Aurélie ©AB/Rue89Lyon
En opposition à la loi créant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, plusieurs partis politiques, syndicats et associations ont appelé à un grand rassemblement à Lyon, square Delestraint, ce jeudi 16 juillet à 18 h. Pour le collectif, le texte instaurerait un véritable « permis de tuer ».
Une loi visant à créer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, mardi 7 juillet dernier, grâce aux voix conjuguées du bloc central, de la droite et de l’extrême droite.
Un appel à manifester le jeudi 16 juillet à 18h au square Delestraint a été lancé par la France insoumise, les Écologistes, le PCF, mais aussi le syndicat étudiant Unef et l’association Attac. L’objectif est d’interpeller l’opinion publique et le gouvernement avant le passage du texte au Sénat pour son adoption définitive.
Dans son communiqué de presse, le collectif rappelle que ce « permis de tuer » acterait une inversion inédite de la charge de la preuve. Désormais, tout tir policier serait présumé légal et ce serait aux victimes d’en démontrer l’illégalité. Ce texte arrive après une décennie marquée par une forte résurgence des violences policières, dont le nombre a doublé en dix ans selon le média Basta !
Une pétition contre la loi a déjà récolté plus de 600 000 signatures.
Une nomination qui ne passe pas
Le rassemblement a aussi pour but de contester la proposition récente de nommer François-Noël Buffet comme Défenseur des droits. Figure de la droite lyonnaise, ce dernier s’est illustré depuis plus de vingt ans par sa ligne très dure sur l’immigration et ses prises de position contre le mariage pour tous ou l’interruption volontaire de grossesse.
Pour les partis politiques et les associations, sa nomination, dans le sillage de la nouvelle loi, marque un nouveau risque majeur pour la société civile et l’État de droit en France.
Ces dernières années, la région lyonnaise a été particulièrement touchée par les violences policières. Ce fut le cas notamment lors de la crise des Gilets jaunes en 2020, mais aussi plus récemment à l’encontre de syndicalistes, de militants antifascistes et même des mineurs. Ces affaires avaient suscité une forte mobilisation lors de la Journée internationale contre les violences policières, le 21 mars dernier.
