Des manifestations auront lieu ce samedi 26 septembre à Bordeaux et partout en France, pour appeler à un véritable plan d’urgence d’atténuation et d’adaptation au réchauffement planétaire « sans attendre un été de plus ». Parallèlement, l’ex-maire de Bordeaux, Pierre Hurmic a initié avec 24 personnalités un appel au premier ministre et aux candidats à la présidentielles à décréter l’urgence climatique.
L’automne a commencé par plus de 30 °C à Bordeaux, tout le pays endure une sècheresse historique, dans la suite d’un printemps et d’un été catastrophiques, marqués par la surmortalité liée aux canicules, et par le mégafeu qui a détruit 42 000 hectares et 200 habitations en Gironde. Parallèlement, le gouvernement a entériné plusieurs reculs écologiques majeurs, comme la loi d’urgence agricole ou la baisse du Fonds vert destiné aux collectivités locales, ramené de 2,5 milliards d’euros à 837 millions
C’est dans ce contexte que le Mouvement du 26 septembre, un collectif citoyen indépendant et autogéré, a appelé à marcher partout en France ce samedi « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » avec un mot d’ordre simple : « On veut vivre. »
A Bordeaux, la manifestation partira à 14h de la place de la Victoire. Elle sera suivie d’une assemblée locale citoyenne pour « formuler des demandes et décider des prochaines actions », sur les quais à proximité des Quinconces.
« Nous venons demander des comptes »
Plusieurs associations opposées à des projets écocides dans la région ont annoncé qu’elles défileraient samedi, notamment Touche pas à ma zone humide (mobilisé contre l’entrepôt géant de Belin-Béliet), le collectif du Bois Vert (contre l’usine EMME à Parempuyre et Blanquefort) mais aussi la CGT du CAUE de Gironde (conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement), menacé par la baisse des budgets.
« Nous venons demander des comptes », préviennent les initiateurs de la mobilisation nationale dans une lettre ouverte au président de la République, ironisant sur sa déclaration lors des vœux de 2022 (« Qui aurait pu prédire la crise climatique? »).
« La Gironde a brûlé quatre mois avant. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher. Les compagnies pétrolières savaient dès 1971. Le GIEC a prédit dès 1990. Des milliers de scientifiques ont alerté, par la presse, les pétitions et les manifestations. Ils et elles ont été ignoré·es. »
Trois plans sur la table
Ils réclament un plan d’urgence (« lieux frais dans chaque bassin de vie, des écoles, crèches, hôpitaux et EHPAD où l’on ne meure pas de chaud, la protection des travailleur·ses de la chaleur, un toit pour chacun·e, de vrais moyens pour les secours »), un plan d’adaptation (Fonds vert rétabli, ingénierie publique rendue aux territoires, rénovation des logements, forêts protégées et restaurées…) et un plan d’atténuation (« fin de toutes les subventions aux énergies fossiles, interdiction d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, des transports publics accessibles partout »).
Pour financer ces plans, ils préconisent de taxer les superprofits des industries fossiles et de l’armement, ainsi qu’un « impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an ».
