Une quarantaine de tentes sont installées au camp Krimmeri, dans le quartier de la Meinau à Strasbourg.
La Ville de Strasbourg veut installer, à partir du 30 novembre, un centre d’hébergement avec 130 places pour des personnes sans-abri dans l’ancien hôtel F1 du Port du Rhin.
La Ville de Strasbourg a publié le 11 septembre un appel d’offres pour « la gestion d’un centre d’hébergement temporaire ». Les associations candidates sont invitées à visiter l’ancien hôtel F1 du Port du Rhin le 30 septembre ou le 2 octobre, avant de rédiger un projet « garantissant le fonctionnement technique, l’entretien, le nettoyage et la sécurité pour les résidents ». La date limite d’envoi est fixée au 27 octobre, pour un contrat qui commencerait le 30 novembre.
« On veut ouvrir un maximum de places avant l’hiver », commente Paul Meyer, adjoint au logement de la maire Catherine Trautmann (Parti socialiste). Comme l’ont relaté les Dernières nouvelles d’Alsace (DNA), la municipalité prévoit d’ouvrir 300 places d’hébergement d’urgence dont une « majorité vont être ouvertes avant l’hiver. Les autres seront disponibles d’ici la fin de la première année de mandat [fin mars] », complète Paul Meyer.
170 places réparties dans la ville
Pour rappel, la Ville de Strasbourg loge à ses frais plus de 1 000 personnes après une politique d’hébergement d’urgence débutée sous le mandat de Roland Ries (2014-2020) et accélérée par l’ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian. Le nouvel exécutif assure que les dispositifs existants sont augmentés et a identifié des logements à mobiliser dans le patrimoine vacant appartenant à la commune. Paul Meyer ne souhaite pas préciser où se trouveront tous ces hébergements pour éviter « d’exposer les personnes ». Mais le plus gros site sera donc l’ancien hôtel F1, avec 130 places.
Selon l’appel d’offres, le durée du contrat sera de « un an reconductible trois fois, soit quatre ans au total ». Le montant maximal qui pourra être accordé au prestataire sera de 900 000 euros hors TVA pour la première année. Les 170 autres places d’hébergement d’urgence seront réparties dans tous les quartiers de Strasbourg. « Ce sont les engagements que nous avons pris pendant la campagne et que nous appliquons méthodiquement », explique Paul Meyer.
La Ville obligée de combler la carence de l’État
Les demandes de mises à l’abri devraient augmenter au cours du dernier trimestre 2026 puisque la préfecture du Bas-Rhin supprime 822 places d’hébergement destinées aux personnes en attente de régularisation. Une partie de ces personnes, à la situation très précaire puisqu’elles ne peuvent pas travailler, va donc trouver une solution auprès des dispositifs de la Ville. Il devrait cependant en rester plusieurs centaines qui n’auront pas de solution suite à cette décision de l’État. Elles risquent de devoir verser un loyer à un marchand de sommeil, en trouvant de l’argent avec du travail clandestin. « C’est ce que nous voulons éviter », assure Paul Meyer.
La Ville a lancé les démarches juridiques pour un démantèlement du camp Krimmeri. Certaines familles qui y avaient installé une tente ou un abri pourraient donc être relogées par la municipalité. En général, l’État, qui est chargé d’héberger toutes les personnes qui le demandent, ne propose des solutions qu’aux personnes ayant un titre de séjour ou une demande d’asile en cours. L’ancienne équipe de Jeanne Barseghian a même fait condamner l’État pour ses manquements en la matière. Mais ce dernier ne semble pas changer de politique à ce stade.