Publié le 29 août 2026

11 min

Théâtre, punk et cultures urbaines : la sélection culturelle de septembre

#Actu

Au programme en septembre, des rendez-vous pour préparer sa saison culturelle, deux festivals fêtent leur 10 ans, le théâtre se réinvente au Molodoï, l’identité est questionnée à la Trézorerie, et Musica convoque l’Irlande et le punk.

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Un balcon, des concerts, une rue qui s’anime, c’est le retour de « Y’a du monde au balcon » le 20 septembre.

Au programme en septembre, des rendez-vous pour préparer sa saison culturelle, deux festivals fêtent leur 10 ans, le théâtre se réinvente au Molodoï, l’identité est questionnée à la Trézorerie, et Musica convoque l’Irlande et le punk.

Strasculture, tous azimuts 

Qui dit rentrée culturelle, dit Strasculture. Si vous n’avez pas encore calé vos sorties théâtrales, musicales, vos activités artistiques ou celles des enfants, c’est LE rendez-vous pour se faire une idée en un tour de piste, ou plutôt de place (du château en l’occurrence). Près de 120 exposants, sites et associations culturelles seront présents toute la journée pour nous présenter leur saison 2026-2027.

Théâtre, musique, danse, chorale, cirque… Des démonstrations et représentations s’enchaîneront sur quatre scènes durant toute la journée. Les spectacles joueront place du château avec entre autres Graine de cirque et la Lolita, la Ligue ouverte et libre d’improvisation théâtrale amateure. La cour du Palais Rohan résonnera au son des orchestres et chorales avec l’Orchestre philharmonique de Strasbourg ou encore la chorale Les Sing’lées.

Strasculture, c’est l’occasion de rencontrer les structures culturelles de la ville mais aussi de voir des spectacles tout au long de la journée.Photo : Roméo Boetzlé – Strasbourg Eurométropole

Pour les démonstrations de danse en tout genre, ça se passera sur la terrasse du Palais Rohan, avec La Maison du Mouvement, Mistral Est ou encore Salsa Loca. Enfin, dans le cadre plus intimiste de la cour du 5ᵉ Lieu, on pourra écouter des lectures à voix haute, des concerts et des chants indiens avec notamment l’association Vidyalaya. En prime, c’est l’occasion de s’essayer à diverses pratiques avec des ateliers : gravure, cyanotypie, écriture flash, création musicale, lecture à voix haute, ou encore jeux vidéo indépendants avec le Shadok.

Un 5 septembre, six fois

Que s’est-il passé un 5 septembre ? Que se passera-t-il ce 5 septembre au Molodoï ? Six compagnies de théâtre et de danse, cinq de Strasbourg et une de Metz, créent le Festival Perpétuel et un manifeste : cinq jours de résidence, une seule représentation, un mot d’ordre, la date du jour. 18 interprètes sont tirés au sort, associés à des artistes qu’ils ne côtoient pas d’ordinaire. Chaque metteur en scène a 20 minutes pour raconter un 5 septembre, année libre : la naissance de Louis XIV, celle de Freddie Mercury, les attentats aux Jeux olympiques de Munich en 1972, ou aucun de ces sujets, mais ça, on ne le découvrira que le soir même !

Le Festival Perpétuel c’est : une date, un lieu, cinq jours de travail, six metteur·euses en scène, dix-huit interprètes, une scénographe, un créateur lumière.Photo : Fabrice Serrario

Né à la suite de leur lutte dans la Coordination du 19 février pour le spectacle vivant, ce cycle doit courir jusqu’à la présidentielle de 2027. « On va essayer de faire des spectacles ensemble plutôt que des manifestes et des pétitions », résume Mathias Moritz, du Groupe Tongue. « D’ordinaire, on est tous isolés, on a nos projets et on est malgré nous en compétition. Là, c’est l’occasion de voir nos points communs artistiques, mais aussi d’avoir droit à l’erreur, de faire du politique. » Les spectateurs pourront entrer et sortir quand ils le souhaitent ; pour voir l’ensemble, prévoir deux heures. Le lendemain à 11h, toujours au Molodoï, tous les artistes se réuniront autour d’un micro pour l’enregistrement public d’un podcast. L’objectif : faire le point de ce qui s’est passé et réfléchir à la suite. La prochaine session devrait avoir lieu cinq semaines après, dans un autre lieu strasbourgeois.

Identités et papier

35 x 45 mm : c’est tout l’espace que l’administration accorde pour contenir une identité entière. Que dit-elle de nous, cette image ? L’artiste Alain Ries propose une réflexion sur l’identité en créant d’étranges et déroutants visages à partir de vieilles photos d’identité, chinées aux puces et dans les vide-greniers. Noir et blanc, couleurs, sépia, les clichés dénichés par le collectionneur sont découpés puis assemblés pour former de nouveaux visages et de nouvelles expressions. L’artiste, qui collecte les photos de famille anciennes depuis une vingtaine d’années, s’approprie ces identités qui deviennent sa matière première pour mieux les détourner. Des collages comme des rencontres entre les époques, les styles et les personnalités.

Alain Ries présente ses collages photo à La Trézorerie en septembre.Photo : Alain Ries – La Trézorerie

En parallèle de cette exposition, la Trézorerie et l’association La Collec’te proposent une exposition en hommage à Ivan Epp, collectionneur durant quarante ans de papiers d’identité du monde entier. On découvre une sélection ouverte des pièces représentatives de sa collection, mais aussi la rencontre émotive de quatre profils de vie : Marguerite Lamerant, Armand Bruch, Lucie Siegler et Zoltan Kulcsar. Ivan Epp publiait régulièrement ses trouvailles sur le compte Instagram Papier_sil_vous_plait jusqu’à sa disparition en 2024.

Irlande et punk à Musica

Dès le 18 septembre, le Festival Musica revient avec une trentaine de spectacles pour cette 44ᵉ édition, dont 14 créations flambant neuves, et une conviction intacte : la création ne se tient jamais à distance du monde et de ses mutations. Deux temps forts en témoignent. Cap sur l’Irlande, à l’occasion de sa présidence du Conseil de l’Union européenne : Prospective Irlande, du 25 au 27 septembre, fait dialoguer chant traditionnel sean-nós et électro la plus radicale, avec en point d’orgue l’opéra The Curing Line de Michael Gallen, présenté avec l’Opéra national du Rhin, et un débat sur le revenu universel pour les artistes, adopté en Irlande en 2026.

L’opéra The Curing Line du compositeur irlandais Michael Gallen est à voir à Cité de la Musique et de la Danse, les 26 et 27 septembre 2026.Photo : Maria Lax

Début octobre, le punk reprend ses droits avec Punk im Elsass, six rendez-vous à Strasbourg et Mulhouse. Porté avec les Archives d’Alsace, l’événement rouvre les caves et les squats d’une scène née dans les années 1970 : concerts au Sonic Temple et à La Grenze, rencontres avec les témoins de l’époque. La Haute école des arts du Rhin (HEAR) convie les amateur·ices de punk à une expo montée en un jour avec ce que chacun et chacune apporte : fanzines, photos, badges, tracts, bouts de scène ou de vie. On collecte, on catalogue, on accroche, et on décroche presque aussitôt. Concerts et performances des élèves de la HEAR rythment cette journée éclair, en guise de dernier cri.

Y’a du monde au balcon

Un jour par an, le balcon du 14 rue du Ruisseau Bleu, au Neudorf, devient la scène de concerts gratuits à voir depuis la chaussée. Dans cette rue déjà rodée aux fêtes de voisinage — elle organise depuis vingt ans sa Baignade en juin —, ce noyau de voisins et voisines reconduit en 2026 la 10ᵉ édition de Y’a du monde au balcon. « Deux amies ont joué du ukulélé sur mon balcon pour des gens qui étaient en bas, un soir de Noël. Je me suis dit : c’est trop génial de faire un concert sur un balcon ! », se souvient Taner, coorganisateur de l’événement. Le principe est simple : des groupes locaux s’enchaînent de 15h à 20h30 sur le balcon donnant sur la rue. « On invite les groupes qui débutent, on n’a aucun budget, et c’est gratuit pour le public : les musiciens viennent pour le fun, on leur offre une autre expérience », précise l’ancien locataire du fameux balcon.

« Y’a du Monde au balcon » et surtout dans la rue du ruisseau bleu pour fêter les 10 ans de l’événement.Photo : Ya du Monde au balcon

Au programme cette année : la pop aérienne de Joceline, l’indie rock de Gravière, le jazz groove de Steak House Rebel, le flow de Kadaz, rappeur strasbourgeois du mythique groupe La Mixture dans les années 1990, et une fanfare finale avec le Balkan Express Orchestra. Entre chaque groupe, de petits spectacles s’invitent dans la rue : théâtre, cirque, activités surprises. En haut, la scène ; en bas, la fête : « C’est le partage ! s’anime Taner. On amène tous de quoi boire, grignoter, l’ambiance est bon enfant. » Le mot d’ordre : rien ne se vend, rien ne s’achète, tout se partage ! Pensez à apporter une boisson, un goûter ou un apéro et de la monnaie pour le chapeau des artistes.

Le théâtre, c’est trop perché !

Le tiers-lieu Kaléidoscoop, au quartier Coop, organise une soirée découverte de la saison des théâtres strasbourgeois, gratuite et ouverte à toutes et tous, peu importe votre âge, vos passions ou votre rapport au théâtre. Il y aura des jeux, des défis, des places de spectacle à gagner. L’événement invite à « tester vos préjugés ». Une dizaine de lieux culturels seront présents : Théâtre national de Strasbourg (TNS), Maillon, TJP, Pôle Sud, Espace K, l’Illiade, Espace Django, Théâtre actuel et public de Strasbourg (TAPS)… C’est la première fois que Kaleidoscoop propose cet événement, qu’il a d’abord imaginé pour les jeunes. Son équipe, férue de spectacles, est encore en train de concocter des parcours adaptés aux envies : danse, théâtre, musique…

Jeune et fauché·e ? Grâce à la carte Atout voir, destinée aux 11-25 ans non étudiant·es, les sorties culturelles sont accessibles à des tarifs très avantageux dans 52 établissements culturels de l’Eurométropole. Étudiant·es, votre sésame à vous, c’est la Carte Culture ; toutes les infos sont sur ce site : carte-culture.org.

Dix ans de cultures de quartier

Dix ans déjà que le festival « OQP » pour Opération quartiers populaires met en lumière les cultures urbaines issues des quartiers populaires. Cette programmation anniversaire convie des artistes de Strasbourg à Marseille. À travers le rap, la danse, le cinéma, le théâtre, le stand-up ou encore les arts visuels, le festival défend la même conviction : les quartiers populaires sont des espaces de création, d’innovation culturelle et d’engagement citoyen. Un rendez-vous qui croise les disciplines et les générations, avec des œuvres et des artistes qui racontent ces territoires de l’intérieur.

Le Festival des cultures urbaines, OQP, fête ses dix ans cette année.Photo : Festival OQP

Ça débute le 29 septembre au Point d’Eau à Ostwald, avec Byzance, le rap-récital de Mess Bass, accompagné de son pianiste. L’Espace Django, au Neuhof, vibrera au rythme de Lâche pas le mic, une soirée qui réunira des MC de Strasbourg, Marseille et Mantes-la-Jolie. La danse sera à l’honneur lors de la journée de clôture de cette 11ᵉ édition, le dimanche 4 octobre, avec un spectacle Conscience de la compagnie Mira, et une battle de street dance sur la scène du Point d’Eau. Tous les événements du festival sont gratuits et les organisateurs recommandent vivement de réserver car les jauges sont limitées et en plus c’est sympa, ça leur facilite l’organisation.

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Bonjour 👋

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