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Ils étaient seulement une centaine de personnes mercredi 20 mai place des droits de l’homme à Bordeaux pour rendre hommage à Ruben Torres. Rue89 Bordeaux raconte son histoire : visé par un gang au Honduras pour avoir dénoncé un crime, ce trentenaire s’était résolu à retourner au pays pour documenter les menaces qu’il y subissait et enfin convaincre la France de lui accorder l’asile. Il n’en a pas eu l’occasion : il a été retrouvé mort dans un ravin quelques jours après son retour. « La France ferme ses portes, l’Europe ferme ses portes, appliquant des résolutions de plus en plus inhumaines et de plus en plus absurdes », regrette Serge Milhé, au nom de l’Association de Solidarité avec Tous·te·s les Immigré·e·s (ASTI).
Ce drame vient effectivement souligner le durcissement de la politique d’immigration durant ce deuxième mandat d’Emmanuel Macron, qui crée d’autres drames. Dans le Calaisis, à la frontière franco-brittanique objet d’accord entre les deux pays, le « harcèlement d’Etat » a toujours court pour les personnes visant la traversée et « le nombre de morts à la frontière a augmenté de manière exponentielle ces dernières années », rappelle Louis Witter, photojournaliste qui livre un long entretien en vidéo à Arrêt sur images.
Au quotidien, les personnes étrangères vivant en France voient leurs conditions de vie et leurs droits se dégrader. Les titulaires de titres de séjour doivent toujours plus batailler pour renouveler leurs papiers dans des préfectures engorgées, rapporte Politis. « Avec 930 000 dossiers en attente, l’administration maintient délibérément des centaines de milliers de personnes étrangères dans une insécurité juridique permanente, les exposant à la perte d’emploi, de logement ou de droits sociaux », dénonce notre média partenaire. À l’université encore, les frais d’inscription pour les étrangers non communautaires augmentent, passant de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers et plongeant les concerné·es dans des situations de précarité importante, comme le documente de longue date Rue89 Strasbourg.
Des situations qui interviennent dans un débat public où la théorie raciste du grand remplacement s’est installée à rebours des faits statistiques, décrypte Reflets, rappelant que les étrangers représentent 8,8 % de la population française, soit seulement 1,4 point de plus qu’en 1975.