Publié le 26 juin 2026

8 min

Au conseil de l’Eurométropole : piscines, logement et gratuité des transports

#Actu

Aides à la rénovation de l’habitat, soutien au logement social et débat sur les piscines et sur la gratuité des transports pour les seniors. Les élus de l’Eurométropole de Strasbourg se réunissent vendredi 26 juin pour examiner 71 délibérations. À suivre en direct dès 9h.

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Le conseil de l’Eurométropole se tiendra vendredi 26 juin à 9h.

Aides à la rénovation de l’habitat, soutien au logement social et débat sur les piscines et sur la gratuité des transports pour les seniors. Les élus de l’Eurométropole de Strasbourg se réunissent vendredi 26 juin pour examiner 71 délibérations. À suivre en direct dès 9h.

C’est l’un des premiers rendez-vous importants de la nouvelle mandature métropolitaine. Après plusieurs séances consacrées à l’installation des instances, les élus doivent désormais se prononcer sur des dossiers concernant les finances, le logement, les mobilités ou encore les équipements publics.

Si les premières orientations de la nouvelle majorité commencent déjà à apparaître à la Ville de Strasbourg, la ligne politique de l’exécutif métropolitain, une coalition entre les socialistes et la droite, reste encore plus difficile à discerner. Ce conseil pourrait offrir quelques premiers indices.

Un bilan financier complet de l’année 2025

L’un des principaux dossiers de la séance sera l’approbation du compte financier unique (CFU) 2025 de l’Eurométropole. Ce document, qui remplace désormais le compte administratif, retrace l’ensemble des recettes et des dépenses réalisées par la collectivité au cours de l’exercice écoulé.

Son examen permettra à la majorité de dresser un premier bilan financier complet de l’année 2025 et de mesurer l’état des finances métropolitaines au début du mandat. Comme lors du conseil municipal de Strasbourg, lundi 23 juin, les débats pourraient rapidement prendre une tournure politique. À la Ville, socialistes, macronistes et élus Les Républicains ont vivement critiqué le bilan financier des écologistes qui viennent de finir leur mandat.

Les élus devront également adopter un nouveau règlement budgétaire et financier, qui fixe les règles de gestion des finances métropolitaines pour les années à venir.

Un nouveau programme d’aides pour rénover les logements

Le logement constitue l’un des chapitres les plus fournis de la séance. Les élus examineront le programme d’action 2026 de la délégation des aides à la pierre de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Ce dispositif permet à l’Eurométropole de financer la rénovation énergétique des logements privés, l’adaptation des logements au vieillissement ou au handicap, la lutte contre l’habitat dégradé et l’accompagnement des copropriétés fragiles.

Plusieurs délibérations concernent également l’attribution directe de subventions à des ménages dans le cadre du programme d’intérêt général « Habiter l’Eurométropole », du dispositif d’aide à la rénovation énergétique ou encore des opérations programmées d’amélioration de l’habitat.

Rénovations thermiques dans les logements sociaux

Les élus devront aussi se prononcer sur plusieurs aides destinées aux bailleurs sociaux. Une délibération prévoit notamment un soutien à hauteur de 2,2 millions d’euros aux 24 opérations menées dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), qui concerne plusieurs quartiers prioritaires de l’agglomération.

D’autres rapports portent sur des opérations de réhabilitation thermique de logements sociaux existants ou sur la construction de nouveaux logements à Strasbourg, Illkirch-Graffenstaden, Oberhausbergen, Blaesheim, Vendenheim ou encore Fegersheim. Comme lors des précédents mandats, l’Eurométropole utilisera principalement l’outil de la garantie d’emprunt pour accompagner les bailleurs dans leurs investissements.

Canicule et piscines au cœur des interpellations

La séance se terminera par des interpellations politiques. La première, déposée par les élus d’opposition Les Républicains Irène Weiss et Jean-Philippe Maurer, porte sur l’avenir des piscines métropolitaines. Elle est Intitulée « Un plan pour les piscines ou un plan Piscine ».

La délibération évoque la piscine du Wacken, qui expérimente un système d’horaires coupés lors des week-ends, avec une évacuation des usagers à 13h30 pour une réouverture à 14h. « De nombreux usagers ont exprimé leur incompréhension et leurs difficultés face à ce dispositif : longues attentes à l’extérieur, parfois en plein soleil, interruption de leur journée à la piscine, ou encore obligation de payer une seconde entrée pour profiter des deux créneaux. » Les élus évoquent aussi la piscine de Hautepierre, qui a enchaîné les défaillances, mais aussi celle de la Hardt à Illkirch-Graffenstaden, fermée depuis 2024 au grand public. Un constat « pénible […] d’autant plus face aux épisodes de chaleur qui se multiplient ».

Les élu·es souhaitent la mise en place « d’une stratégie publique pour remédier aux dysfonctionnements de ces différents équipements publics et relancer un plan piscine ».

Les élu·es de gauche (communistes, écologistes et socialistes) de Schiltigheim, du groupe « Une métropole en commun », ont déposé une question orale sur la canicule et sur les mesures que la métropole compte prendre pour « protéger les habitant·es ». Ils et elles demandent également si l’Eurométropole va proposer une gratuité des piscines comme c’est le cas dans de nombreuses communes. Idem du côté des Insoumis, qui ont déposé une motion pour demander une mobilisation accrue des équipements métropolitains pour offrir des espaces de fraîcheur en cas de canicule, qu’il s’agisse des piscines ou des bâtiments publics comme les médiathèques. Ils évoquent également des opérations pour baisser les tarifs des cinémas et réclament un plan de prévention renforcé face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême.

La gratuité des transports pour les seniors relancée

Une seconde interpellation, portée par le groupe des élu·es de gauche de Schiltigheim du groupe « Pour une métropole en commun », concerne la gratuité des transports pour les habitants âgés de 65 ans et plus.

Le groupe souhaite connaître les intentions de l’exécutif concernant cette promesse de campagne de Catherine Trautmann durant les élections municipales de mars 2026. « Une inquiétude grandit. Le pacte de gouvernance conclu après votre élection à la tête de l’Eurométropole ne reprend plus cet engagement. Cette inquiétude est d’autant plus légitime puisque votre nouvelle majorité s’appuie désormais sur des différentes nuances de droite qui ont toujours exprimé leur opposition au principe même de la gratuité des transports », écrivent les élu·es.

La question du financement d’une telle mesure et de son calendrier de mise en œuvre sera au cœur des échanges. Au-delà des seniors, le groupe demande également dans son interpellation si l’exécutif envisage d’étendre la gratuité aux 18-25 ans.

Free parties et projet Tepsa : les motions de fin de séance

Désormais bien en place dans les deux hémicycles, le groupe insoumis déposera un autre motion relative aux free parties, afin de demander « l’ouverture d’un dialogue territorial avec les acteurs des fêtes libres » et « étudier des solutions concertées à l’échelle de l’Eurométropole ». Une motion déjà déposée au conseil municipal de Strasbourg le 5 juin, mais qui n’avait pas été inscrite au débat au motif « qu’elle ne présentait pas d’intérêt public local ».

LFI défendra par ailleurs un vœu demandant à la préfecture de renoncer au projet Tepsa à Reichstett. Ce type de texte permet au conseil municipal d’exprimer une position ou une demande à destination d’une autre institution, sans effet juridique contraignant. Les élus écologistes strasbourgeois ont quant à eux déposé une motion sur le même sujet. Détenue par un fonds d’investissement américain, l’entreprise prévoit d’implanter sur une zone déjà classée Seveso un site de stockage de gaz naturel liquéfié (GNL). « Ce projet génère des risques immenses pour les habitant·es. La localisation d’un stock de GNL sur une parcelle déjà classée Seveso, c’est-à-dire une parcelle exposée déjà à des risques importants, démultiplie les risques du projet de Tepsa », écrit le groupe insoumis.

Après la liquidation d’Uzaje, les écologistes veulent relancer une activité de lavage

Les écologistes profiteront également de la séance pour défendre un vœu autour du devenir du site strasbourgeois d’Uzaje. Présentée comme l’un des acteurs pionniers du réemploi des contenants en verre, l’entreprise de lavage industriel a été placée en liquidation judiciaire le 11 mai par le tribunal de commerce de Bobigny. Son site du Port du Rhin a fermé, entraînant le licenciement d’une quarantaine de salariés. Comme l’avait raconté Rue89 Strasbourg, l’entreprise n’a jamais réussi à atteindre un volume d’activité suffisant pour rentabiliser son outil industriel.

Les écologistes souhaitent étudier la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), une structure associant collectivités, salariés, entreprises et usagers autour d’un projet d’utilité collective. L’objectif serait de préserver une activité de lavage de contenants réemployables sur le territoire et d’en faire, à terme, une compétence métropolitaine.

Par Eva Chibane

Publié le 26 juin 2026

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