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Les médias doivent-ils donner la parole aux enfants ? À quelles conditions ?
C’est la question que pose Arrêt sur images dans un article approfondi après avoir effectué un constat : après le rapport de la Fondation de l’enfance alertant sur les violences parentales, aucun article n’interrogeait d’enfants. La réponse professionnelle à apporter est complexe et des journalistes témoignent des précautions et des contraintes que fait peser la présence de mineurs dans les médias. Pourtant, rappelle dans cette enquête la spécialiste des droits de l’enfant Marion Cuerq, « il est urgent de traiter correctement les sujets qui touchent aux enfants ».
Les thématiques à aborder sont d’importance. Il y a, outre les violences au sein des familles, celles commises dans les structures d’accueil. Avant les révélations à répétition dans le périscolaire parisien, le scandale Notre-Dame-de-Bétharram avait montré le silence qui a entouré ces actes des décennies durant. Depuis, Mediacités cherche à en évaluer l’ampleur en obtenant les inspections ministérielles dans l’enseignement catholique. Une demande de transparence que le journal poursuit avec assiduité mais bien seul, comme si l’affaire béarnaise était déjà archivée. Dans les villes où il est implanté (Lyon, Toulouse, Nantes, Lille), il ajoute à cela des appels à témoignages pour contribuer à la prise de conscience des violences rencontrées par les plus petits dans les cadres scolaires et périscolaires.
D’autres débats se font tout aussi peu avec les jeunes, comme l’interdiction promue par Emmanuel Macron des réseaux sociaux aux moins de 15 ans pour lequel les concerné·es sont certainement les moins écouté·es. Le sujet est pourtant d’ampleur et cette approche répressive ne saurait tout régler, rappelait Mathilde Saliou dans les coulisses de La Presse libre. Depuis des années, des géants de la tech et notamment Meta et Tiktok ont sciemment développé des outils nocifs pour la santé mentale des jeunes. Ils ont ainsi contribué à accroître un mal-être bien ancré : dans un article de Rue89 Strasbourg, le pédopsychiatre Flavien Giacomini estime que dans une même classe, quatre à cinq élèves souffrent d’un trouble mental. Il regrette aussi qu’ils ne trouvent alors pas suffisamment de structures adaptées pour les accueillir. Là encore, il faudrait peut-être écouter les enfants.