Publié le 03 juin 2026

4 min

Rue89Lyon à nouveau au tribunal, les Aulas manquent toujours à l’appel

#Libertés #Médias

Rue89Lyon avait rendez-vous à la cour d’appel de Lyon dans le second round du procès en diffamation intenté par Jean-Michel et Alexandre Aulas, ce mardi 2 juin. En cause ? Une enquête sur ses investissements dans un terminal pour jet privé à Miami. Si nous avons répondu, trois heures durant, aux questions de la justice, les Aulas ne sont une nouvelle fois pas présentés à la barre.

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La Cour d’appel de Lyon n’a pas retenu le caractère raciste de l’agression. ©PL/Rue89Lyon

Rue89Lyon avait rendez-vous à la cour d’appel de Lyon dans le second round du procès en diffamation intenté par Jean-Michel et Alexandre Aulas, ce mardi 2 juin. En cause ? Une enquête sur ses investissements dans un terminal pour jet privé à Miami. Si nous avons répondu, trois heures durant, aux questions de la justice, les Aulas ne sont une nouvelle fois pas présentés à la barre.

« Ils sont là depuis midi, il est 20 h 30. Moran Kerinec a pris deux jours de congé pour venir, et pendant tout ce temps, ils ne font pas leur métier. » Au moment de conclure sa plaidoirie, Me Thomas Fourrey, avocat de Rue89Lyon, a résumé l’impact d’une procédure judiciaire sur un média indépendant, après une longue journée d’attente dans la salle des pas perdus de la cour d’appel de Lyon, ce mardi 2 juin.

Contraint par l’occasion, Rue89Lyon avait délocalisé sa rédaction au palais des 24 colonnes (Lyon 5ᵉ). Une deuxième journée d’audience après une première en novembre, dans le procès intenté par Jean-Michel et Alexandre Aulas contre nous en diffamation. L’objet du délit ? Une enquête publiée en octobre 2023 intitulée « Les Aulas s’envolent en jet privé vers les paradis fiscaux ».

Dans celle-ci, nous révélions le montage offshore, façon poupée russe, d’Embassair, un aérogare pour jets privés cofondé par les Aulas père et fils, et basé à Miami. Le jugement en première instance de la 6ᵉ chambre du tribunal correctionnel nous avait relaxés, et condamné les Aulas à nous rembourser nos frais de procédure, à hauteur de 3 369 euros. Dans la foulée, les entrepreneurs avaient annoncé leur volonté de faire appel.

Aulas et Rue89Lyon : un appel pour « clairifier les choses »

Au cours d’une audience musclée, nous avons maintenu et défendu toutes nos informations, appuyées par une offre de preuve d’une quarantaine de pages. Comme en première instance, ni Jean-Michel Aulas, ni son fils Alexandre, ni l’entrepreneur Franklin Devaux, cité comme témoin, ne se sont présentés à la barre pour répondre aux questions soulevées par notre enquête. Aucun d’entre eux n’avait répondu à nos sollicitations lors de la parution de la première enquête.

Côté défense, l’avocat des Aulas, Me Alexis Chabert, du cabinet Delsol, a une nouvelle fois plaidé la diffamation en arguant que nous aurions insinué que l’ancien patron de l’OL et son fils se livraient à de l’évasion fiscale. Chose que nous n’avons jamais écrite.

« L’objectif de l’appel, c’était de clarifier une chose. Il n’est pas reproché aux prévenus d’avoir décrit le montage juridique. Ce qui est diffamatoire, c’est d’avoir prétendu que ce montage caractérisait une évasion fiscale », a plaidé la robe noire, qui nous reproche également « d’avoir prétendu que M. Aulas voyageait habituellement en jet privé. »

Comme en première instance, la défense de JMA nous a reproché d’avoir associé l’actuel vice-président de la Métropole de Lyon aux Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal reconnu. Pour rappel, l’enquête souligne que l’un des proches de l’ex-magnat de l’OL, Michel Reybier, a investi dans Embassair à travers une société qui y est basée.

Véracité des documents contre volonté de « salir » une réputation

« L’offre de preuves est gigantesque. Pourquoi Jean-Michel et Alexandre Aulas ne sont-ils pas venus s’expliquer et nous dire à quoi correspond ce montage ? » a lâche notre avocat, Me Thomas Fourrey. Pour rappel, Embassair, qui exploite un aérogare en Floride, dispose d’une cascade de sociétés à travers les paradis fiscaux du Luxembourg et de l’État américain du Delaware, pour atterrir à Miami.

« Aucun des documents produits n’est faux », a rappelé Me Fourrey. Par ailleurs, ce point n’a pas été contesté par la défense, qui nous reproche en revanche un article « sensationnaliste » et d’avoir voulu « salir la réputation d’un homme ».

« Ils ont été prudents. Le titre est marrant, poil à gratter. Mais le texte ne déçoit pas les lecteurs », a plaidé l’avocat de Rue89Lyon. Il a surtout rappelé la lourdeur de la procédure, qui, depuis près de trois ans, nous a coûté du temps, de l’argent et de l’énergie. Une procédure qui a conduit Pierre Lemerle, directeur de publication de notre média et les deux auteurs de l’article, Moran Kerinec et Raphaël Da Silva, au commissariat, puis devant plusieurs juges. Tout ceci n’est pas anodin.

Comme en première instance, nous avons demandé le remboursement des frais de procédure. La cour d’appel se prononcera le 1ᵉʳ septembre prochain.

Par Elian Delacôte

Publié le 03 juin 2026

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