La dernière manifestation le 15 avril signalait déjà les différentes propositions de loi qui prévoient de criminaliser l’organisation et la participation aux free parties.
Deux projets de loi ciblent les free parties. En réponse, des collectifs appellent à manifester dans 30 villes de France, dont Strasbourg ce samedi 6 juin.
En disant vouloir lutter contre des « phénomènes troublant l’ordre public », la droite souhaite imposer des mesures répressives sévères aux acteurs des free parties, via deux projets de loi distincts. Emi, porte-parole du collectif Tekno Anti Rep à Strasbourg, dénonce ce projet « liberticide » qui constitue une atteinte directe aux « contre-cultures » selon elle. Face à cette menace, les collectifs Tekno Anti Rep, Resistek et d’autres associations appellent à la mobilisation dans plusieurs villes françaises, notamment à Strasbourg. La manifestation sonore est prévue ce samedi 6 juin, avec un rassemblement fixé à 14h place Kléber.
Faire la fête à partir de 1 500 euros
Actuellement, la loi française provoque uniquement des saisies de matériel en cas de free party. Et lorsque l’évènement a été interdit, les participants et participantes peuvent recevoir une amende de 135 euros. Le 7 avril 2026, Horizons, le parti d’Édouard Philippe, déposait une version durcie de son projet de loi sur lequel il travaille depuis mars 2025. Ce dernier prévoit désormais des amendes de 30 000 euros pour les organisateurs et organisatrices et de 1 500 euros pour les personnes participantes.
Un amendement de La France insoumise, très opposée au projet, a permis de protéger les bénévoles en prévention des risques notamment sur la consommation de stupéfiants. Le seuil du nombre d’individus présents pour que les évènements soient considérés comme des free parties sera de minimum 250 personnes. L’Assemblée nationale a adopté le texte le 9 avril dernier malgré les votes « contre » de la gauche. Le Sénat doit désormais l’examiner, avant un retour à l’Assemblée.
Parallèlement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez défend le projet de loi « Ripost », très généraliste mais s’attaquant aussi aux free parties. Adopté par le Sénat en première lecture le 26 mai, il devrait être examiné par l’Assemblée pendant l’été 2026. Inspiré des mesures de Giorgia Meloni, femme politique d’extrême droite et première ministre italienne, la loi prévoit jusqu’à deux ans de prison pour les organisateurs d’évènements sonores, des obligations de remise en état des lieux selon les enjeux environnementaux, 7 500 euros d’amende et six mois de prison pour les participants. Normalement, les parlementaires devront s’accorder pour ne pas avoir deux textes qui donnent des montants d’amende différents pour les mêmes faits.