Publié le 02 mai 2026

9 min

Strasbourg bouillonne en mai : concerts, performances et ateliers ouverts

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En mai, on retrouve les traditionnels rendez-vous strasbourgeois du printemps : les Ateliers ouverts, le festival Pelpass, mais aussi le moins connu Festival des arts mutants et le concert solidaire de l’association Abribus. Voici une petite sélection.

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En mai, on retrouve les traditionnels rendez-vous strasbourgeois du printemps : les Ateliers ouverts, le festival Pelpass, mais aussi le moins connu Festival des arts mutants et le concert solidaire de l’association Abribus. Voici une petite sélection.

Fugologie et arts mutants

Voilà déjà 15 ans que l’association strasbourgeoise INACT défend la performance et les créations pluridisciplinaires avec son Festival des Arts mutants. Cette édition baptisée Fugologie nous embarque à la rencontre des figures contemporaines de la fuite et des imaginaires liés à l’éco-anxiété. Au programme : trente-trois propositions interdisciplinaires venues d’une dizaine de pays, à voir entre la France, l’Allemagne et la Suisse.

S’appuyant sur la formule du « PFH » (« putain de facteur humain ») popularisée par l’astrophysicien Hubert Reeves, cette édition propose d’ouvrir un espace critique où s’élaborent des scénarios d’existence plus sobres, fondés sur l’expérimentation collective.

Riccardo Matlakas pour « Human Typer » à voir au Festival des arts mutants.Photo : Patrick Lambin

À Strasbourg, le festival se déroule du 30 avril au 3 mai entre la Fabrique de théâtre, la place Hans-Jean Arp et le parc Eugène Imbs à la Montagne Verte. Chaque jour, plusieurs représentations sont regroupées sous des thématiques comme Anthropoésie, Roue libre, Signal Fluide, Chemin faisant ou Nature Friction. On aime l’idée de se laisser surprendre par de nouvelles formes artistiques. Pour les plus aventureux, quatre ateliers permettent d’expérimenter avec son corps, comme dans Devenir baleine, ou de pratiquer la cryptogamie pour apprendre des mousses dans la ceinture verte de la ville.

Le festival se poursuivra fin mai avec deux dates autour des Ateliers ouverts : au Bastion XIV à Strasbourg (22 mai) et à Fabrik Culture à Hegenheim (29 mai).

Les enfants et les ados prennent la scène pour Génération Seishun au TJP.Photo : Anais Baseilhac

La jeunesse prend la scène

C’est quoi, être jeune aujourd’hui ? Le TJP tente d’y répondre durant un week-end en invitant enfants, adolescents et étudiants sur scène sous le titre Génération seishun. En japonais, seishun évoque le renouveau et la vitalité.

Tout au long de la saison, ces jeunes ont travaillé avec des artistes invités pour imaginer des histoires, des gestes, des sons et des dispositifs, dans des conditions pros. Ce sont leurs envies, leurs craintes, leurs tristesses et leurs joies qui seront à découvrir à travers une déambulation, des pièces théâtrale et chorégraphique, et un podcast.

Le festival Pelpass est de retour au Jardin des Deux Rives du 14 au 17 mai.Photo : Magalie Koessler

Pelpass : 48 artistes aux Deux-Rives

Le Pelpass est de retour du 14 au 17 mai pour sa neuvième édition. Ça se passe toujours au Jardin des Deux-Rives et ça promet encore de belles découvertes musicales. Environ 12 000 mélomanes ont assisté à l’édition précédente et celle-ci s’annonce tout aussi prometteuse : la journée du samedi affiche déjà complet depuis un mois.

Au total, 48 artistes sont programmés sur trois scènes durant ces quatre jours. À noter : la journée du dimanche se veut family-friendly avec une programmation adaptée et des tarifs réduits pour permettre à tout le monde de venir fêter la fin du week-end dans une ambiance décontractée. En prime, un bar à mioches tenu par les enfants des bénévoles qui servira les jeunes festivaliers. On vous détaille le programme du festival dans un prochain article !

Le bus de l’association Abribus qui organise une soirée de soutien au Molodoï le 9 mai.Photo : Victor PW

Abribus : 31 ans de solidarité en musique

Abribus c’est l’association qui fournit gratuitement des milliers de repas chauds aux personnes démunies d’octobre à mai, depuis 31 ans à Strasbourg. Les bénévoles se relaient trois jours par semaine (jeudi, samedi et dimanche) pour cuisiner puis distribuer des paniers-repas à bord d’un bus réaménagé pour l’occasion.

Alors quand Abribus organise son traditionnel concert de soutien qui marque la fin de la saison, on y va ! Ça se passe au Molodoï le samedi 9 mai et cette année encore, les bénévoles ont concocté une programmation éclectique avec l’aide de nombreux artistes, techniciens, associations et entreprises locales. Sur scène : Mandala gourougang, NAST, Yojimbo, Kalory, Margarita Tempête, Bjr Alex et Boum Baby Gang ambianceront la soirée. Dans la salle : stands de prévention, jeux, impressions sur vêtements et maquillage. Tous les bénéfices récoltés au cours de la soirée contribueront au financement de l’action de l’association pour la saison prochaine.

L’atelier Kerstin Moersch à la FABRIK culture de Hégenheim, à visiter dans le cadre des Ateliers ouverts.Photo : Alex Flores

Ateliers ouverts transfrontaliers

Deux week-ends pour franchir les portes des ateliers d’artistes, découvrir les coulisses de la création, dialoguer et pourquoi pas s’offrir une œuvre. Nouveauté cette année : l’événement dépasse les frontières alsaciennes et propose des visites du côté de la Suisse. Les 23 et 24 mai, les ateliers du Bas-Rhin vous accueillent, et les 30 et 31 mai, direction le Haut-Rhin et Bâle. Comme chaque année depuis 1999, on pourra pousser les portes de lieux rarement ouverts au public, nichés dans des centres-villes, des friches industrielles ou des villages.

On plonge dans la carte interactive pour préparer notre périple à travers la peinture, la photo, la vidéo, la sculpture… Un panorama vivant et accessible de la création contemporaine, enrichi d’une quarantaine d’événements organisés par les artistes : ateliers pratiques, concerts, contes, danse, démonstrations, expositions, performances, projections… Pour cette édition, les Ateliers ouverts ont créé des connexions avec les festivals des Arts mutants (cité plus haut dans cet article), Émomé Art (arts visuels et de performance du Togo) et le Festival des paysages en Alsace Bossue.

Week-end d’expérimentation sonore

Exploration et curiosité sonore pour petites et grandes oreilles au programme d’Oto-LABO #3. Construit autour des laboratoires actuels de l’ensemble HANATSUmiroir, ce mini-festival prévoit des œuvres inédites, des ateliers et des concerts participatifs. Ça débute le 22 mai par un parcours d’expérimentation sonore : ensemble d’installations interactives à la croisée du son, de la matière et de la vibration.

Suivent plusieurs créations musicales jusqu’à minuit, parmi lesquelles une transposition de la peinture de Pierre Soulages en paysages sonores ou encore de l’électro faite main à base de matériaux industriels et de récup’. Le lendemain, en plus du parcours d’exploration, de nouveaux concerts sont au menu, dont un « par et pour les enfants » à 11h. L’après-midi est dédié à des concerts participatifs, certains sur inscription préalable.

L’ensemble HANATSUmiroir propose un week-end d’expérimentations sonores avec Oto-Labo #3.Photo : Pauline Marfaing

Cerise sur le gâteau sonore : Marteaux Collective, collectif strasbourgeois de gamelan expérimental, clôturera le week-end en beauté. Si vous n’avez jamais vu ni entendu d’ensemble instrumental traditionnel indonésien, c’est l’occasion de découvrir cette musique minimaliste et répétitive qui hypnotise. Bon à savoir : il est possible de rejoindre le collectif qui se réunit tous les dimanches pour des ateliers à l’église Saint-Pierre-le-Vieux.

Danser avec les frontières

La chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues célèbre les 35 ans d’existence de sa compagnie Lia Rodrigues Companhia de Danças, installée dans la favela de Maré à Rio de Janeiro. Son spectacle Borda, présenté au Maillon ce mois-ci, fait renaître sur scène des costumes et des objets d’archive issus des spectacles emblématiques créés par la compagnie depuis ses débuts. « Borda » signifie en portugais à la fois « frontière », « limite », « barrière », mais aussi « bord », « broderie », et même « rêve » et « fantasme ».

La pièce débute avec neuf interprètes tissant un organisme-broderie où chacun dépend de l’autre, sorte de paysage textile et plastique blanc toujours en mouvement. Car au-delà des frontières géographiques, Lia Rodrigues s’intéresse aux lisières : ces zones poreuses où tout se fertilise, entre terre et mer, forêt et champ. Des espaces de friction créative plutôt que de conflit. Borda, c’est aussi joyeux et militant, accompagné de percussions dans la seconde partie du spectacle, plus festive et colorée. Il s’agit de la troisième pièce d’un triptyque débuté avec Fúria (2018) et Encantado (2021).

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Bonjour 👋

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