C’est le bon moment pour vous parler des élections métropolitaines, où les enjeux sont aussi importants voire supérieurs à ceux de l’élection municipale lyonnaise.
Et pour cause : avec son budget de près de 4 milliards d’euros et son large champ de compétences [lire plus bas], c’est bien au Grand Lyon que reviennent les décisions les plus importantes.
On vous raconte comment cela fonctionne ici, dans notre outil Radar de suivi des politiques publiques :
« Swing circos » et prime majoritaire : les secrets d’un scrutin unique
Unique en son genre en France, la métropole de Lyon est une « super‐collectivité » qui cumule les compétences départementales et celles d’une intercommunalité. Elle est à la tête d’un budget de près de 4 milliards d’euros, soit presque autant que celui de la région Auvergne‐Rhône‐Alpes, et dispose de pouvoirs étendus : le Grand Lyon pilote les transports en commun via le Sytral, la politique sociale, l’urbanisme, le réseau d’eau potable, le développement économique du territoire… Un changement de majorité politique à la Métropole aurait des conséquences majeures pour les habitants.
Alors que les élus des communautés de communes, d’agglomération et autres métropoles ailleurs en France sont élus de manière indirecte, via les conseils municipaux, ceux du conseil de la métropole de Lyon sont élus au suffrage direct. Le scrutin se déroule dans 14 circonscriptions, chacune avec un nombre de sièges à pourvoir en fonction de leur population : 17 sièges pour la plus peuplée, celle de Villeurbanne, 8 pour celle du « Plateau Nord Caluire », la plus petite. Au total, le conseil de la Métropole compte 150 élus. Il en faut donc 76 pour obtenir une majorité.
Le conseil métropolitain du Grand Lyon après le premier tour des métropolitaines 2026
[Ce graphique se mettra à jour à mesure que tomberont les résultats dans les différentes circonscriptions métropolitaines du Grand Lyon]
Subtilité très importante, pour compliquer le tout : le scrutin prévoit un système de prime majoritaire. La liste qui arrive en tête s’arroge automatiquement la moitié des sièges, et le reste est réparti à la proportionnelle entre toutes les listes ayant dépassé 5 % des suffrages exprimés. Autrement dit : le vainqueur peut rapidement capter la quasi‐totalité des sièges à pourvoir.
En pratique, cela ressemble un peu à un soir d’élection aux États Unis, où chaque Etat envoie des élus à Washington. Dans le Grand Lyon, les résultats « tombent » circonscription par circonscription dans la nuit de dimanche à lundi et dessinent petit à petit la couleur de l’hémicycle qui siègera à l’hôtel de la Métropole, non loin de la Part‐Dieu. Outre‐Atlantique, on parle de « swing states » pour désigner les territoires non acquis à un camp, qui peuvent faire basculer le scrutin d’un côté ou de l’autre. La métropole de Lyon a elle aussi ses « swing circo », capables de faire pencher la balance du côté de la droite de Véronique Sarselli et Jean‐Michel Aulas ou vers la gauche écologiste.

Comment cela va‐t‐il se passer aujourd’hui ? On vous résume tout dans cet article hyper complet. Sachez quoi qu’il en soit qu’au terme de négociations intenses, les écologistes ont échoué à sécuriser les voix de La France insoumise, cruciales pour conserver le Grand Lyon. Si le parti mélenchoniste a accepté à la dernière minute de retirer ses bulletins dans une circonscription clef, il se maintient ailleurs. Ce soir, les divisions de la gauche pourraient offrir à la coalition de Véronique Sarselli et Jean‐Michel Aulas la plus grande collectivité de France après Paris.
Métropole de Lyon : la « tambouille » électorale de la gauche loin de conjurer la bascule à droite
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Je fais un donJe me renseigne sur la Société des AmisDimanche 22 mars – 14h25
Les enjeux du scrutin dans les communes du Grand Lyon
Dans 41 des 58 communes du Grand Lyon, la messe est déjà dite : leur maire a été élu dès le premier tour de ces élections municipales dimanche dernier. Il en reste donc 17 dans lesquelles les urnes doivent encore parler. Mediacités vous a sélectionné celles où les enjeux sont les plus importants (nous reviendrons par ailleurs sur le cas de Vaulx‐en‐Velin ultérieurement) :
Quinquangulaire à Villeurbanne : le socialiste Cédric Van Styvendael dans un fauteuil ?

On prend les mêmes et on recommence. A Villeurbanne, cinq listes sont encore présentes à l’occasion de ce second tour des municipales. Sauf que Cédric Van Styvendael a « tué le match » dimanche dernier en distançant de vingt points ses deux concurrents de gauche : 37,94 % pour le maire socialiste sortant, 17,99 % pour son prédécesseur (2001–2020) Jean‐Paul Bret qui tente un come‐back, et 17,53 % pour son adjoint insoumis Mathieu Garabedian.
Alors que la participation a tout juste dépassé la barre des 50 % au premier tour, les trois candidats de gauche ont donc totalisé près des trois quarts des suffrages, laissant les miettes à la candidate LR parachutée de la dernière heure, Sophie Cruz (13,47 %), et au représentant du RN Gérald Canon (11,65 %).
Malgré une gauche en ordre dispersé et la virulente campagne menée contre lui par son ex‐mentor Jean‐Paul Bret, Cédric Van Styvendael se dirige vers une confortable réélection. A la différence du dernier mandat caractérisé par la quasi‐absence d’opposition, le scrutin 2026 devrait se traduire par le (timide) retour de la droite et de l’extrême droite sur les bancs du conseil municipal.
Meyzieu : un de chute pour la droite dans l’Est lyonnais ?

Parmi les villes conquises par la droite dans l’Est lyonnais depuis un quart de siècle, Meyzieu apparaît comme le maillon faible depuis que Christophe Quiniou a succédé en 2017 à Michel Forissier (LR). En 2020, dans le cadre d’une quadrangulaire, le maire n’avait sauvé son siège que de 138 voix face à son principal challenger, Issam Benzeghiba. Six ans plus tard, les deux hommes se retrouvent pour un duel à l’issue incertaine.
N’étant plus encarté LR, Christophe Quiniou conduit une liste « divers droite ». Il a viré en tête au soir du premier tour, devançant de 351 suffrages (47,7 % contre 44,9 %) son adversaire (ex‐PS étiqueté « divers centre ») qui compte parmi ses colistiers le conseiller régional écologiste Axel Marin, un proche de Bruno Bernard. Si les deux candidats appellent à la mobilisation – près de 10 000 Majolans n’ont pas voté le 15 mars – le report des 896 voix (7,32 %) de la liste insoumise pèsera lourd dans le résultat final.
Vénissieux : duel PCF‐LFI indécis dans le dernier bastion communiste de l’agglomération

« C’est le “bougé” qui va lui permettre de conserver son siège. » Cet élu de gauche d’une commune voisine de Vénissieux (65 000 habitants) parie sur une victoire au finish de Michèle Picard ce soir, en renvoyant à la fusion initiée, entre les deux tours, par la maire communiste sortante avec Mokrane Kessi.
A la tête d’une liste baptisée « Union populaire Vénisssieux », l’ancien conseiller municipal (2008–2014) et habitant des Minguettes a obtenu au premier tour 6,05 % des suffrages. « Ses » 668 voix pourraient peser lourd dans l’issue du scrutin car Michèle Picard, aux commandes du dernier bastion communiste de l’agglomération depuis 2009, n’a devancé le député LFI et ex‐adjoint Idir Boumertit que de 2,37 % (269 voix) : 28,32 % pour la première, 25,95 % pour le second.
Faute d’un improbable rapprochement avec son challenger insoumis, Michèle Picard a donc choisi de sceller un accord avec Mokrane Kessi qui, au fil d’un parcours politique erratique ayant donné lieu à une valse des étiquettes (PS, UMP, Parti de gauche…), n’a pas ménagé ses critiques à l’adresse de la municipalité vénissiane. « Défenseur autoproclamé des quartiers, jamais le dernier pour critiquer les méthodes de la police, Mokrane Kessi endosse l’habit de supplétif en contrepartie d’un poste d’adjoint », tacle un ancien élu vénissian de gauche.
Le 15 mars, Idir Boumertit a obtenu ses scores les plus élevés dans les bureaux de vote du plateau des Minguettes qu’il a parcouru, jeudi après‐midi, en compagnie de Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, venu apporter son soutien. Pour le candidat insoumis, la clé du succès passe par un regain de mobilisation. Seuls 37 % des Vénissians se sont rendus aux urnes il y a une semaine.
L’ancien socialiste, Pascal Dureau (19,95 %), estampillé « Cœur lyonnais », le mouvement de Jean‐Michel Aulas, et le ciottiste Quentin Taïeb (17,32 %), soutenu par le RN, complètent le casting de la quadrangulaire de ce second tour.
Saint‐Fons : le maire sortant hors course, LFI en pole position

A Saint‐Fons, longtemps fief socialiste, l’alternance est de mise à l’occasion de chaque scrutin municipal depuis 2001. Le rendez‐vous électoral de 2026 ne dérogera pas à la règle. Elu en 2020, Christian Duchêne (divers gauche) ne retrouvera pas son fauteuil de maire. Face à lui se présentaient notamment trois listes issues d’une majorité sortante en capilotade, conduites respectivement par la première adjointe Michèle Edery (divers gauche), l’ex-première adjointe Nadia Touris (divers centre) et l’adjoint Hadi Mebarki (LFI et ex‐PS) !
Pour ajouter à ce scénario ubuesque, Christian Duchêne a été mis hors course au terme du premier tour : ses bulletins de vote ont été invalidés suite à l’absence de mention de la nationalité portugaise d’une colistière. Il envisage de déposer un recours afin d’obtenir l’annulation du scrutin et n’a pas donné de consigne de vote pour un second tour qui donnera lieu à une quadrangulaire, dans laquelle l’insoumis Hadi Mebarki dispose d’une confortable avance. La commune du sud‐est lyonnais, qui compte près de 20 000 habitants, a donc de bonne chances de donc tomber dans l’escarcelle de LFI ce dimanche soir.
Ces huit communes où un premier tour victorieux en cache un second
Spécificité lyonnaise oblige, notez que dans huit de ces communes où le maire est déjà élus, les électeurs sont tout de même appelés aux urnes ce dimanche. Hé oui : il leur reste encore à voter pour le second tour des élections métropolitaines. Les huit villes concernées ? Oullins‐Pierre‐Bénite, Grigny‐sur‐Rhône, Vernaison et Charly, dans la circonscription Lônes et Côteaux ; Corbas, Feyzin et Solaize dans la circonscription Portes du Sud ; et enfin Jonage dans la circonscription Rhône Amont.
On en profite pour vous reproposer la carte des résultats du premier tour dans les circonscriptions métropolitaines du Grand Lyon :
Dimanche 22 mars – 12h45
Hausse de la participation à Lyon par rapport au premier tour
Selon les chiffres de la participation à 12h, les Lyonnais sont plus nombreux à s’être déplacés pour aller voter aux trois scrutins organisés [lire plus bas].
- Pour l’élection municipale, la participation est en hausse de près d’un point par rapport à dimanche dernier : 24,31 %, contre 23,26 %.
- Même phénomène pour l’élection aux mairies d’arrondissement : 24,39 % aujourd’hui à midi contre 23,20 % au premier tour.
- En léger retrait par rapport aux deux précédents, le second tour du scrutin métropolitain mobilise lui aussi à cette heure un peu plus d’électeurs que le 15 mars : 23,21 % de votants contre 22,77 %.
Dimanche 22 mars – 12h15
La participation en hausse dans le Rhône à midi
Le taux de participation à midi est en hausse dans le Rhône pour ce second tour des élections municipales, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Il atteint 19,17% contre 17,62% dimanche dernier, lors du premier tour.
A l’échelle nationale, le taux de participation à midi s’élève à 20,33%. C’est, là aussi, légèrement supérieur à la semaine dernière à la même heure : 19,53%.
Dimanche 22 mars – 11h45
Et l’abstention dans tout ça ?
Dans un petit quart d’heure, les premiers chiffres de l’abstention seront communiqués par la préfecture. Aura‐t‐on plus voté que la semaine dernière à la même heure ? La fusion Doucet‐Anaïs Belouassa‐Cherifi aura‐t‐elle eu un effet sur la mobilisation des électeurs ? Réponse (encore très partielle) dans quelques minutes. D’ici là, on vous propose de regarder plus précisément ce qu’il s’est passé la semaine dernière à Lyon.
À rebours des tendances nationales, le premier tour des élections municipales 2026 a largement mobilisé les électeurs lyonnais. Sans doute les effets du match entre Jean‐Michel Aulas et Grégory Doucet. Avec un taux de 64,52%, la participation au premier tour a largement dépassé celle des municipales de 2014 (56,1%) et, bien sûr, de 2020 (39,85%).
Carte : l’abstention à Lyon au premier tour des municipales 2026
Et dans la métropole ?
On parle des municipales, on parle des municipales, mais n’oublions pas les fameuses métropolitaines grand lyonnaises. Là encore, c’est dans la ville centre que la participation a été la plus forte
La carte de l’abstention dans la métropole de Lyon au premier tour des élections métropolitaines 2026
Dimanche 22 mars – 11h30
Les candidats à Lyon ont voté
Grégory Doucet, le maire écologiste sortant, a voté ce matin dans son bureau de vote du 8e arrondissement de Lyon.

Jean‐Michel Aulas est lui aussi allé voter ce dimanche matin, à l’école Créqui dans le 6e arrondissement de Lyon. Un jour particulier pour lui puisqu’il fête son anniversaire ce 22 mars : 77 bougies pour l’ancien patron de l’Olympique lyonnais.
Dimanche 22 mars – 11h05
Comment a‑t‐on voté près de chez vous au premier tour ?
Liste arrivée en tête, abstention, quartiers favorables à Jean‐Michel Aulas ou à Grégory Doucet, secteurs insoumis… Bureau de vote par bureau de vote, retrouvez l’ensemble des résultats du premier tour de l’élection municipale et découvrez la géographie électorale lyonnaise révélée par nos cartes interactives.
76 318 suffrages pour l’un, Grégory Doucet, arrivé en tête du scrutin contre toute attente ; 75 134 pour l’autre, Jean‐Michel Aulas, candidat de la droite et des macronistes. Après le ralliement de l’insoumise Anaïs Belouassa‐Cherifi au maire écologiste de Lyon, annoncée lundi en fin d’après‐midi, les deux favoris s’affronteront en duel dimanche 22 mars. En attendant, peut‐être vous demandez‐vous comment votre bureau a voté ? Est‐il représentatif des scores observés à l’échelle des 9 arrondissements de Lyon (37,36 % des voix pour Grégory Doucet, 36,78 % pour Jean‐Michel Aulas) ?
Mediacités a passé à la moulinette les résultats sortis des urnes pour vous proposer la carte interactive ci‐dessous. Cliquez sur tel ou tel secteur pour afficher le nombre de bulletins et le pourcentage de suffrages exprimés par candidat de l’élection municipale présent au premier tour et par bureau de vote.
Les résultat du premier tour de l’élection municipale de Lyon du 15 mars 2026
Le Lyon Aulas et le Lyon Doucet
Sans surprise, le 5e arrondissement, la presqu’île et le 6e arrondissement dessinent une « diagonale bleue », là où les bureaux de vote ont placé en tête Jean‐Michel Aulas. Dans le cossu 6e, où Samuel Soulier, colistier de l’homme d’affaires, a été élu maire d’arrondissement dès le premier tour, plusieurs bureaux ont placé le candidat estampillé « Cœur lyonnais » à plus de 60 % des suffrages. Il devance aussi son adversaire écologiste dans les bureaux de vote à l’est des 8e et 3e arrondissements, où l’on trouve des quartiers pavillonnaires, comme Montchat, ou encore dans le secteur de Saint‐Rambert, dans le 9e arrondissement.
Grégory Doucet distance son rival dans les bureaux de vote de la Croix‐Rousse ainsi que dans une vaste partie des 3e et 7e arrondissements, là encore sans surprise. A la Guillotière (bureaux du gymnase Clémenceau ou de l’école Gilbert Dru) ou du côté de la place Jean Macé (bureaux de l’école Marc Bloch), le maire de Lyon frôle ou dépasse la barre des 50 %. Dans le 6e, il arrive en tête dans le quartier populaire de Bellecombe, tâches rouges, sur notre carte, dans un arrondissement bleu.
A noter enfin que deux bureaux de vote n’ont pas tranché entre Grégory Doucet et Jean‐Michel Aulas, en leur accordant le même nombre de voix, au bulletin près. C’est le cas du bureau 803, situé à la mairie du 8e arrondissement (315 suffrages pour chacun des deux candidats) et du bureau 213, situé à l’école Alix, dans le quartier de la Confluence (251 suffrages chacun). Des matchs nuls en quelque sorte.
Dimanche 22 mars – 10h45
Les enjeux du second tour à Lyon
Pressé(e) d’aller voter ? Pas de problème : en partenariat avec MOB, le média de la démocratie, la rédaction de Mediacités Lyon vous a concocté une petite vidéo qui résume les principaux enjeux du second tour. Le tout en moins de deux minutes.
Vous avez le temps pour une seconde vidéo ? On vous conseille celle‐ci qui résume le mandat qui s’achève. Qu’ont accompli Grégory Doucet et Bruno Bernard ces six dernières années. Les engagements pris en 2020 ont‐ils été tenus ? Vous saurez tout en quelques minutes.
Vous avez un peu de temps pour creuser le sujet ? Alors, allez jeter un œil à Radar 2026, l’outil de suivi de suivi des promesses électorales mis au point par Mediacités (avec l’aide de WeDoData et le soutien du Fonds pour une presse libre). Nous avions scrupuleusement noté tous les engagements pris lors de la campagne de 2020 et nous les avons évalués un par un. Un gros travail riche d’enseignements dont vous découvrirez le résultat ici :
Dimanche 22 mars – 10h15
Plus que sept mairies d’arrondissement à pourvoir à Lyon
Vous a‑t‐on déjà dit que les Lyonnais votaient trois fois (sur Mediacités, en tout cas, on a l’impression de se répéter !) ? Mais tous les Lyonnais ne passeront pas trois fois dans l’isoloir ce dimanche 22 mars puisque dans deux arrondissements, les maires, d’arrondissement donc, ont été élus dès le premier tour. C’est le cas du macroniste Thomas Rudigoz, dans le 5e, et de Samuel Soulier, dans le 6e. Deux soutiens et colistiers de Jean‐Michel Aulas dans la course à l’hôtel de ville. Neuf moins deux : il reste donc sept mairies d’arrondissement à pourvoir.
Dans le 2e arrondissement, qui correspond à la presqu’île, fief historique de la droite, les jeux semblent déjà faits puisque le sortant, le LR Pierre Oliver, a recueilli 49,59% des suffrages le 15 mars. Il ne lui a manqué que 62 voix pour remporter l’élection dès le premier tour. Derrière lui, l’écologiste Valentin Lungenstrass (31,8% au premier tour) dispose d’une réserve de voix qui se sont portées sur la candidate insoumise Malika Benarab Attou (9,29%). Elle paraît cependant insuffisante pour l’emporter.

Dans les autres arrondissements, grâce à l’alliance nouée – à l’échelon de la ville de Lyon – entre les écologistes et La France insoumise, la gauche se trouve en position favorable. Voire très favorable, comme dans le 1er arrondissement. Dans les pentes de la Croix‐Rousse, l’écologiste Yasmine Bouâgga, a recueilli 49,61% des voix le 15 mars et la liste de l’insoumis Florestan Groult, avec laquelle elle a fusionné, 14,55%.
La réélection de sa collègue écologiste Fanny Dubot, dans le 7e arrondissement, devrait être elle aussi une formalité. La directrice de campagne de Grégory Doucet a recueilli près de 42% au premier tour, distançant nettement sa concurrente « Cœur lyonnais » (le mouvement de Jean‐Michel Aulas) Emilie Desrieux (26,4%).

La situation électorale est plus équilibrée dans les quatre derniers secteurs de la ville, dont deux feront l’objet d’une triangulaire avec un candidat du Rassemblement national (RN) : le 9e et le 8e arrondissement. Là, c’est Alexandre Dupalais, ex‐candidat à la mairie de Lyon, qui porte les couleurs de l’extrême droite. Au premier tour, il avait recueilli dans le 8e près de 12% des voix. Son maintien devrait pénaliser la candidate « Cœur lyonnais » Barbara Velon. Le 15 mars, celle‐ci n’a été distancée par le maire écologiste Olivier Berzane que de… 21 voix. Mais le sortant devrait sauver son écharpe grâce à la fusion avec la liste insoumise de Laurent Legendre (15%).

Dans le 3e arrondissement, le plus peuplé de la ville, la sortante écologiste Marion Sessiecq (38,36% au premier tour) sera opposée à la LR Béatrice de Montille (35,14%), l’une des piliers de la campagne de Jean‐Michel Aulas. Egalement sortant, l’écologiste Rémy Zinck (36,43% au premier tour) sera lui opposé au macroniste Loïc Terrenes (32,41%) dans le 4e arrondissement. Dans ces deux secteurs, là encore, la fusion avec les listes insoumises, qui ont dépassé les 10% dimanche dernier, rend beaucoup plus improbable une bascule des mairies à droite.
Enfin, le 9e arrondissement sera donc le théâtre d’une triangulaire, entre le socialiste Emmanuel Giraud (32,64% au premier tour), la candidate « Cœur lyonnais » Laïla Khallouk (30,73%) et le RN Florian Patard (10,94%). La bataille pour l’ancienne mairie de Gérard Collomb, dans un arrondissement où est implanté Cegid, la société qui a fait la fortune de Jean‐Michel Aulas, l’alliance entre les écologistes et les insoumis (qui ont réalisé un score de 14,63%) place la gauche en grande favorite.
En savoir plus :
A Lyon, deux maires d’arrondissement pro‐Aulas élus dès le premier tour
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Je fais un donJe me renseigne sur la Société des AmisDimanche 22 mars – 09h30
Pourquoi les Lyonnais votent‐ils trois fois aujourd’hui ?
Trois enveloppes, trois bulletins de vote, trois passages dans l’isoloir et trois « a voté(e) » différents… Si on n’aime pas l’exercice démocratique, mieux vaut décidément ne pas habiter Lyon. Et pour cause : comme dimanche dernier, alors que dans l’immense majorité des communes françaises les électeurs ne passeront qu’une fois devant l’urne aujourd’hui (deux fois à Paris et Marseille), à Lyon ils reproduiront l’exercice… trois fois, excepté dans les 5e et 6e arrondissement qui ont élu leurs maires, d’arrondissement donc, dès le premier tour.
A quoi doivent‐ils ce privilège ? A deux choses distinctes. La première est une spécialité locale, au même titre que la quenelle ou la tarte à la praline : l’élection métropolitaine du Grand Lyon. Depuis 2015, ce dernier exerce toutes les compétences assurées auparavant par la communauté urbaine de Lyon et le département du Rhône sur son territoire (58 communes). Et depuis 2020, les électeurs de ces communes votent directement pour leurs représentants au sein de cette instance, quand le reste des Français élisent leurs conseillers métropolitains (ou d’agglomération ou communautaires) de façon indirecte : ces élus sont issus des rangs des conseils municipaux. Voilà pour le premier vote.
Mais quid des deux autres ? Ils sont directement liés à l’adoption de la loi PLM (pour Paris – Lyon – Marseille), en août 2025. Cette dernière a instauré une élection directe du conseil municipal dans une circonscription unique pour chacune des trois villes concernées. Autrement dit, alors qu’un électeur lyonnais (ou parisien, ou marseillais) élisait jusqu’à présent des conseillers d’arrondissement, dont certains siégeaient au conseil municipal et élisaient le maire de la ville, avec la loi PLM, il choisit directement la composition du conseil municipal. Mais vote toujours pour élire les conseillers d’arrondissement (de secteur, à Marseille). Et voilà pour les deux votes supplémentaires. 1+2 = 3, le compte est bon.
Si sur certains points cette réforme constitue une véritable avancée démocratique, elle produit aussi un certain nombre d’aberrations. C’est ce que Nicolas Barriquand, le rédacteur en chef de Mediacités Lyon décryptait au moment de son adoption :
« Crash monumental à prévoir ! » : les aberrations de la loi PLM pour les élections lyonnaises
On en profite pour vous reposter la carte des circonscriptions métropolitaines du Grand Lyon. Ça peut toujours être utile :
Dimanche 22 mars – 09h10
Municipales et métropolitaines : deux duels droite – gauche
Ces dernières semaines Mediacités a dressé le portrait des principaux candidats au second tour des élections municipales et métropolitaines de Lyon. On vous propose d’en apprendre un peu plus sur les protagonistes des deux duels d’aujourd’hui.
A la ville de Lyon : Grégory Doucet vs Jean‐Michel Aulas

Les Ecologistes, soutenu par le Parti socialiste et le Parti communiste
Fusion de second tour avec La France Insoumise
« Grégory Doucet, l’inconnu aux portes de la mairie de Lyon », avions‐nous titré, en 2020, un portrait consacré à celui qui allait devenir maire de Lyon. Six ans plus tard, l’ancien cadre d’Handicap International s’est fait un nom, synonyme pour certains de transition et d’adaptation de la ville au changement climatique, de polémiques et de crispations (comme autour des travaux ou de la question des commerces) pour d’autres. Donné largement vaincu par Jean‐Michel Aulas, l’écologiste a déjoué tous les sondages et pronostics lors du premier tour de l’élection municipale, dimanche dernier, pour arriver juste devant l’homme d’affaires soutenu par la droite et les macronistes. Face à la promesse d’un méga‐tunnel de son adversaire, sa campagne axée sur les préoccupations du quotidien (le logement, la santé ou les aires de jeux pour les enfants) semble avoir été payante.
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- La rupture inachevée des écologistes lyonnais
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Soutenu par Les Républicains, Renaissance, Horizons, MoDem et UDI
Après avoir étiré le suspens pendant des mois et des mois, l’ex-président de l’Olympique lyonnais Jean‐Michel Aulas, 76 ans, s’est persuadé, et laissé persuader, qu’il pouvait « sauver » Lyon des écologistes, qualifiés de « dogmatiques » et de « sectaires ». Et son écrasante notoriété a vite convaincu la droite et les macronistes, en mal de leader, de se ranger derrière son panache. Jusqu’à dimanche dernier, ils pensaient bien avoir eu raison tant les sondages prédisaient une victoire écrasante de leur cheval de 77 ans (il fête son anniversaire ce dimanche 22 mars). Patatras : les résultats du premier tour ont changé la donne. De favori, « JMA » est devenu outsider et la droite pourrait bien voir Lyon lui filer à nouveau entre les doigts.
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Au Grand Lyon : Véronique Sarselli vs Bruno Bernard

Soutenue par Les Républicains, Renaissance, Horizons, MoDem et UDI
Celle qu’on n’attendait pas… Désignée cheffe de file de son parti Les Républicains afin d’éviter une guéguerre intestine entre Gilles Gascon et Sébastien Michel, respectivement maires de Saint‐Priest et d’Ecully, Véronique Sarselli s’est retrouvée en première ligne pour former un binôme avec Jean‐Michel Aulas. La loi interdit à un maire, et a fortiori au maire de Lyon, d’être aussi président de la Métropole. Relativement inconnue, la première édile de Sainte‐Foy‐lès‐Lyon, bourgade cossue de l’ouest de l’agglomération, apparaissait jusqu’à dimanche soir dernier comme le maillon faible du ticket. La contre‐performance de « JMA » d’une part et sa stratégie de s’appuyer sur les maires de la « ceinture bleue » (elle a remporté 4 des 14 circonscriptions dès le premier tour) a radicalement changé le statut de Véronique Sarselli. Si elle parvient à remporter le Grand Lyon et que la droite perd à Lyon, elle disposera des vrais leviers du pouvoir local. A moins que des manœuvres de troisième tour ne renversent la table jeudi prochain lors du premier conseil métropolitain ?
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- Bruno Bernard, un homme d’appareil en péril

Les Ecologistes, soutenu par le Parti socialiste, le Parti communiste et Place publique.
Malgré sa réputation de fin négociateur et son flair politique, Bruno Bernard, président sortant de la métropole de Lyon, aborde ce second tour en position de faiblesse. L’écologiste n’a pas réussi à trouver un terrain d’entente avec La France insoumise qui a maintenu ses listes partout où elle a dépassé la barre des 10%, sauf dans la circonscription Lyon Ouest, particulièrement stratégique.
Cet ancien chef d’entreprise, fils de l’ex‐sénateur‐maire d’Oullins Roland Bernard, sera resté relativement dans l’ombre du médiatique Grégory Doucet tout au long du mandat. A la tête d’une collectivité de près de 4 milliards d’euros de budget, c’est pourtant lui qui a mis en oeuvre les grands projets du programme de rupture porté par les écologistes : la régie publique de l’eau, un vaste réseau de pistes cyclables à double‐sens, trois lignes de tramway ou encore l’encadrement des loyers et le RSA Jeunes.
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Dimanche 22 mars – 8 h 15
Le bilan du premier tour à Lyon :
Il est encore tôt en ce dimanche et donc toujours temps de se pencher sur le bilan du premier tour qui s’est tenu la semaine dernière.
Quelle surprise ! Dimanche dernier, déjouant la totalité des sondages publiés le temps de la campagne, Grégory Doucet est arrivé en tête du scrutin, devant Jean‐Michel Aulas. Le maire écologiste sortant de Lyon devance alors le candidat de la droite de 1184 voix, soit 0,6 points. Un petit rien mais une énorme satisfaction pour des écologistes que tout le monde donnait battus d’avance. Cette avance, associée à la fusion « technique » réalisée avec la liste de l’insoumise Anaïs Belouassa‐Cherifi suffira‐t‐elle à enfoncer le clou et terrasser définitivement Jean‐Michel Aulas ? C’est tout l’enjeu de ce dimanche de vote.
Mais c’est loin d’être le seul. car si écologistes et insoumis ont réussi à s’entendre à la ville, ils n’y sont pas parvenus à la métropole. Résultat, la droite menée par Véronique Sarselli est en bonne position pour l’emporter au Grand Lyon. Et l’on pourrait bien avoir à Lyon ce soir des écolos qui pleurent et d’autres qui rient.
Évidemment, les journalistes de Mediacités ont suivi au plus près cette semaine d’entre deux tours particulièrement tendue. Ils vous racontent tout ici, comme si vous y étiez :
Echec des négociations entre écologistes et LFI : la bascule à droite du Grand Lyon se rapproche
Dimanche 22 mars – 8 h 00
Bonjour à toutes et à tous.
Bienvenue sur ce direct consacré au second tour des élections municipales 2026.
Comme dimanche dernier, toute l’équipe de Mediacités est sur le pont pour vous faire vivre au plus près ce moment décisif pour Lyon, le Grand Lyon et la démocratie locale.
Comme tous les dimanches d’élection, la journée devrait être plutôt calme et rythmée par la publication des chiffres de la participation électorale à 12h et 17h. Cette fois encore les choses s’accélèreront en soirée, à partir de 18h, une fois les bureaux de vote fermés dans la plupart des communes, 20h à Lyon.
Dès leur publication, vous retrouverez tous les résultats dans la métropole et le département, commune par commune, en consultant notre carte interactive en haut de cet article. Réactions, atmosphère dans les QG de campagne, premières analyses… Les journalistes de Mediacités partageront avec vous toutes les infos glanées sur le terrain.
La campagne au scanner :
En attendant, nous vous proposons de revenir ensemble sur les faits marquants de cette campagne. Résultats du premier tour, décryptage de la fusion entre les listes écologiste et insoumise, portraits des candidats en lice, analyse des programmes et des principaux enjeux du scrutin. Cliquez sur l’image ci‐dessous pour consulter l’ensemble de notre dossier consacré aux élections municipales et métropolitaines à Lyon.
Bilan, enjeux et grands débats en vidéo
En attendant 20 heures et les résultats, n’hésitez pas à aller jeter un œil à Radar 2026, notre série de vidéos consacrées aux grands enjeux de ces municipales 2026. Bilan des municipalités sortantes, rôle des maires et limites de leurs pouvoirs, solutions pour résoudre la crise du logement, place des femmes dans les mairies, questions sur la probité des élus, etc… En une quinzaine d’épisodes réalisés avec MOB, le média de la démocratie, nous vous donnons les clés pour voter en toute connaissance de cause.
Bonne journée,



