Un second exemplaire de l’Ouverture de Spartacus de Camille Saint-Saëns retrouvé à Bordeaux
Dans sa bibliothèque, le Conservatoire de Bordeaux est tombé par hasard sur une mystérieuse partition manuscrite, écrite par le compositeur de musique Camille Saint-Saëns (1835-1921). Cette Ouverture de Spartacus avait gagné le premier prix de la Société Sainte-Cécile en 1863 à Bordeaux.
C’est en s’intéressant de près au parcours de Camille Saint-Saëns avec Jean-Emmanuel Filet, organiste et enseignant en 2025, que Marion Moulin Voisin, responsable de la bibliothèque du Conservatoire de Bordeaux, a dépoussiéré une de ses partitions manuscrites écrites à deux mains. Il s’agit de l’Ouverture de Spartacus, inspirée de l’histoire du gladiateur.
Le pianiste, né le 9 octobre 1835 à Paris et mort le 16 décembre 1921 à Alger, a composé cette œuvre à l’occasion de sa participation au concours de la Société Sainte-Cécile (1843-1938), autrefois une école de musique et un orchestre, ancêtre de l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine.
Des archives à l’enquête
Or, pour retrouver l’artiste à l’origine de cette œuvre musicale dont le nom n’était pas inscrit sur la partition – en raison de sa participation à un concours où l’anonymat des œuvres était obligatoire –, le Conservatoire de Bordeaux a dû mener l’enquête. Pour l’aiguiller, seulement quelques indices visibles sur le papier, comme « les signatures du jury du concours, apparentes sur la page de garde », et « des collages de portées » de part et d’autre, précise un communiqué publié ce jour.
Afin de s’assurer de son authenticité, le Conservatoire s’est tourné vers Clotilde Angleys, conservatrice des Bibliothèques de Bordeaux puis vers Marie-Gabrielle Soret, conservatrice à la Bibliothèque nationale de France, docteure en musicologie et spécialiste de Camille Saint-Saëns. Retrouvant le manuscrit original dans les archives de la BNF, cette dernière a confirmé l’identité du mystérieux compositeur.
Le Conservatoire de Bordeaux apporte d’autres détails :
« L’hypothèse retenue par Marie-Gabrielle Soret serait que Saint-Saëns ait fait envoyer à Bordeaux une copie de son œuvre et qu’il en ait conservé l’original, avant de l’offrir à Gabriel Fauré, qui par la suite, en a fait don à la BNF. »
Une morceau important de la vie de Saint-Saëns
La récente trouvaille du Conservatoire de Bordeaux vient compléter le puzzle de la vie de Camille Saint-Saëns, moins documentée entre 1850 et 1870. Durant cette période, « la mère du compositeur Clémence Saint-Saëns a activement participé à la copie des œuvres de son fils, rendant très difficile de distinguer ce qui est assignable à l’une ou l’autre », explique le Conservatoire de Bordeaux.
Avec ses airs de musique familiers, comme Le Carnaval des animaux (1886), des opéras ou encore des symphonies, le compositeur a marqué l’époque romantique. La deuxième moitié du XIXe siècle est cruciale pour le musicien qui a bien l’ambition de se frayer une place dans le milieu de la musique. Il participe pour cela à de nombreux concours, en France et ailleurs.
En 1856, la Société Sainte-Cécile à Bordeaux, lui attribue le 1er prix pour la symphonie Urbs Roma, puis en 1863 pour l’Ouverture de Spartacus, après qu’il a échoué deux fois au célèbre Prix de Rome.
