En hommage à Ruben Torres, mort après son expulsion (WS/Rue89 Bordeaux)
Dans leur hommage à Ruben Torres, mort au Honduras quelques jours après son retour forcé, plusieurs associations de soutien aux étrangers ont dénoncé les conséquences des obligations de quitter le territoire français (OQTF) et le durcissement des politiques migratoires.
Ses larmes ont coulé à peine il a pris la parole. « C’est horrible de penser que je ne pourrai plus boire une bière avec lui », lâche Emile, le demi-frère de Ruben Torres. Ce dernier, ressortissant hondurien de 37 ans débouté de sa demande d’asile en France, a été retrouvé mort le 10 mars 2026, quelques jours après son retour dans son pays. La famille affirme qu’il a été assassiné et rejette l’hypothèse d’un accident avancée par les autorités locales.
« Ça me touche qu’ici, en France, vous ayez fait quelque chose en son hommage, alors que le Honduras n’a rien fait pour lui », ajoute Emile.
Ruben Torres avait quitté sa terre natale après avoir fui les menaces de mort d’un gang violent. Arrivé en France, il avait demandé l’asile, sans succès, avant d’être contraint de quitter le territoire et de retourner à Tegucigalpa, la capitale hondurienne, où il a été retrouvé mort au fond d’un ravin.
Depuis, des associations dénoncent les conséquences humaines des expulsions vers des pays où les conditions de sécurité restent extrêmement précaires. Elles organisaient ce mercredi 20 mai à 18h30 un rassemblement sur le parvis des Droits-de-l’Homme, à Bordeaux.

« Des résolutions inhumaines »
Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel de l’ASTI Bordeaux (Association de solidarité avec tou·te·s les immigré·es), de la LDH Bordeaux-Gironde (Ligue des droits de l’Homme), de La Cimade, d’ARTS (Association des réfugiés à Talence – Solidarité), du SAF Bordeaux (Syndicat des avocats de France) et de la FSU Gironde (Fédération syndicale unitaire). Les prises de parole se sont succédé pour dénoncer le système d’accueil des étrangers en France et les politiques d’expulsion.
« Derrière les OQTF, derrière ces situations administratives, il y a des vies, il y a des gens avec leurs rêves, leurs espoirs, mais aussi leurs craintes et leurs peurs », lance Pierre-Antoine Cazau, l’avocat qui suivait son dossier.
« La France ferme ses portes, l’Europe ferme ses portes, appliquant des résolutions de plus en plus inhumaines et de plus en plus absurdes », regrette Serge Milhé, au nom de l’ASTI Bordeaux. « Les OQTF pleuvent sur des jeunes qui préparent un bac, un CAP ou un BTS », complète une représentante de la FSU, qui déplore « l’humanité effacée » des demandeurs d’asile.
Une minute de silence a été observée avant la fin du rassemblement.
