Publié le 16 septembre 2026

3 min

Sciences Po Strasbourg n’a plus de partenariat avec une université israélienne

#Actu

Le partenariat de Sciences Po Strasbourg avec l’université israélienne Reichman est arrivé à son terme et l’institution n’entend pas le reconduire. Des étudiants et une partie des professeurs s’étaient battus en 2024 et 2025 pour mettre fin à ce partenariat avant son échéance, afin de ne plus collaborer avec le gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou.

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La convention d’échanges d’étudiants a été signée en 2021, quand il était encore possible d’envoyer des étudiants en Israël.

Le partenariat de Sciences Po Strasbourg avec l’université israélienne Reichman est arrivé à son terme et l’institution n’entend pas le reconduire. Des étudiants et une partie des professeurs s’étaient battus en 2024 et 2025 pour mettre fin à ce partenariat avant son échéance, afin de ne plus collaborer avec le gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou.

Est-ce l’épilogue d’un feuilleton strasbourgeois qui dure depuis juin 2024 ? Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain, c’est que l’Institut d’études politiques (IEP ou Sciences Po) de Strasbourg n’a pas programmé à l’ordre du jour de son prochain conseil d’administration, prévu le 29 septembre, de nouvelle convention de partenariat avec l’université Reichman en Israël.

Une absence qui permet au député Emmanuel Fernandes (LFI) de « prendre acte avec satisfaction » de la fin de ce partenariat dans un communiqué ce 15 septembre. Emmanuel Droit, directeur de l’IEP, a cependant refusé de confirmer cette information à Rue89 Strasbourg. Mais l’accord de coopération et d’échanges d’étudiants entre les deux institutions universitaires a été signé le 22 avril 2021 pour une durée de cinq ans et il ne peut pas être reconduit sans une nouvelle convention. Il est donc arrivé à échéance en juin 2026.

À Newstank, Emmanuel Droit avait cependant indiqué en octobre qu’il n’entendait pas renouveler l’échange d’étudiants avec un pays en guerre mais qu’il était favorable à la reprise d’un partenariat avec Israël pour que les étudiants puissent « comprendre le monde, la complexité de cette région, de la société israélienne et de mieux saisir les enjeux sécuritaires propres à ce pays ».

Deux ans de conflit

Le conseil d’administration de Sciences Po Strasbourg avait voté en juin 2024 la suspension de ce partenariat, en raison des massacres que provoque à Gaza le gouvernement d’extrême droite de Benjamin Netanyahou et des liens entre l’université Reichman et l’appareil militaire israélien. Mais la direction, sous pression de l’Université de Strasbourg et du gouvernement, avait annulé cette décision et maintenu la coopération en décembre 2024, provoquant un mouvement de contestation de la part de nombreux étudiants et la démission d’une partie des administrateurs. Le bâtiment du Cardo, sur le campus de l’hôpital civil, a été bloqué à plusieurs reprises entre janvier et mars 2025.

Vincent Dubois, professeur de Sciences Po Strasbourg faisant partie des administrateurs démissionnaires. Il se désole encore de cette situation :

« Toute cette affaire aurait dû s’arrêter en juin 2024, après la décision régulière et conforme du conseil d’administration. Elle aurait également pu s’arrêter après le vote unanime du comité d’étude mis en place spécifiquement pour évaluer ce partenariat. Nous avons perdu deux ans pendant lesquels nous avons pu constater que tout ce que nous dénoncions alors s’est vérifié, et notamment la participation active des universités israéliennes au génocide des Palestiniens, à la poursuite de la colonisation et aux massacres des civils… »

« Il était temps », conclut Vincent Dubois, qui estime que Sciences Po Strasbourg pourrait bien être la première institution universitaire strasbourgeoise à prendre ses distances avec Israël. En septembre, Investigate Europe a révélé comment Israël a mis en place une intense campagne de lobbying et de pressions pour que le monde universitaire européen conserve ses liens avec les universités israéliennes malgré la guerre en cours. Plusieurs institutions universitaires françaises n’ont pas mis fin à leurs partenariats avec Israël, notamment la Sorbonne et Sciences Po Paris, malgré des mobilisations étudiantes.

Par Pierre France

Publié le 16 septembre 2026

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