Publié le 18 décembre 2025

2 min

Réintroduit dans le parc des Ballons des Vosges, le Grand Tétras à nouveau proche de l’extinction

#Écologie

Tous les Grands Tétras suivis par une balise et réintroduits dans le parc des Ballons des Vosges sont morts. Le collectif SOS Massif des Vosges y voit la preuve d’un maintien impossible de l’espèce dans le massif vosgien.

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Un Grand Tétras observé lors d’un voyage ornithologique en Suède.

Tous les Grands Tétras suivis par une balise et réintroduits dans le parc des Ballons des Vosges sont morts. Le collectif SOS Massif des Vosges y voit la preuve d’un maintien impossible de l’espèce dans le massif vosgien.

La réintroduction du Grand Tétras dans le massif vosgien ressemble de plus en plus à un échec. En 2024 et en 2025, le parc des Ballons des Vosges a accueilli au total 16 coqs et poules capturés en Norvège. Mais mi-décembre, le bilan est peu flatteur pour les soutiens d’une réintroduction de l’espèce. Comme l’indique le site du parc, il ne resterait que « 1 à 2 coq(s) et 1 poule » parmi la population de Tétras transportés depuis la Norvège. Les individus sont d’autant plus difficiles à suivre que leurs balises GPS ont cessé d’émettre. Toujours selon le parc des Ballons des Vosges, il y aurait encore trois poules autochtones. Les autres Grands Tétras ont été victimes de prédateurs, « notamment la martre des pins qui représente 85% de la mortalité des oiseaux », peut-on lire sur le site du PNRBV.

Des associations opposées

Le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel Grand-Est (CSRPN) et le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) sont opposés à cette réintroduction du Grand Tétras. Ces organismes arguent tout d’abord du manque de place. Il faudrait selon eux 20 000 hectares pour une réintroduction efficace de l’espèce, soit plus du double des quelques 7 000 hectares disponibles dans le parc des Ballons des Vosges. Le CSRPN et le CNPN invoquent aussi les touristes et les véhicules à moteur comme autant d’obstacles à la survie des Grands Tétras. Enfin, ces experts dénoncent l’« absence d’évaluation rigoureuse des causes du déclin (des Grands Tétras, NDLR) et l’absence de mesures dignes de ce nom visant à éliminer celles-ci ».

Un échec couteux

Le coût de cette tentative de réintroduction s’élève à 230 000 euros par an pour une durée de cinq ans. L’État, la Région Grand Est et l’association Rewilding Europe ont participé au financement du projet. Face à ce « gâchis manifeste de l’argent public », l’association SOS massif des Vosges appelle « à la suspension immédiate du programme » et « à une réorientation massive des moyens vers la restauration réelle des habitats ».

Contacté, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV) n’a pas souhaité répondre a nos questions.

Par Charlotte Lonchampt

Publié le 18 décembre 2025

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