Publié le 21 janvier 2026

3 min

Les agriculteurs stoppent leur action au Parlement européen après une victoire partielle

#Pouvoirs

Après deux jours d’occupation des alentours du Parlement européen par les agriculteurs, les eurodéputés ont approuvé la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne concernant le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur ce 21 janvier.

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Sur le boulevard de Dresde, des dizaines de tracteurs attendent encore de pouvoir repartir.

Après deux jours d’occupation des alentours du Parlement européen par les agriculteurs, les eurodéputés ont approuvé la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne concernant le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur ce 21 janvier.

Place de Bordeaux, d’immenses lignes de tracteurs défilent avant de regagner leur exploitation en cet après-midi du mardi 21 janvier. Un peu plus tôt, ces agriculteurs et agricultrices étaient encore rassemblées devant le Parlement européen. Ils attendaient, depuis la veille, pour maintenir la pression avant le vote des eurodéputés sur la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Aux alentours de 13h, les parlementaires ont approuvé la motion à l’issue d’un vote très serré : 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions. Dominique Daul, vice-président de la FDSEA du Bas-Rhin, s’en félicite :

« À l’annonce du résultat, c’était un véritable moment de joie collective. On se mobilise depuis un certain temps contre ce traité. Alors on se dit qu’il y a tout de même des parlementaires qui nous écoutent et qui sont sensibles à la souveraineté alimentaire. »

Le responsable syndical ajoute que cette décision « va permettre [aux agriculteurs] de retarder le vote de l’accord », le temps de son examen par les juges européens. La durée moyenne des procédures de la CJUE s’élevait à près de 18 mois en 2024.

Les tracteurs paradent autour de la place de Bordeaux, à Strasbourg.

« On a quasiment pas dormi de la nuit »

Pour fêter cette victoire partielle, dans l’après-midi, les klaxons des engins fusent sur les avenues. Certains conducteurs les ont personnalisés pour égayer la mobilisation : un incontournable rap américain produit par Dr.Dre et Snoop Dogg retentit d’un côté. De l’autre, c’est la chanson traditionnelle espagnole La cucaracha qui fait office d’avertisseur sonore.

Sur le boulevard de Dresde, deux jeunes agriculteurs se réchauffent autour d’un brasero improvisé, non loin de leur tracteur. Ils attendent de rentrer. « On a quasiment pas dormi de la nuit : un peu devant le fût, un peu dans la bétaillère… Mais on est soulagé, c’est une fierté », se réjouit Maxime Henselmaezen. Ce jeune homme de 19 ans est apprenti dans une exploitation en polyculture-élevage à Imbsheim, dans le Bas-Rhin. Alexis Klein, son ami et collègue de 17 ans, acquiesce : « Personnellement, j’ai juste pu somnoler dans le tracteur avec des couettes. »

Alexis Klein (à gauche) et Maxime Henselmaezen (à droite), devant leur tracteur sur le boulevard de Dresde, à Strasbourg.

Un policier gravement blessé

La mobilisation s’est globalement déroulée dans la bonne humeur, mais les forces de l’ordre ont tout de même usé de gaz lacrymogène mardi 20 janvier après qu’un groupe ait tenté de forcer un barrage au pied du Parlement. Lors de l’affrontement, un policier a été grièvement blessé à l’œil par un tir de mortier. Une situation que regrette Dominique Daul : « On a insisté sur le fait qu’il fallait manifester dans le respect. Et lui [l’agriculteur présumé auteur du tir, NDLR], il a fait une connerie. Aujourd’hui, il y a un paysan qui risque la taule, et un policier, père de famille, certainement désormais handicapé. »

Un important dispositif de forces de l’ordre encadrait le départ des quelques 700 véhicules. Rien qu’au pied du Parlement européen, une trentaine de camions de CRS étaient stationnés, prêts à être déployés. Les derniers tracteurs ont repris la route en direction de leurs communes respectives en milieu d’après-midi.

Par Carl Lefebvre

Publié le 21 janvier 2026

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