Manifestation de soutien au Rojava à Strasbourg, le 24 janvier 2026.
Samedi 31 janvier, le Centre démocratique du peuple kurde de Strasbourg appelle à une nouvelle manifestation en soutien aux Kurdes du Rojava, en Syrie. Cette mobilisation intervient alors que les populations kurdes sont toujours menacées par la reprise des combats avec l’armée gouvernementale.
Comme le samedi 24 janvier, les manifestants se rassembleront à 15 h place Dauphine avant de marcher jusqu’à la place Kléber. Les organisateurs insistent sur le caractère durable de cette mobilisation : « Tant que ce sera nécessaire, nous allons continuer à manifester. Nos familles, nos amis et les espoirs de l’humanité sont menacés d’extinction », souligne dans un communiqué le Centre démocratique du peuple kurde.
Cette nouvelle mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes dans la région. Pour rappel, un accord de trêve a été signé lundi 19 janvier entre le chef des forces kurdes de Syrie, Mazloum Abdi, et le président syrien, Ahmed Al-Charaa. Mais dès le lendemain, des combats ont éclaté entre les deux camps, mettant en danger les civils pris dans cet étau, notamment la population kurde. Hélène Dersin, chargée des relations extérieures du Centre démocratique du peuple kurde de Strasbourg expliquait que l’accord a été perçu comme un ultimatum par les Kurdes, soulignant qu’il n’y avait pas « de véritable reconnaissance de l’identité des Kurdes dans ce texte, qui n’est pas démocratique. »

L’accord prévoit notamment l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS), groupe armé à majorité kurde, à l’armée régulière syrienne, ainsi que la reprise par Damas de l’administration de certaines provinces arabes sous contrôle kurde, comme Deir ez-Zor et Raqqa, et bientôt Hassaké. Une partie du Rojava reste toutefois sous influence kurde.
« Catastrophe humanitaire »
Contactée pour faire un point sur la situation actuelle, Hélène Dersin explique que la situation humanitaire est de plus en plus difficile :
« Il y a un cessez-le-feu mais les bombardements continuent. Les États-Unis et la France tournent le regard car les intérêts économiques prennent le dessus. Les bombardements n’ont jamais cessé. La population manque de tout : d’eau, d’électricité, de médicaments. C’est une catastrophe humanitaire. »
Depuis le début du conflit, chaque jour, le Centre démocratique du peuple kurde est dans la rue à Strasbourg. Ils étaient par exemple mardi 27 janvier place de la République et se sont rendus jusqu’au Conseil de l’Europe. Jeudi 29 janvier, ils ont tenu un stand d’information place Kléber. Vendredi 30 janvier, ils seront à la gare.


