De gauche à droite : Sabine Drexler (apparentée LR), Anne-Pernelle Richardot (PS), Elsa Schalck (LR) et Emmanuel Fernandes (LFI)
Les élections sénatoriales se tiendront le 27 septembre. Les départements alsaciens sont concernés. Mais qui sont les candidats et candidates ?
Neuf sièges de sénateurs alsaciens sont à pourvoir dimanche 27 septembre 2026, cinq dans le Bas-Rhin et quatre dans le Haut-Rhin. L’Alsace étant une région de droite, les grands électeurs et électrices avaient envoyé au Palais du Luxembourg en 2020 cinq sénateurs et sénatrices de droite, trois centristes et un écologiste.
Compte-tenu de la nature du scrutin et des résultats des élections municipales, les résultats des élections de septembre ne devraient pas être bien différents. La droite devrait conserver la majorité des sièges, parfois en alliance avec les centristes. La gauche se dispute l’unique siège qu’elle détient, celui de Jacques Fernique dans le Bas-Rhin. Les Écologistes ayant perdu la Ville de Strasbourg et sa cohorte de grands électeurs supplémentaires au profit des Socialistes, il aura fort à faire pour garder son siège.
Dans le Bas-Rhin, une droite divisée
Dans le Bas-Rhin, la droite a bouclé sa liste appelée modestement « L’Alsace au Sénat ». Conduite par la sénatrice sortante Elsa Schalck, elle rassemble des candidats « LR, UDI et indépendants ». Claude Kern, sénateur UDI sortant a confirmé ne pas vouloir briguer un nouveau mandat, en raison de son âge. Il est remplacé à la 3e place par Isabelle Dollinger (UDI), 2e vice-présidente de la Collectivité européenne d’Alsace et maire de Batzendorf. Marc Séné, sénateur LR sortant et ancien maire de Sarre-Union est second tandis que Laurent Furst, maire LR de Molsheim, est 4e. Virginie Muhr, maire sans étiquette de Baldenheim vient clore cette liste sénatoriale.

La droite présente une seconde liste, conduite par Laurence Muller-Bronn. La sénatrice n’appartient plus au groupe sénatorial « L’Alsace au Sénat » d’Elsa Schalck. L’ancienne maire de Gerstheim veut conserver le siège qu’elle a acquis en 2020. Dans un communiqué daté du 15 juillet, elle annonce être rejointe par Yves Sublon, maire d’Eschau et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg. Leur liste, « Nouvelle énergie pour l’Alsace au Sénat », se revendique du mouvement Nouvelle Énergie de David Lisnard, président de l’Association des maires de France.
Les socialistes en quête d’un siège
Anne-Pernelle Richardot (PS), adjointe à la maire de Strasbourg et vice-présidente de l’Eurométropole, conduit une liste « socialiste et centriste ». Olivier Sohler, maire sans étiquette de Scherwiller et président de la communauté de communes de Sélestat, est en seconde place. Le choix d’un ancien candidat investi par l’UDI aux élections législatives de 2022 a été critiqué à droite comme à gauche mais il pourrait permettre au PS de gagner l’unique siège de gauche de la région.
La maire de Bosselshausen, Laurence Jost Liendhard, occupe la troisième place de la liste. Rémi Barillon, deuxième adjoint au maire de Marlenheim, est quatrième tandis que Marie-Madeleine Lantzen, ancienne première adjointe au maire de Dorlisheim et ancienne conseillère régionale d’Alsace, est cinquième.

La France Insoumise courtise les écologistes et les communistes
Les écologistes du Bas-Rhin s’accrochent avec le sénateur sortant Jacques Fernique. « J’ai déjà confirmé à l’ensemble des grands électeurs mon envie de poursuivre avec un nouveau mandat et une liste pluraliste », indique-t-il mais sans préciser quelles forces politiques pourraient le rejoindre. Jacques Fernique veut empêcher la liste d’Elsa Schalck de faire le grand chelem, en récupérant tous les sièges du Bas-Rhin au Sénat. Mais la tache s’annonce ardue. « La majorité strasbourgeoise a changé. Catherine Trautmann présente une liste d’alliance avec un représentant du centre droit. A priori, ces voix là ne seront pas pour moi », explique-t-il. « Ceci-dit le nombre de grands électeurs de Strasbourg, c’est 9 % de l’électorat complet. C’est aussi les communes rurales qui vont faire la différence. »

Une alliance avec La France insoumise comme solution ? Difficile puisque le député LFI de Strasbourg-sud, Emmanuel Fernandes se présente avec Halima Meneceur, conseillère municipale à Strasbourg, en deuxième position. « À la France Insoumise, on cherche à avoir un bloc cohérent afin de proposer un programme commun et uni pour un renouvellement démocratique », indique Emmanuel Fernandes.
Presque sans élus locaux, les chances d’obtenir un siège paraissent minces pour La France insoumise, surtout sans alliance. « Sans volonté de ceux qui un temps ont soutenu le Nouveau front populaire, on ira aux élections de notre côté » assure Emmanuel Fernandes. Il termine en évoquant « l’accomplissement de la trahison du PS » en s’opposant « au seul parti de gauche radicale après s’être allié avec Horizons et la droite à Strasbourg et à l’Eurométropole ».
La liste, établie par la France Insoumise, est donc composée d’élus locaux et de membres de la société civile. Marcel-Pierre Compte, conseiller municipal et communautaire de la ville de Séléstat, est troisième sur la liste, suivi Elodie Schwart, conseillère municipale de la ville de Haguenau. Guillaume Barjot, militant insoumis à Schweighouse-sur-Moder, engagé pour la protection de l’eau et de son accès, occupe la cinquième place.
L’extrême droite organisée dans le Haut-Rhin
Dans le Haut-Rhin, la droite veut conserver ses deux sièges. Les sénateurs sortants, Sabine Drexler (apparentée LR) et Christian Klinger (LR) sont à nouveau candidats avec de bonnes chances de l’emporter. La liste n’est pas encore bouclée car depuis la suspension du président de la fédération LR du Haut-Rhin, Alain Kott, après son ralliement au RN, la question se pose de savoir qui investit les candidats…

Les macronistes ont aussi deux sièges à conserver dans le Haut-Rhin. Si Patricia Schillinger (Renaissance), sénatrice depuis 22 ans, « ne veut pas faire le mandat de trop », Ludovic Haye (Renaissance) est entrain de former une liste selon les DNA. Le sénateur sortant s’agaçait d’ailleurs de ne pas avoir été approché par les élus Les Républicains afin de se concerter. Christian Debève, conseiller régional (UDI), pourrait venir se rajouter avec une troisième liste.
Sans grande chance de l’emporter, le Rassemblement National présente une liste avec le mouvement « Union des droites pour la République (UDR) » présidé par Éric Ciotti. Christian Zimmermann, président du RN en Alsace, est en tête et Brigitte Garzia-Capdeville, première adjointe (UDR) au maire de Hégenheim, est la numéro 2 sur cette liste. Alain Kott est en troisième position sur cette liste, complétée par la Mulhousienne Christelle Ritz.
La gauche unie sans LFI dans le Haut-Rhin
Antoine Homé, premier secrétaire de la fédération haut-rhinoise du Parti socialiste se présente en tête d’une liste « d’union du PS, de Place publique, des communistes et des écologistes ». Il se félicite d’être parvenu à garder cette union de gauche depuis les élections départementales de 2021, même si l’absence d’une grande ville tenue par la gauche obère ses chances de devenir sénateur.
Quant à l’alliance avec LFI, Antoine Homé indique « continuer dans la lignée des municipales. La France insoumise fait cavalier seul ». Florence Claudepierre, conseillère municipale dans la vallée de Masevaux, conduira cette liste en confirmant « faire comme d’habitude. Des alliances sont possibles mais si elles sont refusées, on y va quand même ».
Unser Land, une hypothétique seconde liste en Alsace
Quant aux régionalistes d’Unser Land, leur président Jean-Georges Trouillet indique que « la situation est en train de se décanter. » Il confirme qu’il y aura une liste UL dans le Haut-Rhin, qu’il avait lui-même conduite en 2020, mais que dans le Bas-Rhin, « on hésite à présenter une liste autonome ou à faire une alliance ».