L’école André Weckmann n’avait plus qu’une seule classe.
L’académie de Strasbourg prévoit de supprimer plus d’une cinquantaine de classes à la rentrée 2026. Dans certains villages, des parents se mobilisent pour éviter la fermeture de l’école.
L’académie de Strasbourg a fait ses comptes : elle attend 3 540 élèves de moins dans ses écoles. En conséquence, l’institution prévoit une diminution de 27 classes dans le Bas-Rhin et autant dans le Haut-Rhin, comme le détaille un communiqué :
« Dans le Bas-Rhin, la carte scolaire prévoit 111 fermetures et 84 ouvertures de dispositifs, le solde
correspondant aux 27 diminutions d’équivalent temps plein. Dans le Haut-Rhin, 94 fermetures ont été proposées pour 67 ouvertures de dispositifs. Ce qui correspond à la diminution de 27 équivalents temps plein dus à la réduction budgétaire nationale. »
L’académie de Strasbourg assure que « les ouvertures et fermetures de classes font l’objet d’un travail mené école par école, en prenant en compte les réalités de chaque école (localisation, appartenance à l’éducation prioritaire, contexte social, présence et inclusion d’élèves en situation de handicap, dispositifs territoriaux, projets des communes…) et plusieurs étapes de concertation ». L’institution soutient en outre que ces suppressions de classes suivent la baisse prévue de 2,29% du nombre d’élèves et permettent de maintenir un taux d’encadrement constant.
Mais les syndicats d’enseignants auraient préféré que le ministère de l’Éducation nationale profite de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer le taux d’encadrement. Mariane Brosse-Heimburger, co-secrétaire départementale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (Snuipp) du Haut-Rhin, rappelle :
« Nous attendions du ministère des moyens constants, pour rattraper le niveau européen en matière d’effectifs par classe d’ici 2034, disposer de plus de remplaçants, améliorer la formation continue des maîtres et abonder les moyens pour les réseaux d’éducation prioritaires et spécialisés… »
Mariane Brosse-Heimburger pointe en outre :
« Le ministère a choisi d’ouvrir 12 pôles d’appui à la scolarité (PAS), sans dotation dédiée, dans le Haut-Rhin, ce qui a contraint l’académie à trouver ces moyens en fermant davantage de classes… De même, l’augmentation de sept postes de remplaçants s’est faite sans moyens spécifiques et donc a nécessité la suppression de classes. »
Des écoles en sursis
Dans plusieurs villages d’Alsace, ces suppressions de classes vont entraîner la fermeture d’écoles, ce qui provoque des départs de familles, d’autres qui ne s’installent pas, etc. C’est le cas à Leutenheim, au nord de Soufflenheim dans le Bas-Rhin, où la fermeture de l’unique classe de maternelle est programmée. « L’école accueille 13 élèves et 14 sont prévus à la rentrée 2026, se désole Rim Ayari-Heyd, l’une des parents mobilisés contre cette décision. On ne comprend pas, d’autant qu’un lotissement devrait permettre l’accueil d’une vingtaine de nouvelles familles dans la commune. »
Les élèves de Leutenheim seront envoyés à l’école de Roeshwoog, à quelques centaines de mètres. Mais Rima Ayari-Heyd rappelle :
« À 3, 4 ou 5 ans, les enfants ont besoin de stabilité, de repos et de repères. La maternelle joue un rôle essentiel dans la socialisation et la construction de la sécurité émotionnelle. Dans une petite école de village, les enfants évoluent dans un cadre rassurant, avec des adultes et des camarades qu’ils connaissent bien. »
Les parents mobilisés de Leutenheim participeront à un rassemblement de soutien contre les fermetures de classe en Alsace, lundi 4 mai à 17h devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) à Strasbourg.