Publié le 01 mai 2026

4 min

« On ne se laissera pas faire » : à un an des présidentielles, un 1ᵉʳ-mai très politique à Lyon

#Actu

Près de 12 000 personnes, 6 500 selon la préfecture, ont manifesté ce 1ᵉʳ-mai à Lyon. Une mobilisation marquée notamment par l’atteinte de l’État à l’encontre de ce jour chômé. L’occasion pour les manifestant·es d’exprimer leur unité mais également leurs inquiétudes face aux échéances de 2027.

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Ce 1ᵉʳ mai marquait aussi les 90 ans du Front populaire

Près de 12 000 personnes, 6 500 selon la préfecture, ont manifesté ce 1ᵉʳ-mai à Lyon. Une mobilisation marquée notamment par l’atteinte de l’État à l’encontre de ce jour chômé. L’occasion pour les manifestant·es d’exprimer leur unité mais également leurs inquiétudes face aux échéances de 2027.

Il est 10 h 30 sur la place Jean-Macé (Lyon 7ᵉ). Alors qu’une multitude de manifestant·es commencent à se rassembler, un porte-parole de la CGT scande au micro : « On va continuer à se battre pour le 1ᵉʳ-mai. »

Un message qui fait écho à la tentative récente du gouvernement de revenir sur ce jour chômé, notamment pour les boulangers et les fleuristes. Ce projet de loi avorté aura été plutôt mobilisateur. Près de 12 000 personnes sont descendues dans les rues lyonnaises, 6 500 selon la préfecture. Un chiffre en légère hausse par rapport à l’année dernière.

1er-mai à Lyon : « Ils ont essayé de s’attaquer à un symbole » 

Sous une belle journée ensoleillée, les manifestant·es prennent le départ et remontent l’avenue Jean-Jaurès. Stéphane est un habitué de ce rendez-vous du 1ᵉʳ mai. Ce professeur a vu dans le projet de loi une énième atteinte aux acquis sociaux. « On est malheureusement habitué, souffle-t-il. Mais au vu de la mobilisation d’aujourd’hui, ça donne de l’espoir et il est important de montrer qu’on ne se laisse pas faire ».

Même son de cloche du côté des étudiant·es. Julie, 22 ans, ne loupe, elle non plus, aucun 1ᵉʳ mai depuis qu’elle est venue faire ses études à Lyon. « Je pense qu’il est très important de mettre en valeur les luttes passées et de ne pas perdre du terrain dans le contexte actuel », formule-t-elle.

Présent dans un endroit un peu plus calme du cortège, Guillaume, un ingénieur de 25 ans, a proposé à l’un de ses amis de venir manifester. Une première pour lui. « C’est important qu’on soit en masse. Ils ont quand même essayé de s’attaquer à un symbole des travailleurs et des travailleuses », s’indigne-t-il. 

1er mai à Lyon : un avant-goût pour 2027 ?

À la combativité se mêle aussi l’inquiétude pour ses deux amis. Ils perçoivent une montée de l’extrême droite qui ne faiblit pas. « On était justement en train d’imaginer que dans un an on sera peut-être là, sur plusieurs jours, à s’opposer à un gouvernement peut-être encore plus violent socialement, et qui cherchera à s’attaquer à d’autres droits sociaux », craint Guillaume.

C’est aussi l’inquiétude que partage Léna, venue en famille avec son mari et ses enfants en bas âge. « On est vraiment très inquiet d’une arrivée de l’extrême droite au pouvoir, explique-t-elle. C’est pour ça que c’est important de se mobiliser, d’être nombreux à partager ses inquiétudes et à se serrer les coudes. » Elle tient particulièrement à venir avec ses enfants, afin de leur partager des valeurs communes, d’unité.

Nombreux étaient les mouvements antifascistes au sein du cortège. On pouvait entendre à plusieurs moments le slogan « Siamo tutti antifascisti » et le clapping qui va avec. Une mobilisation d’autant plus importante que le Conseil d’État a acté ce jeudi 30 avril la dissolution de l’organisation antifasciste La Jeune garde, née à Lyon. Son sort semblait scellé depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon en février dernier.

EC/Rue89Lyon

Pour Maud Millier, secrétaire générale UD CGT du Rhône, la lutte antifasciste doit être au cœur de la mobilisation du jour et de celles qui suivront. « On est au sortir des élections municipales où le RN [Rassemblement National] s’est enraciné là où il était déjà implanté, rappelle-t-elle. Et surtout, il a conquis de nouvelles communes, y compris dans le Rhône, pour la première fois, avec Thizy-les-Bourgs. »

Alors que ce 1ᵉʳ mai marquait symboliquement les 90 ans du Front populaire, les syndicats comme les manifestant·es ont souhaité montrer de l’unité à un an d’une élection présidentielle qui promet d’être décisive. 

En attendant, la manifestation s’est terminée sur la place Bellecour, ce qui n’était pas arrivé depuis 2023. Si quelques affrontements entre manifestant·es et forces de l’ordre ont eu lieu en tête de cortège, ce 1ᵉʳ mai lyonnais s’est déroulé dans une bonne ambiance. Mais plusieurs charges de CRS ont émaillé la journée.

Par Elian Delacôte

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Bonjour 👋

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