Des agriculteurs affiliés à la FNSEA prennent position devant le Parlement européen.
Des milliers d’agriculteurs venus de plusieurs pays d’Europe sont allés protester avec des tracteurs autour du Parlement européen de Strasbourg. Ils veulent faire pression sur les eurodéputé·es pour qu’ils saisissent la Cour de justice de l’Union européenne sur l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur en Amérique latine.
Dès 9h mardi matin, des agriculteurs français et européens se sont rassemblés place de Bordeaux à Strasbourg. À l’appel de leurs syndicats, principalement les syndicats productivistes FNSEA et Jeunes agriculteurs en France, ils se sont rendu en direction du Parlement européen. Plusieurs milliers de manifestants ont participé à cette démonstration du monde agricole, appuyée par environ 600 à 700 tracteurs qui doivent stationner dans les rues autour du bâtiment abritant l’hémicycle du parlement jusqu’à l’après-midi du mercredi 21 janvier.



Les agriculteurs s’opposent au traité de libre-échange, conclu entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Amérique latine). L’accord a été ratifié après plus de 25 années de négociations mais les eurodéputés doivent s’exprimer mercredi sur une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Et si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.



C’est à cet ultime espoir que s’accrochent les syndicats d’agriculteurs, qui reprochent principalement au traité d’accepter que des produits cultivés avec des pesticides interdits en Europe puissent être commercialisés et concurrencer leurs propres productions.



Exercice d’équilibriste de la FNSEA
Devant le bâtiment Louise Weiss, plusieurs responsables des syndicats agricoles européens ont pris la parole, dont Arnaud Rousseau le président de la FNSEA depuis avril 2023. L’homme qui cumule 22 mandats et dont le syndicat a mis en œuvre en France la mondialisation des échanges agricoles s’est fait le porte-parole d’agriculteurs – entrepreneurs malmenés par les directives européennes. Il a appelé les députés européens à voter en faveur de la saisine de la Cour de justice européenne, mettant en doute la légitimité de la « clause de rééquilibrage ». Puis il a fustigé la Commission européenne et particulièrement sa présidente Ursula Von Der Leyen qu’il a laissée se faire huer par les agriculteurs présents.



Après une série de discours et de prises de parole, l’ambiance est vite retombée dans les rues autour du Parlement européen. Les agriculteurs de la Coordination rurale, un syndicat tout autant productiviste que la FNSEA et dont les dirigeants ne craignent pas de s’afficher aux côtés du Rassemblement national et d’appeler à « faire la peau aux écolos », ont tenté de rejoindre le cortège principal mais ont été empêchés par un barrage de policiers.
Vers 15h, des agriculteurs ont tenté de forcer le barrage de policiers vers le Parlement européen et ont été repoussés à coups de gaz lacrymogène. Les policiers ont procédé à deux interpellations, pour des jets de canettes dans leur direction.

La plupart des manifestants venus d’Europe sont repartis vers 16h. Des agriculteurs alsaciens maintiennent leur présence et leurs tracteurs et prévoient de passer la nuit devant le Parlement européen.